Aide et maintien à domicile : une dernière alerte avant de passer à l'action

mar 06/11/2018 - 18:34 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:55

Force est de constater que ce courrier adressé au Conseil départemental de la Haute-Loire, principal financeur du secteur de l'aide à domicile, est resté lettre morte. Car ce mardi 6 novembre 2018, les représentants de la CGT et quelques salariées de l'aide et du maintien à domicile ne se sont pas retrouvés à l'Hôtel du Département, mais au 4 rue passerelle au Puy-en-Velay, dans les locaux du syndicat, non pas face au président Jean-Pierre Marcon (UDI), mais face à la presse. "Le but est d'alerter les pouvoirs publics et les élus (avec qui nous n'avons pas pu avoir d'entrevue) sur la dégradation des conditions de travail des salariés [...]", réagit secrétaire syndicale CGT des organismes sociaux de la Haute-Loire.
Les conditions de travail
Temps partiel, "le plus souvent subi et imposé", précise Céline Lioutaud ; des heures fractionnées qui empêchent de cumuler cette activité avec un autre emploi, des tâches de plus en plus lourdes physiquement, "qui engendrent des traumatismes squelettiques, sources d'inaptitude au travail et débouchent sur des licenciements. Les filles se brisent le dos parce qu'elles doivent porter des personnes sur des lits non médicalisés. Certaines sont en invalidité à moins de 50 ans", explique la secrétaire générale CGT sous l'approbation des salariées, mimée par des hochements de têtes. Dans certaines associations, il n'est pas rare d'avoir quatre salariés en arrêt par mois. Ce à quoi il faut ajouter, des prestations minutées pour un exercice dans un climat oppressant, des amplitudes horaires non respectées, des changements de planning d'une journée à l'autre, voire même d'une heure à l'autre... Les témoignages de vie au travail recueillis auprès des salariées lors de cette conférence de presse font part d'un certain mal être qui, in fine, se reporterait sur les usagers. 
Un recrutement de plus en plus compliqué
L'image de ce secteur en devient peu attrayante, à tel point qu'il est en perte de vitesse dans le recrutement. Tandis que le ministère des Affaires sociales tente de la revaloriser faisant valoir le potentiel d'embauches du secteur avec ses "300 000 emplois à pourvoir d'ici 2030", en Haute-Loire, le nombre d'employés ne cesse de baisser, soit moins 200 entre 2012 et 2018 d'après les chiffres de la CGT 43.
Des frais kilométriques qui ne bougent pas  

Quant à la revalorisation du salaire, "celle-ci traîne des pieds. Le financement à hauteur du travail accompli n'est pas là."
"Nous irons jusqu'à l'Elysée s'il le faut !"
Toutes ces revendications ne sont pas nouvelles car en 2012 déjà, suite à la réécriture de la convention collective en 2010, les salariés du secteur avaient fait entendre leur colère devant la préfecture de la Haute-Loire. Elles sont portées par la CGT et seront une dernière fois rappelées au Département mais aussi aux employeurs, l'ADMR et l'UNA Haute-Loire avant que... "C'est un début de mobilisation, une alerte. Si on nous oblige à aller vers des actions plus importantes, on ira, on lancera des appels à la grève, on manifestera", intervient Pierre Marsein, secrétaire général de l'Union départementale de la CGT Haute-Loire. Et d'ajouter : "Les employeurs et les financeurs organisent institutionnellement la maltraitance des usagers. Nous les sollicitons pour qu'ils entendent ce qui se passe et qu'ils le fassent remonter au national. Il faut faire évoluer les choses. Nous irons jusqu'à l'Elysée s'il le faut !"
Stéphanie Marin

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