Absentéisme : à chacun sa galette à l'hôpital Sainte-Marie du Puy

mer 24/01/2018 - 12:18 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:50

Les mobilisations syndicales se succèdent devant les grilles de l'hôpital Sainte-Marie au Puy-en-Velay et ses 1 000 salariés ces derniers mois. 
On avait d'abord vu environ 120 personnels de l'hôpital Ste-Marie les blouses tâchées de sang pour dénoncer une violence galopante au sein de l'institution en septembre dernier, puis c'est pour dénoncer une chasse à l'absentéisme que les syndicats s'étaient de nouveau mobilisés en novembre dernier.
Ce lundi 22 janvier, à l'appel de l'intersyndicale, les salariés de l'établissement étaient invités à boycotter la cérémonie des voeux du directeur général et ils ont improvisé leur propre cérémonie - galette à l'appui - sur le parking de l'hôpital.

----Le détail de cette prime
Le protocole de sortie de crise a permis aux salariés d'obtenir un minimum de 30 jours d'absence par an avant un abattement de la prime (contre six auparavant, selon la convention collective), et cette prime ne peut descendre au-dessous de 1 000 € brut pour chaque salarié, quelle qu'ait été son assiduité.-----Un protocole de sortie de crise qui s'enracine
Finalement, début décembre, ce sont des centaines de salariés qui se sont rendus à Chamalières, au siège de l'association. Ils ont envahi la salle. S'en sont suivies 4 heures de face à face avec la Direction. Un compromis a été trouvé en fin d'après-midi pour débloquer la situation. Ce protocole de sortie de crise devait servir - espéraient les syndicats - de base pour de nouvelles négociations mais la direction générale a décidé d'en rester là.
"À notre stupeur à tous, la Direction Générale a refusé en bloc toutes nos propositions, c'est du mépris", tonnent les syndicats. Cet accord doit être signé avant fin janvier (sinon, il faudra revenir à l'accord conventionnel, "bien plus restrictif encore"), et il courra jusqu'à janvier 2019, date à laquelle la prime d'assiduité pourrait être rabotée auprès des salariés.

Peut-on pénaliser la maladie ?
Bernard Carlier est le délégué syndical CGT et le représentant syndical au CHSCT et au CE. Au cœur des négociations : la prime décentralisée, qui vise à un abattement de la prime au bout de 30 jours d'arrêt maladie par an. Pour vous, pénaliser la maladie est scandaleux ? C'est une façon de monter les salariés les uns contre les autres ? L'absentéisme est selon vous lié à la dégradation des conditions de travail ?

Un cabinet mandaté pour chiffrer l'absentéisme
La direction va mettre en place une étude sur l'absentéisme au sein des hôpitaux de l'association Sainte-Marie, en passant par un cabinet. "Une étude bien évidemment payante", s'étranglent les syndicats, et la direction a déjà fait un audit : c'est elle qui va choisir le cabinet, ce qui laisse perplexe les syndicats quant à l'exactitude des résultats. "C'est eux qui vont payer le cabinet donc on peut penser qu'ils vont chercher les conclusions que le client a envie d'entendre", insinue le délégué syndical CGT.
"C'est un engagement unilatéral afin d'analyser les causes profondes de l'absentéisme", répond la direction. Le résultat de cette étude devrait être au coeur des négociations l'an prochain lorsqu'il sera question de renégocier la prime, alors que les syndicats estiment que la première cause des arrêts maladie, c'est la dégradation des conditions de travail au sein des hôpitaux de l'association. 

Le taux d'absentéisme a grimpé de 1,5 point pour atteindre environ 9 % en 2017
Le directeur général ne pouvant pas nous répondre, c'est la DRH (directrice des ressources humaines) du groupe Catherine Bouigard qui a justifié cette mesure : "nous voulons conserver cet abattement pour enrayer la montée de l'absentéisme constatée dans nos hôpitaux ces dernières années".
Entre 2016 et 2017, le taux d'absentéisme a grimpé de 1,5 point pour atteindre environ 9 % sur l'ensemble des hôpitaux du groupe, "avec de grosses variations selon les établissements".

"Ce sont les absences imprévues qui nuisent au bon fonctionnement du service, avec des arrêts répétitifs et de courte durée"
Quant à la question de monter les salariés les uns contre les autres, Catherine Bouigard s'en défend : "il faut responsabiliser les personnels, ce sont les absences imprévues qui nuisent au bon fonctionnement du service, avec des arrêts répétitifs et de courte durée".
Ayant rappelé qu'il n'y a pas de jour de carence, elle souligne que les congés maternité ne sont pas concernés par l'abattement et qu'en cas d'hospitalisation par exemple, les 50 premiers jours ne sont pas comptabilisés. "L'abattement est enclenché au bout de 30 jours d'absence dans l'année, ce qui n'est pas rien tout de même, et il faut une absence de 47 jours par an pour arriver au seuil des 1000 € brut", conclut-elle.

Maxime Pitavy

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