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Blassac : affamé, il agresse sa femme et s'en prend à un gendarme

lun 01/06/2015 - 17:47 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:34

Un homme de 65 ans originaire de Vichy a agressé sa femme et un militaire qu'il connaissait dans la nuit de samedi 30 à dimanche 31 mai 2015 sur la commune de Blassac, entre Langeac et Brioude. Il a fait l'objet d'une comparution immédiate devant le tribunal correctionnel ce lundi 1er juin.

Il retourne regarder la télévision
Samedi 30 mai, un sexagénaire résidant au Chambon, sur la commune de Blassac, passait une journée tranquille entre pêche et sports à la télévision. Quand il rentre chez lui affamé, une dispute éclate avec son épouse.
Depuis quelque temps, leur couple, marié depuis 19 ans, va mal. Ils font même chambre à part. Au moment des faits, les deux enfants, âgés de 12 et 15 ans, sont à l’étage du domicile. L’homme devient alors violent. Il reconnaît : « Je l’ai poussée violemment. » Blessée notamment à la main et à l’avant-bras, l’épouse obtient une incapacité totale de travail (ITT) de quatre jours.

L’épouse demande à sa fille d’appeler les secours à minuit passé. A leur arrivée, l’agresseur présumé regarde la télévision dans sa chambre. Les militaires estiment qu’il est non menaçant, ils le convoquent donc le lendemain pour qu’il réponde de ses actes. Pris en tort, l’homme est à la limite de l’outrage mais les militaires ne relèvent pas son attitude.

 
----Une plainte
L’homme avait été poursuivi en juillet 2012 après avoir agressé un camarade de son fils. Ce dernier aurait violenté plusieurs fois le garçon, alors âgé de 9 ans. Le père avait asséné des claques au jeune homme.-----En slip, il s'en prend à un militaire

La fille du couple, paniquée, est rassurée par les gendarmes, ce qui agace le père de famille. Ce dernier sort de la chambre, en t-shirt et en slip, pour prendre un militaire par le col et essaye de lui asséner un coup-de-poing. Il va même jusqu’à l’insulter. L’homme réfute et se défend : « Si j’avais voulu lui donner un coup-de-poing, il l’aurait pris. » Le militaire en question, gradé de la brigade de Lavoûte-Chilhac, ramène le père de famille menotté dans la chambre pour l’habiller et l’amener à la gendarmerie.
Là, les choses vont très vite. Le militaire reçoit un violent coup de pied dans le menton alors qu’il aide l’homme. Quand le président du tribunal demande pourquoi l’homme a assené un coup au militaire, il justifie : « Je saignais, j’avais mal au nez. Devant mon fils, j’avais honte. » Il estime que les militaires ont été trop violents et pas assez énergiques.

----Maladie psychologique
Le sexagénaire présente des troubles bipolaires. Il est sous traitement. «  Je suis stabilisé depuis dix ans », explique l’intéressé. « Je n’avais connu que les phases de déprime », précise-t-il. Mais un jour, il a eu une réaction violente qui lui a valu une hospitalisation au Centre Sainte-Marie du Puy-en-Velay.
-----Le quiproquo du bouledogue
L'agresseur présumé connaissait le militaire. Allant pêcher à proximité de la gendarmerie de Lavoûte-Chilhac, il avait aperçu le gendarme promenant ses chiens, des bouledogues français " bleus ". " Une race rare en France ", explique le militaire. Le sexagénaire s'est alors décidé à acheter un de ses chiens ou un chiot en cas de reproduction. Le représentant de l'ordre soutient ne pas avoir voulu vendre ses compagnons, ni même leur faire faire de portées. En décembre dernier, le père de famille va jusqu'au domicile du militaire avec de l'argent mais rien n'y fait : il ne vend pas.

Pas de prison ferme mais une " peine significative "

Devant le tribunal, l’agresseur présumé reconnaît la majorité des faits. La Défense demande du sursis avec une interdiction d’entrer en contact avec sa femme si besoin. La relaxe est demandée pour la rébellion, le Ministère public est d’accord avec celle-ci. En revanche, le Ministère public réclame des peines d’emprisonnement. Tristan Boffard, substitut du procureur de la République du Puy-en-Velay, décrit : «  Il vit dans un monde où il ne veut pas perdre la face. […] Il veut garder la figure du père, celui qui est puissant. »
Finalement, l’homme est relaxé pour les faits de rébellion. Il écope de huit mois d’emprisonnement avec sursis assorti d’une mise à l’épreuve de deux ans avec obligations de soins et d’indemniser la seule victime s’étant portée partie civile, le militaire. Ce dernier avait réclamé 200 euros pour les remettre à la fondation « Maison de la gendarmerie ».

E.J. 

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