(amalgamé à l'article de Nico) Le point sur les marchés emblématiques de Costaros, Langeac et Saugues

mar 24/03/2020 - 13:41 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:04

La question du maintien des marchés est devenue un nouveau sujet de discussion depuis la décision de principe du Gouvernement de les interdire de ce lundi 23 mars 2020.
Il est évident que les problématiques urbaines et spécialement de Paris et de sa région et celles des départements ruraux ne sont pas les mêmes mais la décision du politique est, elle, uniforme.
D'un point de vue économique, les producteurs locaux demandent leur maintien et font pression sur les mairies pour que des demandes de dérogation, mécanismes prévus dans le décret, soient faites car les marchés sont vitaux pour eux.
C'est l'économie agricole, notamment celle des filières courtes toutes entières, qui est en jeu et, ce  pas seulement pour les semaines à venir mais aussi pour l'après sortie de crise.

A Saugues, une double pression de la part des producteurs et de la préfecture, le maire va faire une demande de dérogation.
La décision n’a pas encore été prise par le maire Michel Brun qui avait pris la décision de supprimer le marché extérieur au dernier moment la semaine passée. Il a eu depuis la pression des producteurs qui lui ont fait remarquer que le marché s’était tenu à Langeac le jeudi avec des conditions de sécurités renforcées et que les clients avaient tout à fait joué le jeu. Pour cette semaine le maire va faire une demande de dérogation mais il ne peut pas encore préjuger de la position de la préfecture.
A Langeac le marché se tient deux fois par semaine: le mardi et le jeudi.
De fait celui du mardi se tient ce jour même dans les mêmes conditions de respect des distances que celui de jeudi passé. A Langeac, on est plutôt pour le maintien des marchés extérieurs.
Au moment où nous avons appelé, le Directeur des services de la mairie M. Pestre nous dit « qu’il se rendait justement sur le marché avec Mme la Maire pour faire un état des lieux avec les vendeurs et les clients afin de décider demander eux aussi une dérogation comme il en a été discuté avec la sous-préfète de Brioude le matin même ».
Rappelé un peu plus tard, la mairie confirme sa volonté de demander une dérogation pour le maintien du marché de ce jeudi. Elle fait valoir comme arguments  d’une part  la bonne tenue des marchés de Jeudi dernier et de ce matin  d’autre part, « la nécessité pour des personnes âgées ou isolées qui pour certaines sont sans véhicules même pour se rendre dans les magasins de la zone commerciale de pouvoir acheter des produits frais. » 
A Costaros, on est dans l'expectative des mesures qjui seront imposées par la préfecture.
A Costaros, là aussi, le téléphone chauffe entre la mairie et la préfecture mais aussi et surtout avec les producteurs qui poussent à l’ouverture des marchés se sentant désavantagés vis-à-vis des grandes surfaces et de leur système de Drive.
La décision de maintien ou non des marchés du samedi et du lundi n’est donc pas prise encore à Costaros. Le maire fera sans doute une demande de dérogation mais attend auparavant de connaitre les conditions matérielles et surtout en personnel que déciderait la préfecture pour la tenue du marché.

Du côté des producteurs: Christian Charbonnier du GAEC du Trouquet « On est dans l’inconnu total »
Pour Christian Charbonnier, le marché de Langeac qui s’est tenu le jeudi 19 Mars est l’exemple de ce qu’il faut faire. Tout s’y est très bien passé. « J’ai un camion magasin de 7 mètres de long et il n’y avait jamais plus de 3 clients devant l’étal. De notre côté nous avons pris toutes les précautions et respectés les gestes barrières. Il y a eu un peu moins de fréquentations qu’à l’habitude mais comme les gens ont acheté un peu plus le chiffre a été comme celui d’un marché d’hiver classique".
Pour lui, les marchés d’extérieurs c’est 100% de son chiffre d’affaire : « Je réalise ma vente à 100% sur les 3 marchés que je fais chaque semaine. On est dans l’inconnu. La semaine je n’ai pu en faire qu’un seul (Langeac) et si je ne peux plus rien vendre il faudra que je mette mes employés au chômage technique. Ce sera une catastrophe économique. On est dans l’incertitude complète, je vends de la viande fraiche, il faut donc savoir à l’avance ce que l’on peut abattre ou non ».
Il souhaite le maintien du marché de Langeac et la réouverture de celui de Saugues comme il l’a expliqué longuement au maire M Brun.
"Il ne voit pas pourquoi on favoriserait les grandes surfaces qui sont des zones plus à risque et ou la qualité et l’origine des produits n’est pas du tout la même".
Myriam Dursap "On essaye de trouver des solutions et on prend un maximum de précautions"
Myriam Dursap produit des fromages de pays au sein du Gaec des Rocs à Charraix, elle fait, elle aussi, la plupart de ses ventes sur les marchés. « Les marchés c’est une activité vitale. Et c’est quand même mieux que de recevoir les clients un par un à la ferme ».
Myriam vend aussi ses produits en ligne sur le site madeingevaudan.com par exemple mais le principe est que les gens achètent pour aller récupérer la marchandise dans un point relais qui est fermé depuis le début de la crise ? Ce n’est donc pas une alternative. Pareil pour le site de vente des producteurs du Puy, elle n’a eu aucune vente car les gens paient en ligne et ils ont peur de ne pas recevoir leur marchandise. Au-delà de la vente de fromage, c’est la vente du lait qui est en question. «Pour le moment, nous vendons notre lait à Sodial qui le transporte chez Richemont à Brioude mais que se passerait-il si l’usine venait à fermer ou à produire moins ? Dans cette hypothèse, la transformation est la seule alternative, mais "ses caves seront vite pleines et alors que faire de la marchandise ? On est vraiment dans l’incertitude, il faut que l’on puisse vendre sur les marchés ouverts qui à son sens présentent moins de risque pour les clients que l’atmosphère confinée des supermarchés. »
« On met les fromages dans la boite à lettre et on y récupère les sous » 
Certains clients l’ont appelé pour faire de la distribution à domicile. "On met les fromages dans la boite à lettre ou on récupère les sous, mais ce n’est pas la solution miracle non plus. On se débrouille et surtout on prend le maximum de précautions car on est bien conscient des risques. Et enfin pour des personnes les plus isolées, le marché c’est une soupape, l’occasion de sortir pour voir du monde et soulager la pression de la solitude. On se tient à distance et on parle un peu plus fort".
Les marchés c’est important pour la vie économique mais pas seulement.

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