Cheveux tirés, fessées... les enseignantes de Vieille Brioude s'expliquent au tribunal

mar 04/04/2017 - 21:54 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:45

Il y a eu les rumeurs, la colère, les manifestations de soutien. Mais jusqu'ici peu de faits. Mardi 4 avril, le tribunal du Puy a tenté d'éclaircir l'affaire de violences présumées sur des élèves de l'école de Vieille Brioude. Derrière les deux enseignantes de 54 ans, qui ont comparu libres à la barre, une assistance compacte s'est formée. Collègues enseignants, parents d'élèves, presse locale : tous ont voulu comprendre l'ampleur prise par cette affaire.
Des cheveux tirés et des tapes sur la tête
La voix tremblante, la première institutrice se défend : "Je ne suis pas un monstre". En face, le juge André-Frédéric Delay acquiesce. "Non. Mais on vous reproche quand même d'avoir tiré les cheveux d'élèves, et de leur avoir mis des tapes sur la tête." Elle reconnait les faits, mais refuse le mot "violence". D'une main légère, elle se tapote la tête. "Ce n'était que ça". Victime d'une dépression quelques années avant les faits, l'enseignante reconnait qu'elle a parfois eu du mal à imposer la discipline. "C'était peut-être des moments de désespoir de ma part".
"Tu me saoules" lancé à un élève
Sa collègue doit répondre de faits un peu plus graves. Le président du tribunal, plongé dans le dossier de 500 pages, égrène les accusations à son encontre : coups de pieds aux fesses, tapes sur la tête avec des livres, oreilles tirées. Mais aussi des propos blessants : "limace"; "tu me saoules"; "prend tes cliques et tes claques". Calmement, la prévenue nie certains faits, et en relativise d'autres. "Je pensais faire mon travail normalement. J'ai été très surprise par cette histoire. Parfois il faut tenir sa classe".
Deux mois de prison avec sursis requis
Ni le parquet, ni l'avocat des parties civiles ne chargent outre mesure les deux enseignantes. Ils estiment la gravité des faits relative, sans pour autant les accepter. "Non, ces enseignantes ne sont pas des monstres. Mais ce n'est pas pour ça qu'il ne s'est rien passé. Il n'y a pas de loi spéciale à Vieille Brioude", assène Nicolas Rigot-Muller, procureur de la Haute-Loire. Pour lui comme pour le défenseur des victimes, les preuves sont assez nombreuses. Il rappelle que dans cette affaire, dix enfants ont été entendus.  "Les témoignages se corroborent, ce n'est pas un complot". Il requiert une simple amende de 1000€ pour la première institutrice, et deux mois de prison avec sursis pour la seconde. 
"Aucun certificat, que des témoignages d'enfants"
Bouillonnant depuis le début de cette longue audience, Me Grimaldi, avocat de la défense, s'insurge contre ce qu'il considère comme une insuffisance de preuves. "Il n'y a pas le moindre certificat médical dans cette affaire. Rien qui ne prouve une blessure physique ou psychologique. Le seul élément concret, c'est le témoignage d'enfants de 7 ans. Il n'y a rien de plus subjectif", plaide l'homme en noir, qui demande la relaxe.

Pour le juge Delay, ce "dossier très difficile" mérite un peu plus de temps. Mise en délibéré, la décision du tribunal sera rendue mardi 9 mai.
Clément L'hôte

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