Aurec-sur-Loire : le Front National tend la main à droite

lun 24/03/2014 - 19:21 , Mise à jour le 26/11/2020 à 19:21

Si la réponse n'est pas encore officielle, les listes ayant décidé de fusionner doivent le déclarer en préfecture avant ce mardi à 18h, Pierre Cheynet, le candidat Front National d'Aurec-sur-Loire se veut confiant quant à la réponse positive de la liste de Patrice Peyrard.
Le doute subsiste, même si pour chacun des deux candidats, c'est inévitablement la seule chance de l'emporter à Aurec, le maire sortant ayant raté le coche au premier tour de seulement deux voix...

----Marine Le Pen avait fait 25,27 % lors de l'élection Présidenteille de 2012 à Aurec-sur-Loire, il s'agissait du plus fort score du FN à Aurec tout scrutin confondu et Pierre Cheynet vient d'obtenir 27,18 % : "on a réussi à aller au-delà, c'est la preuve que notre liste va au-delà du seuil du FN et qu'on rassemble davantage".-----"Une petite victoire politique" qui pourrait en appeler une autre
"Dès le début de la campagne, au mois de septembre, nous avons annoncé que nous étions partisans d'une union la plus large possible", se justifie d'emblée Pierre Cheynet, "cette main tendue, pour nous, c'est une évidence puisque l'opposition est un peu éclatée à Aurec". Un groupe d'opposition "en capacité de prendre la mairie" est donc en train de se constituer et se montre plutôt confiant quant à ses chances de victoire.
C'est en effet la première fois à Aurec depuis 1995 que le maire sortant ne passe pas au premier tour. Pour le secrétaire départemental du FN, c'est déjà "une petite victoire politique". Mais les victoires appellent les victoires et il n'entend pas en rester là et espère bien rassembler les aurecois pour le deuxième tour.

Pas d'étiquette pour le maire sortant : "tromperie sur la marchandise"
Le maire sortant, Claude Vial, ne présente pas d'étiquette dans sa liste et les services de la préfecture ont validé ce choix. Pourtant, lors de sa campagne en 2008, il était estampillé PS... Une brèche dans laquele s'engouffre aussitôt le candidat frontiste : "il y a tromperie sur la marchandise, il a dans sa liste de nombreux militants et adhérents actifs du PS à Aurec, il y a une forme d'escroquerie à laisser entendre qu'il s'agit d'une liste multicolore alors qu'en réalité, elle est très très rose".
Pierre Cheynet assure que sa liste est bien plus large : "j'ai une liste de rassemblement, avec notamment un adhérent du Modem", mais il reconnaît aussi son étiquette Front National : "j'ai le soutien du FN, j'en suis le secrétaire départemental et j'en suis très fier, je ne vais pas mettre mon étiquette dans ma poche mais je présente une liste hétéroclite".

Objectif de fusion et de victoire au second tour depuis le début
En cas de fusion, le Front National serait liste d'accueil puisqu'il a réalisé un meilleur résultat que Patrice Peyrard (27,18 % contre 22,87 %) : Pierre Cheynet en serait donc la tête de liste, c'est d'ailleurs pour lui "le seul moyen de remporter la mairie, qui est notre objectif depuis le début pour l'emporter au soir du second tour".
Dans l'attente d'une réponse de la liste de droite, Pierre Cheynet ajoute : "je crois que l'immense majorité des colistiers de Patrice Peyrard sont favorables à cette idée de fusion et que 95 % de ses électeurs sont partisans d'un rapprochement des deux listes car nous avons des valeurs, des projets et des objectifs communs".

----Un premier pas attendu de pied ferme
Le candidat du Front National souhaite que son parti prenne enfin des responsabilités : "aujourd'hui, le FN est dans une démarche de gestion et d'accession aux responsabilités, ce qui n'était pas forcément le cas il y a une quinzaine d'années, lorsqu'on a accusé, parfois à juste titre, le FN de n'être qu'un parti de protestation. Pour nous, l'implantation locale est le premier pas vers cette prise de fonction".-----Pas de résonnance à Paris
Pour autant, si cette alliance aboutissait, devrait-on y entendre une résonnance nationale, alors que la question est souvent sujette à débat entre l'UMP et le FN à Paris ? "Ce n'est en aucun cas une alliance d'Etat-major", répond le secrétaire départemental du FN, "et si tel était le cas, je ne suivrai pas cette ligne car notre objectif n'est pas de faire des alliances de partis. D'ailleurs, aussi bien Jean-François Copé que Marine Le Pen ont expliqué qu'il était inenvisageable de créer des rapprochements entre ces deux partis dans l'état actuel des choses. On est là dans un rapprochement entre deux personnes de bonne volonté qui s'investissent pour l'avenir de leur commune et qui se retrouvent sur des projets similaires".

Maxime Pitavy

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