Agression sexuelle : le tribunal veut plus d'informations

mer 30/09/2015 - 11:33 , Mise à jour le 30/09/2015 à 11:33

La tête baissée et la voix faible, un homme de 40 ans s’est présenté à la barre du tribunal correctionnel du Puy, sans avocat, pour s’expliquer sur une agression sexuelle qu’il aurait commise. Le tribunal a estimé qu'il manquait des éléments pour prononcer un jugement. Un supplément d'information a été demandé, ainsi qu'un examen psychologique de la victime.

Un simple trajet en bus

Une jeune femme, pensionnaire d’un IME (institut médico-éducatif) de la Chaise-Dieu a pris le bus du 30 janvier 2015 pour faire le trajet jusqu'au Puy-en-Velay avec une de ses amies. Assises côte à côte dans le fond du bus, elles remarquent un homme derrière elles. Il engage la conversation et drague la victime en lui touchant les cheveux. L’amie quitte son siège pour téléphoner et l’homme en profite pour prendre sa place. 

« J'arrivais à peine à bouger »

Les choses dérapent. Il touche la poitrine de la victime, déboutonne son pantalon, et aurait même été jusqu'à toucher et lécher ses parties intimes. Elle n’a rien dit pendant les faits. « J’arrivais pas à bouger et presque pas à respirer », se défend-elle. Son amie confirme, dans sa déposition, avoir vu l’homme sur elle alors qu’elle pleurait. Pour lui : rien d’anormal, il a d'ailleurs du mal à comprendre pourquoi la jeune femme a porté plainte. « Je lui ai dit qu’elle avait une jolie poitrine et j’ai demandé si je pouvais toucher. » Dans sa déposition, il dit qu’elle l’a provoqué en demandant de vérifier qu’elle avait un piercing au nombril. Mais la jeune femme n’a qu’un seul piercing : au nez. L’homme s’excuse devant le tribunal même s’il estime qu’il n’y a pas eu d’agression. « Pour vous, si elle n'a rien dit, c'est qu'elle était d'accord ? », demande André-Frédéric Delay, président du tribunal. L'homme acquiesce. Alerté par l'amie, le chauffeur appele la police au Puy-en-Velay.
 
Audience au printemps
L’homme a été soumis à une expertise qui ne donne rien de concret. Convaincu de la véracité des faits, le ministère public a demandé six mois d’emprisonnement et deux ans de sursis mise à l’épreuve pour des actes qu’ « on ne peut pas tolérer ».

Face à des peines importantes, le tribunal a préféré demander un supplément d'information et un examen psychologique de la victime avant de trancher. Une nouvelle audience est fixée le 15 mars 2016.

E.J. 

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