Acte V du mouvement lycéen : satisfaits des annonces du ministre ?

Par HUl , Mise à jour le 13/10/2026 à 12:45

Temps de lecture : 3 minutes

Ce mardi 13 octobre, la mobilisation lycéenne a connu un Ve acte au Puy. Réunis place Cadelade à 10 h 30, lycéens de Haute-Loire, dont certains venus de Brioude et de Monistrol-sur-Loire, et cinq organisations syndicales ont lancé un cortège. Après l'annonce du ministre de l’Éducation d'un « plan d’urgence », quelles réactions et quel avenir pour le mouvement ?

Vidéo en fin d'article.

Au-delà des revendications, une question demeure : les annonces gouvernementales seront-elles à la hauteur ? Sur la place Cadelade, avant le départ du cortège, plus d'une centaine de lycéens et syndicalistes ont affiché leur détermination et leur méfiance face aux réponses apportées jusqu’ici. Les traditionnelles pancartes se sont mêlés aux drapeaux de LFI, du PCF et de syndicats. Avant le départ, l'ambiance était au rendez-vous.

En effet, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé un « plan d’urgence », prévoyant notamment le renfort de professeurs remplaçants et des recrutements, entre autres.

« On va les choquer »

Pour ces trois lycéens venus spécialement de Brioude, le constat est sans appel. « L’État gère assez mal ses budgets scolaires », résument-ils, réclamant « 10 milliards d’euros pour l’Éducation nationale ».

À l’issue d’une rencontre avec les syndicats lycéens, jeudi 8 octobre, le ministre a annoncé un « plan d’urgence », comprenant notamment 3 000 professeurs remplaçants dans les lycées classés « rouges » et « oranges », 1 000 recrutements de contractuels et 300 postes médico-sociaux.

Des mesures qui peinent à convaincre. « Il veut mobiliser 3 000 profs, mais il va les sortir d’où ? », interrogent les jeunes, pointant les plus de 1 500 suppressions de postes prévues dans le projet de budget 2027. « Il y a quand même assez de contradictions dans ce qu’ils disent. »

À l’approche des vacances scolaires, l’avenir du mouvement reste suspendu aux prochaines annonces gouvernementales, attendues fin octobre. « On va voir ce qu’ils vont nous annoncer, et on avisera », préviennent-ils. Avant de lancer : « On va les choquer. »

De nombreux syndicats étaient présents
De nombreux syndicats étaient présents Photo par Louis et Lilia

« Bon courage au ministre »

Présents aux côtés des jeunes, Hélène Folcher, professeure au lycée de Monistrol-sur-Loire, et Jordi Cassan, enseignant en collège à Saugues et Langeac, tous deux co-secrétaires de la CGT Éduc’action 43, défendent une mobilisation nécessaire : « Ils demandent à ce qu’on mette des moyens dans une école qui est l’une des écoles les plus inégalitaires d’Europe aujourd’hui. »

Les annonces ministérielles ne les rassurent pas davantage. « C’est un enfumage, les 3 000 professeurs, s’ils étaient disponibles, on l’aurait su », dénoncent-ils. Ils pointent également « un grand mépris de la part d’un ministre dont la première réaction a été d’envoyer la police et la gendarmerie ».

Pour les deux syndicalistes, les prochaines échéances, notamment les mobilisations des 17 octobre et 5 novembre, doivent permettre de maintenir la pression. « Il est clair que le mouvement n’est pas terminé. […] Bon courage au ministre, nous serons toujours aux côtés des jeunes pour nous battre pour leurs droits. »

 

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