Carte : 47 pharmacies de Haute-Loire où se faire vacciner contre la grippe

jeu 05/10/2017 - 14:45 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:48

Sur 11 millions de Français invités à se faire vacciner gratuitement contre la grippe (personnes de 65 ans et plus ou atteintes de maladies chroniques), 48,3% ont reçu le vaccin en 2015, contre 46,1% en 2014, soit la première hausse après six ans de baisse. Rappelons que le taux de vaccination s'était effondré après la campagne de vaccination controversée contre la pandémie A(H1N1) de 2009, avec une chute de plus de 14 points au total.

En Auvergne Rhône-Alpes à titre expérimental
L'objectif du gouvernement, au travers de ce décret du jeudi 11 mai, est d'atteindre un taux de vaccination de 75 % au sein de cette population à risque. Au départ, il était question d'expérimenter toute forme de vaccination en pharmacie mais face aux protestations des médecins et infirmiers, seul le vaccin contre la grippe sera concerné. L'expérience va être menée durant trois ans en Nouvelle Aquitaine et en Auvergne Rhône-Alpes.

Une formation de sept heures dispensée par des infirmiers et des médecins
"On vient en complément des médecins et infirmiers, le but est d'atteindre un plus haut taux de vaccination chez les personnes à risque", précise d'emblée Audrey Chataigner, Docteur en Pharmacie et pharmacienne à Aiguilhe, titulaire (avec deux autres associées) de l'officine. 
Il s'agit bien d'une démarche des pharmacies souhaitant administrer l'immunisation contre la grippe au sein de leurs établissements et non l'ARS qui les a contactées. Cette démarche implique une formation obligatoire à valider dans un institut répertorié par l'ordre des pharmaciens. 
La formation rappelle les grandes lignes de la pathologie grippale et l'épidémiologie en général. Il y a ensuite le volet pratique où "on s'exerce sur des mannequins", s'amuse Audrey Chataigner. Ce sont des infirmiers et des médecins qui dispensent ces formations, d'une durée de sept heures. 

Problème de la traçabilité : un faux débat
Pour pouvoir administrer le vaccin en son sein, l'établissement doit proposer un local clos respectant la confidentialité. Le patient doit être informé des risques et bénéfices de l'innoculation et signer un formulaire de consentement éclairé.
Après l'injection, il doit rester encore quinze minutes sur place afin que la pharmacienne surveille d'éventuels effets secondaires. Il reçoit ensuite une attestation avec le numéro de lot du vaccin, ce qui exclut tout problème de traçabilité. Une polémique soulevée un temps par les opposants au projet mais qui ne présente aucun problème selon le médecin et l'infirmier contactés dans le cadre de cet article.

  • Découvrez ci-dessous notre carte des pharmacies de Haute-Loire qui peuvent administrer le vaccin contre la grippe à partir de ce vendredi 6 octobre 2017 : 


----100 % gratuit pour le patient
Que le patient se rende chez son médecin, en pharmacie ou qu'il fasse intervenir un infirmier à domicile, la vaccination contre la grippe ne lui coûte pas un centime : tout est pris en charge par la collectivité.
-----Un intérêt financier pour les pharmacies ? 
Dans l’expérimentation, l’officine percevra 4,50 € par personne vaccinée avec une ordonnance. Elle touchera 6,30 € pour les patients ayant reçu un bon de prise en charge gratuite de l’assurance-maladie, c’est-à-dire les personnes de 65 ans et plus et celles en affections de longue durée. Enfin, une somme forfaitaire de 100 € sera également versée au pharmacien à partir de cinq vaccinations (dédommagement pour le petit matériel : coton, alcool, etc).

Audrey Chataigner est Docteur en Pharmacie et pharmacienne à Aiguilhe, titulaire (avec deux autres associées) de l'officine. Est-ce qu'il y a un intérêt financier dans cette démarche des pharmacies ? Les personnels  auront-ils alors du temps à y consacrer ?


Tout le monde ne pourra pas aller en pharmacie
Seuls les adultes ayant déjà été vaccinés et ayant reçu un bon de vaccination de l'Assurance Maladie pourront se faire administrer le traitement préventif. Femmes enceintes, patients immunodéprimés, sous anticoagulant ou ayant une allergie sont exclus du dispositif. "Si ça permet d'accroître le taux de vaccination, tant mieux, mais je ne suis guère convaincu", nous confie Patrick Astic, médecin généraliste à Brives-Charensac, "on aura peut être quelques dizaines de vaccinations supplémentaires, mais je doute que l'objectif des 75 % du gouvernement puisse être atteint".
Sondé par nos soins, ce professionnel de santé insiste sur le fait qu'il ne s'agit que de son point de vue personnel et qu'il n'a "pas la prétention de représenter la profession". Les pharmaciens de la commune ont pris le soin de le démarcher avec ses confrères pour savoir s'ils étaient d'accord pour que le vaccin soit administré dans les officines. "Ça ne nous présentait aucun problème, compte-tenu de notre patientèle, c'est plus aux infirmiers que ça va porter préjudice", ajoute-t-il. 

----La dérive des compétences
Autre crainte formulée par ce jeune infirmier libéral : la dérive des compétences. Même si une piqûre dans l'épaule est "un geste vite assimilé" et qu'il est "difficile de se tromper" (le constat est le même auprès du médecin sondé), "il y a quand même une dextérité à acquérir, qui ne vient qu'avec le temps et la répétition".-----Une centaine de vaccinations par an pour cet infirmier
Nous avons justement contacté un infirmier libéral de Chadrac, Simon Degemard. Il n'a pas manifesté contre cette mesure mais se montre peu emballé : "il y aura un manque à gagner pour la profession, c'est certain, même si certains de nos patients, les plus dépendants, continueront de faire appel à nos services pour ce type de prestation".
À titre d'exemple, il a effectué une centaine de piqûres d'octobre à janvier dernier. Chacune de ces interventions est fixée par la Sécurité à 8,50 € à domicile et 6 € au cabinet. Il organisait d'ailleurs régulièrement des permanences de vaccination à son cabinet, tant le volume de piqûres pouvait être important. En comparaison avec les tarifs en pharmacie, la sécurité Sociale pourrait donc effectuer de substantielles économies dans la manoeuvre.

Maxime Pitavy

>> Pour aller plus loin : controverse sur la vaccination
Bien qu'il existe un consensus scientifique sur sa sécurité et ses bienfaits, basé en particulier sur le fait qu'elle a permis, depuis le milieu du xxe siècle, de faire disparaître de grands fléaux infectieux et de réduire le taux de mortalité, de nombreuses controverses sur la vaccination mettent en cause son efficacité ou la sécurité de certains vaccins et leur rôle supposé dans le déclenchement de certaines maladies comme la sclérose en plaques ou certains troubles comme l'autisme.
il existe plusieurs associations opposées à la vaccination obligatoire, qui pourrait s'appliquer à onze vaccins dès le début 2018. Selon un récent sondage Odoxa, un Français sur deux est opposé à l'idée de rendre onze vaccins infantiles obligatoires. Or, en réalité, 70% des enfants de moins de 2 ans reçoivent déjà ces onze vaccins. Récemment, l'actrice Isabelle Adjani a confié ne pas avoir vacciné ses propres enfants (elle a fourni de faux certificats) dans un pamphlet radiophonique sur France Inter, parlant notamment d'un "crime contre l'humanité". Une diatribe qui a fait des vagues.

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