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Rue Pannessac au Puy : l'aménagement de locaux commerciaux fait débat

Date : 15/10/2019 | Mise à jour : 16/10/2019 08:51
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La délibération était le 22e point à l’ordre du jour du conseil municipal du Puy-en-Velay, réuni ce mardi 15 octobre 2019. Les élus devaient se prononcer sur une opération d’aménagement de l’ensemble commercial situé 64, 66 et 68 rue Pannessac, pour un montant prévisionnel de 180 000 € TTC (frais d’études et de maîtrise d’œuvre compris).

La rue Pannessac compte plusieurs dizaines de locaux commerciaux. Si la grande majorité des vitrines sont éclairées, cette rue a connu des heures un peu plus sombres. Marielle Barbier, gérante du Comptoir Français, s’en souvient. Elle y avait installé sa boutique le 1er juin 2012 au numéro 60, avant de déménager toujours dans cette même rue, le 1er mai 2018, au numéro 35, dans un local plus proche de la place du Plot et surtout d'une surface plus importante. « Avant le déménagement, face à nous, il n’y avait personne, c’était vraiment triste. Les gens ne venaient pas jusqu’à nous, ils n’allaient pas plus loin que la rue du Consulat », expliquait-elle ce mardi en début d'après-midi. Mais depuis deux ans, la commerçante observe une redynamisation de l’activité commerciale avec de nouveaux arrivants comme la Cave Marcon ou encore et entre autres Au dé café inné.

Un constat partagé par Stéphanie Col et qui conforte les actions menées tout au long de l’année par l’association des commerçants, L’Echoppe de Pannessac, dont elle est la présidente. « Il y a de moins en moins de commerces fermés », se satisfait-elle, contactée par téléphone juste avant le Conseil municipal. Une bonne nouvelle dans une ville où le taux de vacance commerciale est de 14%, selon les chiffres présentés dans le Plan Local d'Urbanisme (dossier également soumis au vote ce mardi 15 octobre).   

Voter un projet déjà engagé

Mais une poignée de locaux sont encore vacants, parmi lesquels l’ensemble commercial situé en rez-de-chaussée, proche de l’intersection de la rue Grangevieille. L’enseigne Bimba occupait autrefois cet espace aujourd'hui en chantier (réalisation des équipements réglementaires tels que le plafond coupe-feu et la réhabilitation des sols et murs, etc). Une opération lancée à l'initiative de la Ville du Puy dans le cadre du programme de revitalisation commerciale et de développement du centre-ville -- se substituant à la SAS Carrefour -- pour un montant prévisionnel de 180 000€ TTC. L’objectif étant de mettre à disposition un ensemble commercial clé en main. Premier point de discorde soulevé par Laurent Johanny, conseiller municipal de l'opposition : les élus devaient voter ce mardi une délibération portant sur l'autorisation d'un chantier qui a déjà démarré, et ce depuis le lundi 7 octobre de l'aveu d'Yves Devèze, adjoint au maire du Puy en charge du commerce. "Vous respectez bien peu ce Conseil municipal", a commenté Laurent Johanny.

Un Carrefour s'en va, un autre arrive

L'urgence de la situation aurait justifié l'anticipation. Car dans cet espace en chantier, grand de 405m², ouvrira dès la mi-décembre, un magasin de proximité de l'enseigne Carrefour, tandis que le Carrefour Express, situé non loin de là fermera ses portes pour que puisse débuter le projet de réhabilitation du Marché Couvert. Il ne s'agit pas d'un déménagement, mais d'une création avec à la tête de ce nouveau magasin de distribution alimentaire, un nouveau gérant. 

>> A lire : Marché couvert du Puy : donnez votre avis

La rumeur de cette nouvelle arrivée courait déjà depuis quelques jours, de pas de porte en pas de porte, le long de la rue Pannessac. « C’est une très bonne chose. Les commerces de bouche drainent du monde, apportent du dynamisme. Et cela permettra de diversifier encore l'offre commerciale », se réjouit Stéphanie Col.

« On ne peut pas se coucher devant Carrefour »

Sans pour autant remettre en cause l'engagement de la Ville pour le maintien d'une attractivité commerciale en centre-ville, Laurent Johanny n’admet pas que « l’argent public puisse abonder une société comme Carrefour », rappelant le plan de restructuration présenté au mois de mai dernier par le géant de la grande distribution et qui prévoit jusqu'à 3 000 départs au plan national. Et Yves Devèze de répondre : « les 180 000€ représentent 36% de l’investissement de Carrefour -- le reste à charge est de 350 000€, Ndlr -- qui a tout à recréer. Si nous ne l’avions pas fait, l’enseigne serait partie. » Le maire, Michel Chapuis, n'a d'ailleurs pas hésité à féliciter son adjoint pour « ce combat qu'il a mené ».

Comme l'ensemble des élus de l'opposition, l'argument n’a pas convaincu Laurent Johanny : « on ne peut pas se coucher devant Carrefour ! Une collectivité a-t-elle pour vocation d'investir à la place d'une multinationale qui distribue des centaines de millions d'euros à ses actionnaires ? Ce n'est pas notre conception du soutien au commerce local. Dans cette rue, de nombreux indépendants ont investi seuls, et se battent tous les jours pour faire vivre leur commerce. »
Le conseiller municipal d'opposition a voté contre la délibération portant sur l’opération d'aménagement de l’ensemble commercial de la rue Pannessac, de même que Didier Allibert. Catherine Granier-Chevassus et Françoise Gauthier-Willems se sont quant à elles abstenues.

Stéphanie Marin

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img_journalisteCB le 23 octobre 2019 - 12h04
Carrefour s'est gavé des millions d'euros du CICE, et ose pleurer une subvention municipale pour garder ouvert une supérette centre ville. Si la municipalité actuelle tenait à la garder, il lui suffisait de faire un appel d'offres. D'autres enseignes auraient peut être été intéressées sans subvention. Il est facile d'acheter une reconnaissance préélectorale de grands groupes avec nos impôts.

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img_journalisted le 19 octobre 2019 - 20h12
Comme si le centre ville manquait de supérettes : rue saint gilles et Clauzel, fayolle. Autant il est intelligent d'aider de soutenir des commerces independants mais pas une multinationale comme carrefour. Lamentable élu qui se justifie comme il peut.

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img_journalisteOB le 17 octobre 2019 - 12h17
Et le courageux épicier de nuit installé presque en face peut d'ores et déjà fermer boutique et aller pointer en usine pour rembourser ses prêts !

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