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Loudes

''Après une courte et interminable minute, le parachute s'ouvre''

mer 08/10/2014 - 13:24 , Mise à jour le 27/11/2020 à 05:53

Il est 7h55 quand j’arrive à l’aérodrome de Loudes, direction le bureau pour signer une licence de saut à la journée. Une fois le formulaire rempli, on me conduit dans le hangar où se trouve l’avion. C’est un soulagement : s’il n’est pas encore dehors, il me reste quelques minutes pour souffler, ouf ! Plusieurs personnes s’activent : certains enfilent des combinaisons, discutent tranquillement ou encore regardent les vidéos des derniers sauts. Non, je ne regarderai pas, je préfère ne pas me mettre la pression, sinon je vais partir en courant et sans avoir sauter.

" Vous pendouillerez "
Je rejoins donc les quelques personnes venues me soutenir et les autres candidats au saut. Les membres du Paraclub du Puy s’attroupent vers l’avion pour le pousser sur la pelouse. Il est 8h30 quand un moniteur, Fabien Falcon, vient nous expliquer, non sans humour, le déroulement des opérations. Il nous détaille les positions à adopter à chaque étape du saut : « Vous êtes devant le moniteur. Donc avant de sauter, votre moniteur sera assis sur le bord de l’avion donc vous… vous serez dans le vide. En termes scientifiques, vous pendouillerez ». La couleur est annoncée, la tension monte.

Bien attachée
Fabien Falcon se trouve être le parachutiste avec lequel je vais sauter. Il m’équipe d’une sorte de harnais qui tient mes jambes et mes bras en passant par mon dos. On serre les sangles, presque trop, j’ai du mal à marcher mais ça me rassure : au moins je suis bien accrochée. À ce moment, je me rends compte que le moteur de l’avion tourne déjà.

Question de point de vue
Soudain, toutes les personnes qui sautent se rassemblent vers l’avion. On s’avance sur le tarmac pour déterminer dans quel ordre nous allons passer. J’espérais être la première pour limiter le stress le plus possible. Finalement, je serais la dernière à quitter l’avion. La tension monte. L’engin avance jusqu’à nous, et nous nous engouffrons à l’intérieur. Lui qui me semblait si grand dans le hangar est soudainement ridiculement petit pour la dizaine de personnes que nous sommes.

Un paysage à couper le souffle
Fabien est assis juste derrière moi, il m’explique étape par étape : « Là, les roues arrière ne touchent plus le sol… Là, nous décollons. Il faut atteindre 4 000 mètres d’altitude, ce qui représente une quinzaine de minutes de vol ». Le temps de vol parait durer une éternité. Nous traversons rapidement une fine couche de nuage et là, un splendide paysage s’offre à nous : une véritable mer de nuages flotte sous l’avion. Au loin, nous apercevons les Alpes sous le soleil alors qu’au sol, il faisait gris. Le spectacle est divin. Coup d’œil à l’altimètre : un peu plus de 2 000 mètres. Nous montons rapidement, tout comme mon appréhension. Fabien me parle régulièrement pour détendre l’atmosphère. Il me fait répéter les positions à adopter et me fait mettre des lunettes.

Panique à bord
Soudain, le bruit du moteur s’atténue : l’avion ne prend plus d’altitude. Finalement, le trajet a été très court, trop court. Je regarde par la fenêtre : au milieu de l’océan de nuages, il y a une petite percée par laquelle je peux apercevoir la piste de l’aérodrome (vue d’ici, elle parait si petite !). À bord, tout le monde se souhaite « bon saut ». La porte s’ouvre, le froid s’engouffre dans notre appareil. Je regarde, terrifiée, le premier duo sauter. En une fraction de seconde, ils ne sont plus là et pire : leur chute fait vaciller légèrement l’avion. Les sauts s’enchaînent. La panique m’envahit, non je ne peux pas sauter ! Mais ce serait vraiment idiot d’avoir fait tout ça pour rien… C’est bon, j’y vais.

L'instant fatidique
Accrochée par de nombreux mousquetons au moniteur, je suis ses mouvements. Il nous fait avancer vers la porte, je suis assise les pieds dans le vide. Je suis les consignes et tiens mon harnais fermement. Puis c’est lui qui s’assoit et c’est moi qui me retrouve dans le vide : je pendouille. Je passe mes pieds sous la marche comme on me l’a expliqué, je renverse la tête en arrière, un petit coucou à la caméra et… c’est parti. Nous tombons, nous tournons, la vitesse et l’adrénaline procure une sensation d’ivresse totale. Je ne sais plus où est le haut et le bas. Le moniteur lâche un petit parachute pour nous stabiliser et nous ralentir un petit peu (oui, enfin, nous dégringolons quand même à près de 180 km/h). Ça y est, les nuages sont en bas et le ciel bleu au-dessus, je retrouve une petite partie de ma capacité à raisonner. Fabien attrape mes bras pour que je lâche le harnais. Je pensais avoir la sensation de voler mais non, on se sent juste tomber, ce qui n’enlève rien au plaisir. Au bout d’une minute si courte et pourtant interminable, le parachute s’ouvre et à ce moment-là, nous volons au-dessus des nuages. Le paysage est toujours aussi fantastique, presque irréel.

À deux Tours Eiffel du sol
Fabien me donne les commandes de la voile : la sensation de liberté est immense. Sur les nuages, nous apercevons notre ombre, entourée d’un halo aux couleurs de l’arc-en-ciel. Nous la traversons en perçant la couche nuageuse. Tout est blanc, on ne voit absolument rien et tout à coup : des paysages verdoyants s’étendent à perte de vue. D’ici, on devine à peine les voitures au sol… Au bout de quelques minutes, tout se rapproche, j’ai l’impression que l’atterrissage est proche mais Fabien me rassure : « Nous sommes à deux Tours Eiffel du sol ». Au loin, j’aperçois mes camarades de saut en train d’atterrir. Au fur et à mesure le sol se rapproche, je rends les commandes à mon moniteur. Nous accélérons avant de toucher le sol, je lève les jambes le plus haut possible et place mes mains sous mes genoux, comme Fabien m’avait expliqué. Aïe aïe aïe, nous ne sommes qu’à quelques mètres, quelques centimètres… Nous y sommes, nous glissons sur l’herbe avant de nous immobiliser. Fabien me détache, je sens la terre ferme, c’est bon : je l’ai fait !
Ma seule envie à ce moment précis c’est de reprendre l’avion suivant pour recommencer. Tous mes muscles sont endoloris, comme après une bonne séance de sport, mais ça valait vraiment le coût !

Retour en vidéo :

Merci à toute l'équipe du Paraclub du Puy pour cette expérience unique.

E.J.

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