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Adrien Gouteyron s’est éteint cette nuit

jeu 27/08/2020 - 13:54 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:07

L’ancien sénateur de la Haute-Loire et maire de Rosières Adrien Gouteyron nous a quittés dans la nuit de mercredi 26 à jeudi 27 août 2020. Né à Rosières le 13 mars 1933, ce fils de commerçants bouchers du bourg de Rosières aura marqué le département.
Ses études

Adrien Gouteyron a fait ses études au pensionnat de Notre Dame de France au Puy-en-Velay. Il a ensuite été au lycée du parc à Lyon et à la faculté des lettres d’Aix-en-Provence. A 25 ans, il a reçu l’agrégation de lettres, et commence une carrière de professeur de lycée dans l’éducation nationale à Barcelonnette, à Armentières, à Roanne et au Puy-en-Velay. En 1966, il devient inspecteur de l’académie. Il participe à partir de 1971 aux cabinets ministériels de plusieurs ministres de l’éducation nationale et en 1975 est nommé par le ministre René Haby inspecteur général de l’instruction publique et parallèlement directeur d’administration centrale.
Sa vie politique
En parallèle, il commence une carrière politique dès les années 1960, tout d’abord en Haute-Loire par un mandat de conseiller municipal du Puy-en-Velay, ensuite comme conseiller général de Vorey-sur-Arzon en 1973. Dès 1976, il devient vice-président du Conseil général et le restera jusqu’en 2008. Le 11 juin 1978, il remporte l’élection sénatoriale partielle à la suite de la démission de Jean Proriol. Il sera réélu en 1983, 1992 et 2001. En 2011, il ne se représentera pas.
Le 3 octobre 2001, Adrien Gouteyron est nommé vice-président du Sénat.
En 1989, Adrien Gouteyron devient maire de Rosières, sa commune natale, mais poursuit également sa carrière politique au niveau nationale. Michèle Alliot Marie, présidente du RPR, le nomme secrétaire général du parti gaulliste. Il occupe cette fonction de 1999 à 2001. En 2002, il rejoint le nouveau mouvement UMP, mais déclare en 2012 : « J’étais parmi ceux réservés quant à ce que pouvait apporter l’UMP. Et je remarque qu’à l’époque de l’UDF, le RPR et la Démocratie libérale, la situation n’était pas plus cacophonique qu’aujourd’hui ».
L’Emblavez et son bourg natal
De nombreux habitants de Rosières le décrivent comme un maire visionnaire, avec plein de projets pour sa commune mais également pour tout l’Emblavez, « le maire de tous, toujours prêt à répondre à l’appel de ses administrés, actif au niveau sportif, culturel, et touristique ». Parmi ses accomplissements : un pôle santé pluriprofessionnel, l’installation d’entreprises industrielles et un grand projet lui tenait particulièrement à cœur : « la mise en valeur du ravin de Corboeuf par la création d’un belvédère surplombant ce site touristique ». Un vaste parking y  a été adjoint avec un accès par la gare de Rosières.
W.D.

Témoignages
Gérard Roche, ex-sénateur de la Haute-Loire (centriste)
« Un homme très droit, apprécié même par ses adversaires politiques ». C’est ainsi qu’Adrien Gouteyron est décrit par Gérard Roche, qui lui a succédé au Sénat en 2011. « Il avait une image très très positive au Sénat, confie-t-il encore ému ce jeudi matin, en tant que vice-président du Sénat, il présidait régulièrement des séances, il était président de la commission des affaires culturelles, son aide m’avait été précieuse au moment du passage de relais. » Bien que les deux hommes aient été de sensibilité politique différente – Adrien Gouteyron étant gaulliste et Gérard Roche centriste – ils avaient des conversations « très positives, calmes et enrichissantes ». « On était plutôt complices, glisse l’ancien président du Conseil général, je le tenais en très haute estime pour sa rigueur intellectuelle, sa culture générale, son amour de la Haute-Loire et de sa commune Rosières… c’était un grand serviteur de l’État. » Et d’ajouter : « En ces temps on l’on discrédite beaucoup la politique, il nous manquera. » Quant à l’état de santé de l’ex-maire de Rosières, Gérard Roche, médecin de profession, ne trahira pas le secret médical. Tout juste indiquera-t-il qu’il avait trouvé Adrien Gouteyron fatigué la dernière fois qu’il l’a vu, il y a un peu plus d’une semaine : « Nous avons mangé ensemble avec nos épouses mais jamais je n’aurais pensé qu’il s’en irait si soudainement ».

Jean-Pierre Vigier, député de la Haute-Loire (LR)
« Figure emblématique de notre territoire, Adrien Gouteyron aura marqué notre département par son dévouement exemplaire auprès de la population. Gaulliste et humaniste convaincu, il a défendu avec vigueur les dossiers de la Haute-Loire à Paris. Concrètement, il a ainsi contribué au renforcement de l’attractivité de sa commune et du département, avec notamment l’installation de plusieurs entreprises dans notre territoire. Adrien GOUTEYRON était un homme politique enraciné, de proximité, qui ne perdait jamais de vue ses convictions et le souci du bien commun. Il incarnait à lui seul ce qu’est l’esprit de la Haute-Loire. C’est la raison pour laquelle les habitants de Rosières, et plus largement la population altiligérienne éprouvaient à son égard un sentiment sincère de sympathie et de gratitude. Jean-Pierre VIGIER tient à adresser à sa famille et à ses proches ses plus sincères condoléances. »

Cécile Gallien, Vice-Présidente de l’AMF, Conseillère départementale, maire de Vorey-sur-Arzon (LaRem)
« Je suis triste d’apprendre le décès d’Adrien Gouteyron. J’ai eu la chance et la joie de travailler à ses côtés durant plus de 10 ans. Il fût un ardant défenseur de l’Emblavez et de la République. Mes plus sincères condoléances à sa famille ».

Jean-Pierre Marcon Président du Département de la Haute-Loire
« C’est avec une émotion certaine que j’évoque la grande figure que fut Adrien Gouteyron. Je veux aussi exprimer la tristesse du Conseil départemental, qui voit partir un de ses anciens élus. Adrien Gouteyron était un homme d’engagement et de services, avec la palette complète de l’homme politique : une grande droiture ; un engagement local indéfectible : maire de Rosières durant des décennies, il portera ce mandat presque jusqu’à son dernier moment ; un engagement départemental fort, que je partageais avec lui. Longtemps conseiller général du canton de Vorey, il fut 1 er vice-président de l’Assemblée départementale en charge de la culture et de l’enseignement, une fonction qui convenait si bien à cet agrégé de lettres. Il aura aussi été conseiller régional d’Auvergne.
Son très fort attachement à la Haute-Loire ne s’est jamais atténué, même durant toutes les années où il porta un engagement national, dans les fonctions les plus éminentes. Au service de l’Éducation nationale : membre des cabinets de trois ministres successifs de l’Éducation, il devint inspecteur général de l’Instruction publique et directeur d’administration centrale. Il fut, en 1975, le rapporteur de la loi portant sur le Collège unique. En ces jours de rentrée scolaire, il est peu de dire que les collèges actuels lui doivent beaucoup ! Longtemps sénateur de la Haute-Loire, ce spécialiste de l’éducation et de la culture présida la commission Culture, et devint Vice-président du Sénat.
Je n’oublie pas d’évoquer son engagement dans les affaires étrangères, et auprès des chrétiens du Liban. Adrien Gouteyron était aussi l’homme d’un engagement politique, dans une grande fidélité au général De Gaulle, il fut plusieurs années secrétaire général du RPR. Je pense aujourd’hui à sa famille, aux habitants de Rosières pour qui il fit tant, et je salue son action au service de la Haute-Loire et des Altiligériens ».

Jean Proriol, président de l’association des maires et des présidents d'intercommunalité de Haute-Loire, ancien sénateur, député et maire de Beauzac
« Je perds un ami, un élu de grande qualité au service de tous, un véritable humaniste. Il a œuvré pour la Haute-Loire et pour sa chère commune de Rosières dont il fut maire pendant 31 ans, introduisant l’industrie et des équipements de santé essentiels. Nous avons fait connaissance en 1947 sur les bancs du pensionnat Notre-Dame de France au Puy avant de nous retrouver en 1973 au Conseil Général de la Haute-Loire.
Dès lors, Adrien et moi avons travaillé côte à côte, main dans la main, au service de la Haute-Loire et de l’Auvergne pendant presque 50 ans. Adrien était un homme de grande fidélité à ses idées avec un attachement profond et continu au Gaullisme. Cependant, il a toujours eu à cœur de rechercher l’union entre les différentes formations politiques. Il écrivait : « Plus c’est difficile, et plus c’est nécessaire. »
Son activité au Sénat, en tant que vice-président est connue et appréciée de tous les groupes politiques. Son rapport sur le rayonnement culturel et la promotion de la culture française à l’étranger est encore la base de l’action de l’État. On reconnaît bien là l’engagement de l’agrégé de lettres, qui a gravi tous les échelons de l’éducation nationale jusqu’à devenir Inspecteur général.
On rappellera également sa mission sur la situation des chrétiens dans les pays du Moyen et Proche-Orient. J’adresse à toute sa famille mes plus sincères condoléances en les assurant de mon amitié pour Adrien. »

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