La cascade du Salin à Chaudeyrolles : un accès désormais interdit
À peine les portes du théâtre du Puy refermées ce mardi 26 mai aux alentours de 22 h, les conversations commencées dans la salle se poursuivaient sur le parvis : « C’était impressionnant », « Je me demande comment il fait pour… »
Le passage du mentaliste Viktor Vincent au théâtre ponot semble n’avoir laissé personne indifférent. Entre fascination, doute et curiosité, les spectateurs ont quitté la salle avec davantage de questions que de réponses.
Pendant près d’une heure trente, le public a été invité à participer, observer, choisir… et surtout se laisser surprendre. À la sortie, les discussions et les tentatives d’explication allaient bon train.
« On essaye de trouver une explication, mais à un moment on abandonne. »
Déjà venu au Puy-en-Velay avec Mental Circus en 2022, Viktor Vincent faisait une nouvelle fois salle comble ces mardi et mercredi soirs. Habitué des seuls en scène depuis près de vingt ans, le mentaliste propose avec Fantastik un spectacle construit autour de récits, de projections mentales et d’expériences participatives, dans une ambiance volontairement intime et mystérieuse à laquelle le théâtre du Puy se prête particulièrement bien.
« Le mentalisme, c’est se connecter à l’autre, c’est écouter ce que l’autre dit, même lorsqu’il ne parle pas. », Viktor Vincent
Entre récits immersifs, effets « waouh » à répétition et chutes improbables, le spectacle entretient en permanence le doute chez les spectateurs, non sans une certaine malice, beaucoup de bienveillance et d’humour.
Fascination, incompréhension, curiosité, doute, admiration. Si le spectacle devait se résumer en cinq mots, ce seraient ceux-là, selon les propos recueillis à chaud auprès du public.
Si de ces émotions, il ne fallait en retenir qu’une, ce serait : "fascination". Mélangée à cette impossibilité de comprendre les mécanismes, l’envie mais aussi l’appréhension de participer, un certain respect admiratif de la maîtrise technique et psychologique se dégageait des discussions inévitables de sortie de rangs.
Marie et Pierre-Yves, une sœur et son frère, sont venus assister au spectacle accompagnés de leurs conjoints, Vincent et Séréna, à l’occasion d’un anniversaire. « On se pose des questions sur comment il fait. On essaye de trouver une explication, mais à un moment on abandonne. On reste bluffé aussi. », raconte Pierre-Yves.
Le groupe avait déjà vu d’autres spectacles proches de l’illusion ou de l’hypnose :
« On a vu Gus, un illusionniste. C’est plus de la magie, plus du spectacle visuel. Là, c’est davantage dans la concentration, dans le mental. C’est un autre registre », poursuit-il.
Vincent, lui, admet être arrivé sceptique :
« Moi je venais un peu sceptique. Je ne suis pas forcément réceptif au mentalisme ou à ce genre de chose. Mais une fois dedans, on ne voit pas le temps passer. »
Et parmi les réactions recueillies à chaud à la sortie de la salle, un mot revenait constamment : « bluffant ».
Souvent associé à tort à la magie ou à l’hypnose, le mentalisme repose surtout sur des techniques d’observation, de suggestion, de mémoire et de lecture comportementale, le tout mis en scène pour créer le doute.
Comme beaucoup de mentalistes, Viktor Vincent entretient volontairement le flou entre psychologie, intuition et illusion scénique. « Le mentalisme, c’est se connecter à l’autre, c’est écouter ce que l’autre dit, même lorsqu’il ne parle pas », expliquait-il lors de son précédent spectacle Mental Circus.
C’est probablement cette frontière incertaine qui intrigue autant le public : l’impression que quelque chose échappe à l’explication plausible, alors même que tout se déroule sous les yeux des spectateurs.
Habitués du théâtre, connaisseurs ou simples curieux venus découvrir le mentalisme pour la première fois, les spectateurs interrogés partageaient tous ce même mélange de trouble et d’admiration.
« On avait déjà vu Messmer, donc de l’hypnose, mais là du mentalisme, c’était différent. Très impressionnant aussi », raconte un spectateur. « On ne sait pas quoi croire », ajoute-t-il.
D’autres cherchaient à comprendre les mécanismes derrière certaines séquences. Beaucoup semblaient finalement accepter de ne pas tout expliquer.
Mardi soir, une chose semblait certaine à la sortie du théâtre : le public restait troublé. Et c’était précisément le but.
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