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Agriculture : "Le producteur ne peut plus être une simple variable d'ajustement"

ven 21/08/2015 - 19:29 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:36

"Il faut mettre le producteur à la table des négociations, avec les transformateurs et avec les distributeurs, il ne peut plus être une simple variable d'ajustement", déclarent conjointement les deux élus Les Républicains en préambule.
La clef pour éviter que cette crise ne s'enlise ? "Il faut que les marges soient plus judicieusement réparties entre les trois composantes que sont les producteurs, les distributeurs et les transformateurs", répond spontanément le maire de Lavoûte-Chilhac. Un discours que l'on entend depuis des décennies... "Il faut aujourd'hui y arriver, il faut du courage politique pour l'imposer", rétorque-t-il.

"Le comportement prédateur de la grande distribution"
Les deux élus Les Républicains étaient donc à la rencontre des agriculteurs de Haute-Loire ce vendredi après-midi pour faire un point sur le marasme agricole qui touche la France depuis de longs mois. Accompagnés de l'ensemble des représentants agricoles du département, ils ont visité des exploitations, afin de prêter aux agriculteurs en détresse "l'oreille attentive qu'ils méritent" et "proposer des solutions concrètes".
Ce sont principalement le coût du travail et la compétitivité française qui sont pointés du doigt par les deux élus, mais aussi le problème des normes et l'importance de valoriser les exportations et produits français. Sans oublier "le comportement prédateur de la grande distribution", que dénonce Angélique Delahaye, députée européenne du Massif central-Centre.

"Si on ne fait rien aujourd'hui, l'agriculture française est condamnée"
Les agriculteurs de Haute-Loire ne sont malheureusement pas épargnés par la crise agricole. Certains ont développé des produits de qualité et labellisés, avec des circuits-courts de distribution. Leurs exploitations sont moins touchées par la crise mais demeurent fragiles. Toutefois, nos grandes productions comme le lait subissent la crise de plein fouet. Une exploitation sur deux aurait des problèmes de trésorerie.
"Le catalogue de mesures-pansements du Gouvernement ne va pas au fond du problème", déclare Jean-Pierre Vigier, "il n'est pas à la hauteur de la crise. L'urgence est claire aujourd'hui : créer les conditions de prix rémunérateurs pour nos producteurs dans un contexte européen concurrentiel où les exploitations françaises ne sont plus compétitives". Et Angélique Delahaye d'ajouter : "il y a un manque de courage politique. Si on ne fait rien aujourd'hui, l'agriculture française est condamnée".

  • Angélique Delahaye, députée européenne du Massif central-Centre : Peut-on vraiment faire cohabiter plusieurs modèles agricoles ? Les subventions européennes sont-elles suffisamment bien réparties ou les céréaliers continuent-ils de truster la majorité des aides financières ?

  • Jean-Pierre Vigier, député de la Haute-Loire : quelles solutions préconisez-vous pour sortir de cette crise agricole ?


Maxime Pitavy

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