Au Puy, des manifestants craignent 'une dérive euthanasique'

mer 21/01/2015 - 18:36 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:32

Un peu partout en France, dans une soixantaine de villes, des rassemblements anti-euthanasie étaient organisés ce mercredi à la mi-journée, sous le sigle du mouvement "Soulager mais pas tuer", avec en tête Alliance Vita, proche de la Manif pour tous (contre le mariage gay).
Ce mercedi après-midi, les députés ont discuté de ce sujet délicat, qui dépasse les clivages politiques puisqu'il s'agit d'une proposition de loi UMP-PS visant au consensus autour d'un droit des malades incurables à "une sédation profonde et continue".
Les propositions d'Alain Claeys (PS) et de Jean Leonetti (UMP) sont soutenues par le Président de la République François Hollande ainsi que par Claude Bartolone (PS), le Président de l'Assemblée nationale. Le texte sera débattu et voté en mars prochain.

Les grandes lignes du projet de loi
L'administration de sédatifs jusqu'au décès serait admise dans un cadre bien strict, pour les malades conscients, dont les traitements sont inefficaces et dont les jours sont comptés (il faut que le patient le demande), ainsi que pour ceux qui font l'objet de traitements qui les maintiennent artificiellement en vie (plus polémique car il ne recueille pas nécessairement le consentement du patient).
Le médecin ne serait donc plus obligé de tout mettre en oeuvre pour convaincre son patient d'accepter les soins indispensables. Pour autant, malgré l'arrêt des traitements, le suivi du malade reste assuré par le médecin, notamment son accompagnement palliatif.
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2 000 personnes pourraient être euthanasiées d'office
Le cas concernant les personnes en état végétatif chronique est polémique et 2 000 personnes pourraient ainsi être euthanasiées d'office si cette proposition de loi est adoptée par le Parlement au printemps prochain.
Pourtant, certaines personnes retrouvent la conscience plusieurs années après, comme c'est le cas de Philippe Pozzo di Borgo, personnage qui a inspiré le film "Intouchables", et qui parraine le mouvement "Soulager mais pas tuer". Ce dernier déclare : "Ne touchez pas aux intouchables. Soulagez-nous, mais ne nous tuez pas".

----Le mouvement assure qu'aux Pays-Bas et en Belgique, où l'euthanasie est légalisée en cas de maladie incurable avec des souffrances physiques et psychologiques insupportables et inapaisables pour le patient, en cinq ans, le nombre d'euthanasies aurait doublé.-----La crainte d'une généralisation de l'euthanasie
Au Puy, c'est donc une petite centaine de manifestants qui s'est réunie ce mercredi midi.
Marie-Agnès Hinterlang est la porte-parole du mouvement "Soulager mais pas tuer" en Haute-Loire, qui regroupe une dizaine d'associations, dont Alliance Vita, très présente au Puy. "Si la dérive euthanasique se précise, il est certain qu'il y aura d'autres rassemblements", met-elle en garde.

  • Marie-Agnès Hinterlang trace les grandes lignes du mouvement et s'inquiète de possibles dérives vers une généralisation de l'euthanasie.

  • La dépendance des personnes âgées coûte cher à la France. Sous couvert de nouveaux droits pour les malades, elle craint que l'Etat ne cherche à faire des économies. Mais comment refuser ce droit à une personne qui le demande ? Ecoutez sa réponse.


80 % des français favorables à l'euthanasie pour un malade en phase terminale et consentant
L'administration d'une sédation profonde et continue jusqu'au décès est globalement approuvée par 60 % des français (19 % sont contre et 21 % ne se prononcent pas), selon le baromètre YouGov de janvier 2015 pour le HuffPost et iTélé. Plus ils sont âgés, et plus les français y sont favorables : 53 % des 18-34 ans, 57 % des 35-54 ans et jusqu'à 66 % des plus de 55 ans.
Dans cette même étude, si l'on évoque dierctement l'euthanasie, les français y sont favorables à 80 % et même 86 % pour les plus de 55 ans (contre seulement 65 % des 18-34 ans).

Maxime Pitavy

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