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Agression à Chadrac : l'affaire jugée en septembre

mer 03/08/2016 - 20:52 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:42

Lundi 1er août, un accident de la circulation avait violemment dégénéré à Chadrac. Ce mercredi 3 août, les deux hommes à l’origine des violences ont été présentés au tribunal correctionnel du Puy-en-Velay dans le cadre d’une comparution immédiate. Agresseurs et victimes devront attendre le 5 septembre pour que l’affaire soit jugée.
Un élément manquant
Les deux jeunes hommes de 20 et 23 ans ont fait leur entrée au Palais de justice menottés, t-shirts déchirés, et pour l’un d’eux : une main dans le plâtre. Ces deux habitants de Chadrac n’en sont pas à leur premier passage devant le tribunal. Le plus âgé a été condamné pour des violences dans un établissement scolaire, et deux fois pour vol aggravé. L’autre est actuellement en sursis mise à l’épreuve après un vol, bien que son casier judiciaire soit vierge. Sous curatelle renforcée, celui-ci ne l’aurait pas précisé d’où le renvoi du dossier. « L'OPJ (officier de police judiciaire, ndlr) a bien demandé s’il était sous curatelle, et il a répondu "Non" », s’agace Marie Moschetti, substitut du procureur.
Il agresse un automobiliste âgé
André-Frédéric Delay, le président du tribunal correctionnel est néanmoins revenu sur les faits. Les deux hommes sont respectivement demi-frères. En find 'après-midi lundi, leur chien a traversé le boulevard de la Petite Mer à Chadrac, occasionnant le freinage brusque d’un automobiliste. Celui-ci s’est fait percuter par la voiture qui le suivait. Les deux conducteurs ont alors demandé aux jeunes gens de participer au constat, leur chien étant à l’origine de l’accident. Refusant de coopérer et alcoolisés, ils se sont énervés. L’homme de 20 ans a commencé à frapper un conducteur plutôt âgé. Celui-ci a voulu se réfugier chez son fils, habitant à proximité. Une centaine de mètres plus loin, son fils serait alors sorti pour le défendre avec un manche à balai. Celui-ci a été retrouvé brisé en deux. Les deux agresseurs parlent également d’une poutre de bois.
Un comportement "intolérable"
Une brigade de gendarmerie passant par là s’est arrêté en apercevant la scène de violence. Les deux militaires ont immédiatement prévenu la Police, compétente sur la commune de Chadrac. Ayant été menacés de mort, ils sont venus à l’audience ce mercredi. « On était très content de voir arriver les collègues policiers », avoue l’un d’eux. Il aura bien fallu deux équipages de police pour réussir à "calmer" les deux jeunes hommes et les amener jusqu’au commissariat. Passablement énervés, les mis en cause ne se sont pas laissés faire. Un comportement qualifié d’ « intolérable » par Marie Moschetti. Concernant l’ainé, propriétaire du chien, elle précise : « Il monte vite dans les tours. (…) Il menace les victimes quand il les croise au commissariat ».
Ce même individu ne semble pas apprécier les propos tenus à son encontre. Désireux de changer la version des faits, il entame un récit avant de se faire stopper sèchement par le président Delay : « Ce n’est pas du tout ce qui ressort de la procédure ».
"Sur place, la priorité, c’était de les maîtriser"
Me Laffont, avocate de la défense a demandé un complément d’information pour avoir un plan détaillé des lieux ainsi que l’audition des deux militaires. Seule la première partie de sa requête a été acceptée et les gendarmes seront seulement entendus lors de l’audience du 5 septembre. L’avocate a profité de son temps de parole pour regretter qu’aucune photo n’ait été prise à l’arrivée de ses clients au commissariat et qu’aucun prévélement n’ait été fait sur le lieu de l’agression. Ce à quoi Marie Moschetti a répondu : « On aurait voulu des photos mais ils étaient tellement hystériques que ça n’a pas été possible. (…) Sur place, la priorité c’était de les maîtriser ». Elle ajoute à l’encontre de l’ainé : « Je pense que c’est en tapant dans les murs de la cellule de dégrisement qu’il s’est cassé la main ».

Une expertise psychiatrique a été ordonnée pour le plus jeune. Il restera en prison jusqu’au 5 septembre alors que son demi-frère a été placé sous contrôle judiciaire avec l’interdiction totale d’entrer en contact avec les victimes.

Emma Jouve

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