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Accident mortel de Pradelles : un concours de circonstances ?

mar 09/02/2016 - 19:36 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:39

Une femme de 76 ans et un homme de 78, tout deux originaires de l’Ardèche, avaient perdu la vie dans un tragique accident de la circulation le 12 mars 2015 au niveau du col de Rayol à Pradelles. A bord de leur BMW, ils circulaient sur la RN 88 Sud en direction de la Lozère. Un fourgon transportant des animaux était venu les percuter de plein fouet. C’est une « affaire terrible par les conséquences » comme l’a souligné André-Frédéric Delay, président du tribunal correctionnel du Puy-en-Velay.
« C’est arrivé tellement vite »
Le couple se rendait à Notre Dame des Neiges pour « faire des emplettes ». En face, le professionnel dans le transport d’animaux, lui, avait des difficultés avec le cheval et la mule qu’il avait à l'arrière du véhicule. « Les animaux bougeaient tout le long du col » de Rayol, témoigne-t-il à la barre. En costume, l’homme explique : « Dans le virage, je n’ai pas voulu faire de manoeuvre brusque pour ne pas affoler encore plus les animaux ». Le véhicule a chevauché la ligne blanche pour venir percuter le véhicule de tourisme. Le transporteur d’animaux était également au téléphone par Bluetooth, système encore autorisé au moment des faits. « C’est arrivé tellement vite, je n’ai aucunement eu le temps de réagir », tente d’expliquer le quadragénaire. Le couple avait deux enfants ainsi que des petits-enfants et une arrière-petite-fille. « Ils étaient en bonne santé. Ils profitaient pleinement de leur retraite », appuie l’avocate des parties civiles.
Problèmes de fautes ou de circonstances ?
Les règles de sécurité ont été passées au peigne fin par le procureur de la République, Jacques Louvier. Les pauses sont obligatoires tous les 200 km. La dernière avait eu lieu à Aubenas, lieu où le conducteur avait récupéré une mule. L’avocate de la défense insiste : « Il n’y a pas d’accumulation de fautes, mais une accumulation de circonstances » en précisant que l’homme faisait plus de 180 000 km par an. Le véhicule de transport avait été acheté neuf cinq mois auparavant.

Le ministère public a requis une amende de 200 €, six mois d’emprisonnement avec sursis ainsi qu’une suspension de permis de six mois également. L’avocate de la défense a, quant à elle, demandé qu’il n’y ait pas de conséquences sur la détention du permis. « Il travaille seul », a-t-elle argumenté. Il faudra attendre le 23 février pour que le tribunal rende sa décision.

Emma Jouve

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