Cinéma : comment sont choisis les films projetés ?

mer 30/03/2016 - 18:27 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:40

"Ils ne passent pas le film que je voulais voir !" C'est une réflexion courante, mais comment est réellement faite la programmation des films dans les cinémas altiligériens ? Zoomdici s'est penché sur la question. Rencontre avec Guy Reynaud, co-gérant du Ciné Dyke du Puy-en-Velay.
Peu de copies : gros retard de projection
Depuis son ouverture en 2009, l'établissement diffuse, chaque semaine, une bonne dizaine de films divers et variés. Parmi eux, se trouvent les "sorties nationales", autrement dit, des films imposés par les distributeurs et généralement à gros budget (comme Star Wars). "On a un engagement et nous devons les diffuser le plus de fois possibles chaque jour." Soit trois à quatre séances quotidiennes. Pour les autres, ils sont distribués aux cinémas suivant le nombre de copies disponibles. "Si nous ne sommes pas prévus dedans, nous pouvons appeler pour réserver le film", explique le co-gérant. Pour Spotlight, par exemple, seulement 200 copies étaient disponibles selon lui, d'où un retard conséquent pour sa projection qui n'a eu lieu que la semaine dernière alors que le film est sorti en novembre.
Le cinéma essaye quand même de s'adapter à la demande des clients. "Ça arrive que l'on nous demande tel ou tel film. Surtout d'art et essai." Guy Reynaud tente de satisfaire les requêtes.
----Une copie contre la moitié des recettes
Il peut y avoir jusqu'à 700 copies pour les "gros films". C'est en fonction de ce nombre que sont définis les cinémas qui diffuseront ou non. Il peut arriver que le nombre de copies soit revu à la hausse comme pour Demain de Mélanie Laurent. Les cinémas ne payent pas ces copies, mais reversent la moitié des recettes aux distributeurs.-----Diversifié pour satisfaire le plus grand nombre
Chaque semaine, les responsables de l'établissement tentent de maintenir un équilibre avec au moins une projection pour enfant, une américaine, une française... Tout cela pour satisfaire un large public. "Sur le bassin ponot, il y a de tout", précise Guy Reynaud en faisant la différence avec les grandes villes où les cinémas sont plus ou moins spécialisés.
Une coordination existe entre tous les cinémas du département notamment pour les films destinés aux scolaires. Une association regroupe l'ensemble des établissements cinématographiques auvergnats : Plein Champ. Elle organise également des événements comme il y a une quinzaine de jours avec la projection au Puy de La gueule du loup en présence du réalisateur, Jérôme Ségur.
Pas de marathon cinématographique
Contrairement aux grandes villes, aucune soirée événement n'a été organisée au Puy pour la sortie d'un film particulièrement attendu. "Cela mobilise des écrans et nous avons besoin de pouvoir projeter d'autres films donc non, nous ne faisons pas ces soirées spéciales", justifie le co-gérant. A l'avenir non plus, il ne souhaite toujours pas se lancer dans ces animations.
Français, italien, espagnol, anglais et plus si affinité
En plus de quelques projections en VO, l'établissement ponot travaille avec différentes associations de langues ou culturelles. Celles-ci bénéficient de séances spécifiques les lundis, mardis ou les week-ends. Parmi elles, Panorama propose une soirée par mois avec un thème différent à chaque fois. Ce genre d'événements est généralement accompagné de débats, une initiative appréciée par le co-gérant du CinéDyke qui donne carte blanche à l'association. Ce vendredi, Marley, un documentaire de Kevin Macdonald le roi du reggae sera projeté à 20h30.

Emma Jouve

Vos commentaires

Se connecter ou s'inscrire pour poster un commentaire