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Altriom va traiter 28 000 tonnes de déchets par an en Haute-Loire

ven 20/06/2014 - 15:17 , Mise à jour le 26/11/2020 à 19:21

Pour les élus, c'est bien plus qu'un soulagement, c'est la solution ambitieuse pour sortir d'une impasse dans laquelle le territoire s'était terré depuis une vingtaine d'années. "On peut soulever des montagnes", s'est réjoui Arnaud Charreyre quand son frère, Fabien, se félicitait de leur "contribution à l"économie circulaire", après avoir souligné : "on ne créé ni rejet, ni pollution, simplement des emplois".
Enfin Mathieu Charreyre complétait cette farandole d'autosatisfaction en parlant de "Révolution", à l'instar du défunt Steve Jobs, ancien patron d'Apple : "nous travaillons depuis plus de 20 ans dans les métiers du tri et il y a eu une prise de conscience collective et salutaire. Cette Révolution, c'est la notre et c'est aussi la votre, avec un centre de tri unique en France et dans le Monde entier".

Altriom met fin au projet de Sita à Cayres-Séneujols
Du côté des élus, Jean-Pierre Vigier comme Lauernt Wauquiez ont exprimé leur soulagement de voir ce projet aboutir. En effet, la société Sita avait annoncé, le 31 mai dernier le retrait de son projet de centre de stockage de déchets sur le site du Petit Ronzet, à Cayres et Séneujols (lire). La raison première ? Altriom rend obsolète ce projet en créant son centre de tri des ordures ménagères non triées au préalable par les usagers.
Le projet de centre de stockage de Cayres avait une capacité « d’accueil » de 40 000 tonnes de déchets. C'était "une verrue pour le territoire", selon le député Vigier. Aménagé sur les 2,3 hectares de la plaine de Bleu, le nouveau centre de tri gérera, à lui seul, les 25 000 tonnes de déchets de son groupement de commande ; 10% de ces 25 000 tonnes ne pourront pas être réutilisés - ils deviendront des déchets ultimes - et devront être enfouis ou incinérés.

Ecologie et économie font toujours bon ménage
Pour assurer son fonctionnement quotidien, une vingtaine d'emplois a été créé par l’entreprise Vacher, ce qui fait passer ses effectifs de 96 à 115 employés. En outre, le marché visé est de 40 millions d'euros sur une durée de 15 ans. Jean-Pierre Vigier a d'ailleurs exprimé sa satisfaction de voir de tels investissements sur le territoire de sa circonscription : "rien que pour la construction du bâtiment, ce sont 14 millions d'euros qui ont été investis, intégralement pour des entreprises locales. C'est un proejt exemplaire pour maintenir de la vie sur nos territoires ruraux".
Persuadé que ce projet sera immité par d'autres territoires (une délégation se rendra prochainement en Chine pour présenter le projet), le député espère que ce centre de tri deviendra "le poumon économique de notre territoire". Quant à son homologue Laurent Wauquiez, il constate : "sur cette question, on était lanterne rouge et on devient pilote. La solution de facilité aurait été de s'adresser à un grand groupe mais on a fait ce pari car on avait confiance en cette entreprise locale. En industrialisant le process, on va trier nos déchets deux fois plus qu'avant. La Haute-Loire mérite d'être audacieuse et innovante".

----Quel bilan carbone ?
Bien qu'écolo, ce bâtiment va tout de même produire une empreinte carbone. Il faudra attendre une année de fonctionnement pour faire un bilan environnemental complet mais "c'est certain qu'avec une solution locale, avec peu de déplacements de camions et un traitement immédiat, on est sur une solution environnementale qui est formidable, puisqu'on réduit notre empreinte écologique de façon très significative sur la question des déchets qui partaient avant à 180 km d'ici", estime Willy Guieau.-----"Ne pas occulter la question de la source et continuer à réduire notre production de déchets"
Quant à Willy Guieau, le vice-président de la communauté d'agglomération du Puy, en charge de la gestion des déchets, il a déclaré : "jusqu'à présent la logique pour traiter les déchets consistait à enfouir ou incinérer. Ici, on a créé une nouvelle voie qui est d'aller récupérer dans la poubelle tout ce qui était valorisable. Il y a beaucoup de matières premières nobles et les élus ont décidé de dire stop à ce gaspillage, on invente une nouvelle façon de traiter nos déchets avec cette solution, Altriom, qui est une première mondiale".
Enfin, le préfet Denis Labbé a observé : "la gestion des déchets, c'est une épine dans le pied de bien des collectivités. Nous avons fait un choix, celui du haut de gamme. Nous aurons une production combustible de récupérée, en Allemagne, 35 % des cimenteries fonctionnent avec cette énergie, en France 2 % seulement, on dispose donc d'une grande marge de manoeuvre mais il ne faut pas non plus occulter la question de la source et continuer à réduire notre production de déchets".

Comment parvenir à une telle performance ?
Pour parvenir à une telle performance, l'objectif est de valoriser 90% des déchets, Altriom a investi dans les technologies de pointe, tout en poursuivant la formation de ses employés. Le bâtiment réception propose la première étape du processus, avec une machine qui permet d'ouvrir les sacs poubelles avant de procéder au tri. D'autres machines permettent ensuite de séparer les déchets organiques, les métaux ferreux et non ferreux, les matières plastiques, le verre, les fibres papetières, les matériaux inertes, et les matières à moyen et haut pouvoir calorifique.
L'unité d'affiange permet de transformer le produit en cours d'élaboration en un compost répondant aux normes de commercialisation NFU 44-051. Pour autant, la population doit continuer de trier ses déchets dans les poubelles appropriées.

>> Voir notre reporatge vidéo ci-dessous :


Reportage : Maxime Pitavy

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