Baisse "surprise" des dotations : quelles conséquences pour la Haute-Loire?

jeu 03/08/2017 - 18:27 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:47

----Pas seulement les collectivités
Le coup de rabot du 17 juillet ne concerne pas que les collectivités locales : en tout, 3 milliards d'euros de crédits seront annulés, de l'armée à l'éducation en passant par la culture.-----Ce décret "surprise" a été signé par le Gouvernement le 20 juillet. Mais les élus ne le savaient pas. C'est le journal Libération qui l'a révélé, mardi 1er août : 300 millions d'euros de crédits destinés aux investissements des collectivités locales en 2017 sont annulés. Le gouvernement Philippe entend ainsi assainir les finances du pays. 
Une coupe relativement faible
300 millions d'euros à l'échelle du pays, c'est assez peu. Il est difficile de ramener ce chiffre à la Haute-Loire, mais les crédits perdus dans le département devraient vraisemblablement se compter en centaines de milliers d'euros.
----Un sentiment de trahison
Au delà de la somme, c'est la méthode qui déplaît aux élus. Le Président Macron rassurait les responsables de collectivités territoriales lors d'une conférence le 17 juillet. Le 20 juillet, le décret était signé. "Il s'est engagé pour le monde rural, et on nous supprime des crédits trois jours après", déplore Michel Joubert, président de l'Agglo du Puy. Pour Bernard Gallot, président de la communauté de communes des Sucs. "C'est inquiétant que l'Etat puisse revenir ainsi sur ses décisions".-----Pas de petites économies
Mais pour les élus territoriaux, il n'y a pas de petites économies. Pour une raison principalement : la majorité des projets locaux sont cofinancés. Ainsi, une petite somme en moins peut faire s'écrouler le projet. Adrien Defix, vice-président chargé des finances à l'agglomération du Puy et maire de Coubon, en donne l'exemple : "Si une commune doit participer à hauteur de 50% dans des travaux, et qu'elle ne peut plus le faire, c'est 100% du projet qui est annulé".
Les petites communes davantage concernées
Les dotations de l'Etat aux collectivités sont multiples, plus d'une dizaine au total. Il y en a pour les mairies, les régions, les départements... Mais en l'occurence, ces 300 millions comprennent avant tout des fonds destinés aux investissements dans les communes rurales. Michel Joubert, président de l'agglomération du Puy-en-Velay, s'en inquiète. "Les communes les plus faibles sont à nouveau les plus touchées. C'est une tendance actuelle : aujourd'hui pour 1€ allant aux communes rurales, 3€ vont aux communes urbaines."

Un point de vue contesté du côté de la préfecture de Haute-Loire : "L'un des principaux soutiens à la ruralité qui est la dotation d'équipement des territoires ruraux a augmenté de 90% en cinq ans. En Haute-Loire, elle est passée d'environ 7 millions d'euros en 2016 à 9 millions en 2017."
Des projets ne verront pas le jour
Des projets communaux devront-ils être annulés? "C'est évident", clament en choeur les élus. Mais lesquels? "Aucune idée, on n'en sait pas plus que les autres", s'agacent-ils. C'est en effet l'Etat, via les préfectures, qui décidera. Et pour l'instant, pas d'indice. Il pourrait s'agir de travaux de voirie, d'aménagement d'école ou encore de locaux sportifs.
Le maire de Beauzac Jean Proriol a déjà vécu le scénario. "L'Etat nous avait ôté une dotation qui devait servir à cofinancer la future maison de santé. Le projet aurait été annulé si la Région n'avait pas compensé". La Préfecture de la Haute-Loire, qui n'a pas encore tranché, promet que "le financement pour les projets en cours sera maintenu". Ainsi, "seuls des projets à venir pourront être annulés"
Clément L'hôte

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