Au Puy, les bacs à vinyles ont remplacé les urnes à la salle Jeanne d'Arc

sam 26/04/2014 - 20:08 , Mise à jour le 26/11/2020 à 19:21

Partout, les ventes de CD sont en chute libre. À l’inverse, le vinyle a le vent en poupe : en France, 329 000 vinyles étaient vendus en 2012 contre seulement 15 000 en 2007, soit une hausse de plus de… 2000%. Un constat qui se poursuit en 2014 et que nous avons pu vérifier ce samedi, à l’occasion de la onzième édition de la Bourse aux disques, vinyles, CD et DVD, à la salle Jeanne d’Arc, au Puy.

Le CD, un format obsolète
Souvent seuls, les visiteurs en quête de disques rares sont imperturbables. Bacs après bacs, d’un rapide coup de poignet, les pochettes défilent sous leurs yeux. Plus encore aujourd’hui qu’hier, le vinyle a la côte. Philippe Freydefont, porte-parole de l’association Missing Key, organisatrice de l’évènement, nous donne un début d’explication à ce phénomène. « Le CD est un support qui coûte quasiment rien à faire et qui est vendu avec des marges qui sont complètement hallucinantes. La plupart des bénéfices reviennent aux grandes sociétés alors qu’il était plus logique de baisser le prix du CD pour en vendre davantage », regrette-t-il. « Par contre, ces mêmes sociétés se sont aperçus que les labels indépendants sortaient du vinyles et que ça marchait bien. Du coup, la plupart d’entre elles ressortent les fonds de catalogue, les Gainsbourg, Hallyday, Pink Floyd. » Et ça se vend comme des petits pains.

70 000 vinyles exposés
Ce samedi, plus de 600 visiteurs - une légère hausse par rapport à l’année dernière - ont fouillé les quelques 70 000 vinyles exposés à côtés des autres CD et DVD. Le regain de forme du 33 tours est-il éphémère ? Philippe Freydefont n’y voit pas un phénomène de mode : « Les grandes sociétés ont saisi l’opportunité mais les labels indépendants de rock alternatif, de rap, ont toujours sorti du vinyle. Les grosses boîtes se sont greffées dessus quand ils ont vu qu’il y avait un engouement pour ça. » Le porte-parole de l’association Missing Key a d’ailleurs tout fait pour répondre aux attentes des visiteurs : « On s’aperçoit d’année en année qu’on a une demande accrue pour le vinyle. Cette année, on a pris un peu moins de CD pour augmenter la quantité d’exposants en vinyles. » Et quand les gens quittaient la salle Jeanne d’Arc ce samedi, c’était souvent avec des galettes noires dans la main.

L’année prochaine, la bourse s’étale sur deux jours. « C’est une session de rattrapage le dimanche pour ceux qui travaillent le samedi. » Rendez-vous les 5 et 6 juin 2015.

A.L.

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