« C’est un réflexe » : au lycée, les élèves tentent de décrocher du téléphone

Par HUl , Mise à jour le 29/09/2026 à 06:00

Temps de lecture : 3 minutes

Depuis cette rentrée, l’interdiction de l’usage du téléphone portable s’étend à l’ensemble des lycées. Boîtes, affiches... : à la Chartreuse comme à Simone Weil, les établissements ont leurs propres méthodes. Moins d’un mois après la rentrée, comment cette nouvelle règle est-elle vécue dans les lycées ?

Après les écoles et les collèges en 2018, les lycées sont désormais concernés par l’interdiction de l’utilisation du téléphone portable. Chaque établissement doit inscrire dans son règlement intérieur les modalités.

Des exceptions restent possibles, notamment pour des raisons médicales ou pédagogiques. Les formations post-bac peuvent également bénéficier d’un régime spécifique. Moins d’un mois après la rentrée, comment cette nouvelle règle est-elle mise en place et vécue dans les lycées ?

« C'est rentré dans les habitudes »

À la Chartreuse, qui accueille plus de 600 élèves, le choix est simple : « Les téléphones doivent être éteints dans l’enceinte du lycée. Quand ils rentrent dans les salles de classe ou d’études, ils doivent les déposer dans des boîtes sur le bureau des professeurs », explique Jean-François Giraud, chef d’établissement.

La règle, inscrite dans le règlement intérieur, semble avoir rapidement trouvé sa place. « On a fait de l’accompagnement sur la première semaine et c’est rentré dans les habitudes », assure le chef d’établissement. Moins d’un mois après la rentrée, il décrit un climat « extrêmement positif » et assure : « Nous n’avons pas encore eu à sanctionner un élève. »

« Ils sont en capacité de se responsabiliser »

Nathan et Charlie, élèves de terminale, ont surtout dû revoir leur organisation. « Quand il y a des modifications de dernière minute sur l’emploi du temps, c’est un peu galère. » Mais ils reconnaissent aussi un changement en classe. « Avant, il y avait beaucoup de gens qui jetaient un œil à leur portable et on décrochait du cours », constate Charlie.

Des boîtes à clés numérotées à Simone Weil
Des boîtes à clés numérotées à Simone Weil Photo par HU

« On n'est pas encore dans la répression »

Au lycée Simone Weil, qui compte 1 200 élèves et étudiants en BTS, la règle est plus modulée. Le téléphone est interdit dans les bâtiments, mais reste autorisé dans les espaces extérieurs (cour, parvis) et au foyer. En classe, des casiers permettent de déposer les appareils. L’établissement en a acheté 60, pour environ 3 000 euros. Dans les couloirs, on trouve des affiches avec des slogans pour parler aux jeunes.

Ici aussi, la proviseure Laure Chouzet mise d’abord sur la pédagogie. « On n’est pas encore dans la répression, il faut qu’ils s’habituent progressivement. » Une seule sanction a été prononcée depuis la rentrée. Et lorsqu’un élève sort son téléphone, la réponse est sans appel : « Ah, pardon, c’est un réflexe ! »

Car le téléphone ne disparaît pas des habitudes en un claquement de doigts. Anaëlle, Louane et Manon, en terminale, le reconnaissent : « C’est un tic, on ne fait pas exprès, des fois, on le sort dans le couloir puis on se dit "mince". » Et dès la sortie du lycée, le réflexe revient : « La première chose qu’on fait quand on sort, c’est regarder notre portable. »

La proviseure résume le défi : « Il faut un petit temps d’adaptation pour effacer des réflexes et en prendre de nouveaux. » Pour l’instant, le décrochage semble se faire sans accroc.

 

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