Affaire du niqab : l'Espaviot comptait-il se venger sur les policiers ?

lun 23/02/2015 - 13:29 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:33

Ce jeune espaviot de 21 ans aura fait parler de lui en ce début d'année 2015. Le vendredi 30 janvier 2015, la police est intervenue au centre commercial de Vals-près-le-Puy pour interpeller une femme porteuse d'un niqab. Son mari se serait insurgé, proférant insultes et menaces de mort envers les gardiens de la paix.
Il était alors poursuivi par le tribunal correctionnel du Puy pour les délits de menaces et outrages sur personnes dépositaires de l'autorité publique et provocation à la rébellion. Notons que ces faits d'outrages avaient été commis en état de récidive légale.

Les délits se multiplient
Début février, ce jeune homme était de nouveau dans le collimateur de la Justice : interpellé à Saint-Etienne et en compagnie de son épouse, il avait cette fois manifesté son opinion très favorable quant aux attentats parisiens du 7 janvier dernier. Il s'agit donc du délit d'apologie d'un acte de terrorisme passible de cinq ans de prison et d'une amende de 75 000 euros. Le parquet de la Loire s'était dessaisi de cette affaire au profit de son homologue altiligérien.
Enfin, le mercredi 18 février, sa femme, âgée de 22 ans, a déposé plainte pour des violences (coups et étranglement) qu'il lui aurait infligées ce mercredi 18 février et qui lui valent huit jours d'ITT (incapacité totale de travail). Elle dit être victime des coups de son mari depuis septembre 2014, date de leur union. 

----Le 30 octobre 2013, à Grenoble, il avait déjà commis un délit de fuite et un outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique. Puis le 18 mai 2014, il récidive et se trouve condamné, en compagnie d'un autre prévenu, à une peine de quatre mois de prison ferme pour violences et outrages (déjà en récidive) sur une personne dépositaire de l'autorité publique.-----Une peine de prison ferme toujours pas exécutée
Le jeune homme avait alors fait l'objet d'un mandat de recherche jeudi matin, avant d'être interpellé quelques heures plus tard à Vizille (Isère) par les forces de gendarmerie. Il a alors été placé en garde à vue et vendredi après-midi, il a été présenté au JLD (juge des libertés et de la détention) pour statuer sur son sort en attendant le jugement dans le cadre d'une comparution immédiate ce lundi 23 février au tribunal correctionnel du Puy-en-Velay. Le magistrat décide d'un contrôle judiciaire.
Mais au dernier moment, le parquet du Puy met la main sur un jugement du 3 juillet 2014 du Tribunal Correctionnel de Grenoble, accompagné d'un extrait pour écrou, qui condamne le jeune homme à quatre mois de prison ferme. Il ne s'était pas présenté à l'audience et avait aussitôt déménagé en Haute-Loire : il n'avait donc pas été informé par un huissier de cet avis.

Sa femme sera jugée par le tribunal de police
C'est désormais chose faite et le jeune homme a été conduit vendredi à la maison d'arrêt du Puy pour y purger une peine de quatre mois ferme. La comparution immédiate ne revêt plus un caractère d'urgence et il sera donc jugé le 17 mars 2015 à 14h par le tribunal correctionnel du Puy pour l'ensemble des faits.
Sa femme, quant à elle, devra rendre des comptes le 23 mars prochain à 14h, devant le tribunal de police du Puy, pour le port du niqab dans un espace public, conformément à la loi du 11 octobre 2010. Il s'agit d'une contravention de 2ème classe (150 euros maximum), donc non punie d'une peine d'emprisonnement.

Un projet de vengeance ?
Lors d'une perquisition au domicile du couple sur la commune d'Espaly-Saint-Marcel, les policiers ont trouvé un papier sur lequel étaient écrits les noms et adresses des policiers l'ayant contrôlé et entendu à Vals-près-le-Puy en janvier. Il aurait trouvé les adresses par Internet. Le jeune homme de 21 ans dit avoir cherché les coordonnées pour s'excuser. Le Parquet reste néanmoins sceptique, d'une part parce que les excuses sont relativement rares et d'autre part parce que " ça ne correspond pas au personnage qui a déjà été condamné pour outrage et qui ne s'est jamais excusé. "

Maxime Pitavy

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