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340 motos réunies contre la réserve naturelle de la Haute Vallée de la Loire

mar 23/02/2016 - 10:04 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:39

Plus de 300 motards, depuis une douzaine de départements, ont participé le dimanche 21 février 2016 à la deuxième rando enduro organisée par l'association « NON à la réserve naturelle régionale de la Haute vallée de la Loire ».

Cette association lutte depuis plus de deux ans contre la création d’une réserve naturelle régionale sur la haute vallée de la Loire, qui irait, en gros, de la zone de Solignac-sur-Loire à Goudet. La rédaction de Zoomdici y a déjà consacré plusieurs articles, le plus complet (et qui reprend toutes les modalités du classement) est à lire ici. Agriculture, chasse et moto sont effectivement au coeur du conflit.

La moto bannie de la réserve ?
"Ce projet aurait pour conséquence, entre autres, d’interdire la pratique de l’enduro sur le périmètre de la réserve", dénonce l'association dans un communiqué et afin de justifier la présence des 340 enduristes qui se sont réunis pour réaliser une rando loisirs ce dimanche 21 février. 
Un propos à nuancer toutefois puisque l'association SOS Loire Vivante, par son Président Roberto Epplé, ainsi que le vice-président du Conseil régional de l'époque, Christian Bouchardy, s'accordaient à dire (en substance) en janvier 2014 : "il faut faire un inventaire des lieux où c'est autorisé et des lieux où c'est interdit. On reste ouvert à la discussion, il n'y a pas de dogme sur cette question. On peut créer un sentier de découverte moto, il y a la place pour le faire ailleurs mais il faut aussi des lieux sacralisés". 

Un tracé revu à deux jours de la randonnée
Cette journée du 21 février, agrémentée d’un magnifique soleil, "a été une vraie réussite" selon l'association et pourtant, ça n’a pas été chose facile : "quelques jours avant la rando, certaines mairies peu tolérantes ont pris des arrêtés visant à interdire les motos sur les chemins de leurs communes le jour de la manifestation", dénonce l'association, qui a donc été contrainte de revoir totalement le tracé à moins de deux jours de la randonnée... Malgré tout, les participants ont pu se régaler sur les deux boucles de 50 kilomètres permettant d’apprécier le paysage et la qualité technique des chemins altiligériens. 

"Un sport ne demande aucune subvention publique"
"Avec 340 motos enregistrées et plus de 400 repas servis, nous ne pouvons être que satisfaits de cette journée", se félicite le président de l'association Grégory Bonnaud, "surtout qu’en venant de 13 départements différents, de nombreux participants n’ont pas hésité à se déplacer de loin. Cela démontre une nouvelle fois que ce sport, qui ne demande aucune subvention publique, est pratiqué par de nombreux passionné de tout âge".
Une trentaine de bénévoles, plus de 400 participants... entre les repas, les nuits d'hébergements, les pièces de motos et tout ce que l'organisation de la rando a nécessité, "cette manifestation a fait du bien à l'économie locale et a généré du plus à gagner chez nos commerçants, cela représente un réel enjeu économique alors que ce sport ne demande, lui, aucun investissement financier", conclut le Président Grégory Bonnaud.

Quelques liens utiles sur ce sujet
Tout ne coule pas de source pour classer la Haute Vallée de la Loire (27/01/2014)
L'opposition à la réserve naturelle de la Haute Vallée de la Loire se fait entendre (08/10/2014) 
Bonnefont : un chemin à la base d'un conflit entre associations (01/04/2015)
* Rond-point des Fangeas : un panneau saccagé (04/05/2015)
Haute vallée de la Loire : le FN dit non à la réserve naturelle (02/10/2015) 

Pour aller plus loin : un rappel des grandes lignes du projet
Suite à l'affaire du barrage de Serre de La Fare, l'Etablissement Public Loire (EPL) a acquis 350 hectares de foncier sur cette zone depuis de nombreuses années. En janvier 2013, un premier dossier de candidature avait été déposé par l'EPL auprès du Conseil Régional pour classer le site en Réserve Naturelle Régionale (RNR). La Région a donné son accord pour avancer dans le projet et a même financé, à hauteur de 25 000 €, le travail d'études et de concertation avec les acteurs locaux. 
Il existe en France environ 120 Réserves Naturelles Régionales et chacune fonctionne très différemment. En principe, à chaque fois, les divers acteurs du territoire sont sollicités et le plan de gestion s'élabore en concertation. Le classement de la zone est également lié à un autre projet, beaucoup plus large, celui d'une réserve biosphère estampillée Unesco qui s'étendrait du Puy-en-Velay jusqu'aux sources de la Loire. De nombreuses craintes accompagnent ce projet et SOS Loire Vivante a publié un document de 10 réponses aux questions les plus souvent posées sur ce sujet.

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