Champignons : se munir d'un panier... et d'une carte

jeu 06/07/2017 - 12:58 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:46

"L’objectif est de défendre les richesses du territoire" insiste en introduction l'association qui existe parce que des « ramasseurs de champignons » sont venus en 2012 "piller les bois de La Chaise Dieu".
En effet les champignons et autres fruits des bois appartiennent au propriétaire du terrain en vertu des articles 546, 547 et 583 du Code Civil. Tout ramassage non autorisé par le propriétaire est considéré, par la justice, comme un vol.

Une tolérance considérée par certains ramasseurs (à tort) comme un droit
Par tradition, à l’époque où la cueillette restait familiale et « de voisinage », les propriétaires toléraient les ramasseurs. Ces dernières décennies, cette tolérance a été considérée par certains ramasseurs comme un droit, et beaucoup ont oublié que toutes les forêts ont un propriétaire qu’il soit public (Etat, Collectivités publiques, sections de communes), ou privé.
Le Préfet de Haute Loire a rappelé, dans l’article 1 de son arrêté du 2 septembre 2013, ce droit des propriétaires : "toute cueillette sans autorisation du propriétaire du terrain est interdite". C’est l’occasion de rappeler à tous les ramasseurs de champignons et autres produits de la forêt que cet arrêté préfectoral s’applique sur l’ensemble du département de Haute Loire.

----Champi-fruit des Bois est présente sur 10 communes : Beaune sur Arzon, Berbezit, Cistrières, Connangles, Félines, Jullianges, Monlet, Saint Pal de Senouire, Saint Victor sur Arlanc, Sembadel.-----Les champignons représentent une richesse pour la région
Aussi face aux ramassages non autorisés par les propriétaires et "au pillage organisé par des bandes de ramasseurs", l’association Champi-Fruits des Bois s’est constituée, en Haute Loire, sur le territoire de dix communes du massif du Livradois-Forez (voir encadré) afin de permettre à chaque personne qui vit et travaille sur ce territoire de ramasser les champignons et les fruits des bois, d’en tirer profit et par là même de préserver l’espace boisé, de conserver localement le revenu qui peut être tiré de ces récoltes et de faciliter la continuité de la tradition. La foire annuelle de La Chaise-Dieu prouve bien, s’il en est besoin, que les champignons représentent une richesse pour la région.
Les ramasseurs qui viennent des départements voisins ou plus éloignés, le plus souvent organisés en équipe, ont bien compris le profit qu’ils pouvaient tirer de ces cueillettes dans les forêts de notre territoire. Encore aujourd’hui des ramasseurs irréductibles viennent régulièrement sans autorisation, dans les forêts de ce massif. "Alors faut-il les tolérer et ne rien faire ?", interroge l'association. 

Des laissez-passer éphémères pour les touristes, des cartes à 2 € pour les locaux
En adhérant à l’association Champi-fruit des Bois (légale et déclarée), les propriétaires forestiers et leurs ayant-droit se donnent les uns aux autres l’autorisation de cueillette sur leurs parcelles. Une carte, au coût modique de 1 € par an, matérialise leur appartenance à l’association. En outre, pour maintenir la tradition de la cueillette, l’association délivre une carte à 2 € à ceux qui habitent sur les communes et à ceux qui y travaillent pour leur permettre de récolter sur les propriétés des membres de l’association.
Enfin, pour favoriser le tourisme, les responsables d’hôtels, gîtes, chambres d’hôtes, délivrent des laissez-passer pour le week-end ou la semaine. Le repas pris dans un restaurant d’une des communes donne-droit à la cueillette pour la journée. Enfin, l’association n’oblige pas un propriétaire à adhérer pour aller cueillir dans son propre bois, mais la plupart des parcelles de bois sont si petites que l’on se trouve rapidement chez le voisin.

Les champignons, un important revenu pour les propriétaires forestiers
La production de champignons des bois pourrait être un revenu régulier pour le propriétaire
Des études conduites dans divers pays font état d’une production de cèpes au Mexique (région de Veracruz) comprise entre 19 kg/ha et 150 kg/ha suivant les années. Si l’on estime à quelques dizaines de kilos en moyenne par ha la production annuelle de cèpes dans les peuplements résineux du Pays de La Chaise-Dieu, cette production tient une place non négligeable dans les revenus potentiels qu’un propriétaire est susceptible de tirer de sa forêt (récolte de bois, champignons, petits fruits sauvages et autre menus produits).
Un calcul rapide montre que le revenu moyen susceptible d’être tiré par un propriétaire de la récolte annuelle de champignon est proche dans de nombreuses parcelles de celui fourni par la production de bois. Et puis, les champignons représentent un apport d’argent immédiat contrairement à l’accroissement des arbres, qui, avant d’être exploités au bout de plusieurs années peuvent subir les dommages dus à la neige, aux coups de vent ou aux insectes. Les cueilleurs réguliers de cèpes connaissent bien l’importance dans leur budget annuel de ces cueillettes d’automne relativement régulières dans nos forêts d’altitude.

"Défendre leur droit de propriété contre les excès de récolteurs étrangers au territoire"
Tous les propriétaires forestiers des communes couvertes par Champi-fruits des bois sont appelés à solliciter leur adhésion à l’association afin de "pouvoir participer aux récoltes de champignons et autres menus produits de la forêt, de mutualiser ces récoltes avec les autres propriétaires et les habitants des communes concernées mais également s’appuyer sur une organisation collective qui défendra leur droit de propriété contre les excès de récolteurs étrangers au territoire", conclut le communiqué de presse.

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