Assises : une " erreur de trajectoire " qui coûte un oeil

jeu 05/03/2015 - 13:43 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:33

L'homme de 48 ans est accusé de violences volontaires avec usage d'une arme - un verre - ayant entraîné une infirmité permanente - la perte d'un oeil - et pour violences habituelles ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) n'excédant pas huit jours par concubin de la victime. Les faits datent de la soirée du 17 au 18 décembre 2013 au Puy-en-Velay.

Sans préméditation
L'accusé était alcoolisé au moment des faits : 0,97 mg d'alcool par litre d'air expiré, soit 1,94 g/litre de sang. Après une dispute avec sa concubine, aux alentours de 20h30, il lance un verre " à un mètre d'elle pour la faire taire " mais au même moment, la victime, également alcoolisée, se relève. Elle reçoit le verre au niveau de l'arcade sourcilière. D'après la déposition de l'accusé, il y a eu une " erreur de trajectoire ". Il s'explique : " Ce n'était pas prémédité, je visais le placard, je voulais qu'elle se taise. "

Disputes récurrentes
La victime refuse de contacter les secours. Ce n'est qu'après la visite d'un livreur de pizzas et quatre heures après les faits, aux alentours de minuit, que l'homme contacte la police. La victime perd la quasi-totalité de son oeil gauche et présente une déformation marquée. Le 23 novembre 2013, l'accusé avait déjà lancé des objets à sa compagne, notamment une pendule et un pot de fleurs... dans l'oeil gauche également. A l'époque, il lui avait demandé de dire qu'elle avait chuté dans la rue pour justifier les blessures.

Alcool, drogue et délinquance
L'accusé est né en Algérie en 1967, il y reste jusqu'à l'âge de sept ans où il arrive, avec sa famille, dans le sud de la France. Il grandit avec ses deux frères, sa soeur et ses parents. Il parle d'un père dur. Aujourd'hui, ----Séropositivité
La compagne de l'homme est séropositive à leur rencontre (1996) mais n'en parle pas. Son ancien compagnon avec lequel elle a eu un enfant, est décédé des suites du virus du Sida. L'accusé n'apprend la maladie de sa compagne qu'en 2003, mais ne se fait dépister qu'en 2010. 
-----cela fait 14 ans qu'il n'a aucun contact avec lui. L'homme explique : " J'ai honte de mon parcours. " Avec des activités professionnelles variées entre marine marchande et ménages, il tombe peu à peu dans l'alcool, la drogue et la délinquance. En parallèle, il rencontre sa compagne en 1996. L'homme a été condamné à de multiples reprises pour vol, cambriolage, détention de stupéfiants, conduite en état d'ivresse... Il aurait agi ainsi pour payer sa drogue. C'est en 2010 que le couple quitte le sud de la France pour s'éloigner de mauvaises relations. Ils rejoignent Clermont-Ferrand puis Brioude et enfin au Puy-en-Velay, en Haute-Loire.

Immature et influençable
L'homme se décrit comme gentil, serviable mais aussi coléreux et influençable. Ce que confirment sa mère et sa soeur. Le président de la cour d'Assises, Dominique Brault, demande à sa soeur si la victime a une influence sur l'accusé : " Oui, une influence énorme mais négative ". La mère déplore n'avoir rencontré la compagne de son fils que trois fois, elle témoigne : " Il aurait dû la quitter. " Instable, l'accusé a déjà fait, par le passé, trois tentatives de suicide. La psychologue analyse : " Il a un niveau intellectuel très faible, à la limite de la déficience mentale. Il est immature et égocentrique. " Elle explique cependant que la drogue peut être responsable d'un quotient intellectuel faible. La psychologue décrit la victime : " Elle souffre d'une dépendance affective. Elle a également un faible quotient intellectuel. "

L'accusé reconnaît les faits. Il tente de s'expliquer : " J'ai jamais voulu lui faire du mal et elle sait que je l'aime. C'est vrai que je suis coléreux, c'est vrai que je suis alcoolique mais je ne suis pas violent. "  En sanglotant, il déclare : " Je me sens mort. Tous les deux, on s'est auto-détruit. On est des déprimés de la vie. " Pour finir, il lâche : " Je regrette ".

E.J.

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