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Faux braquage au Puy : les trois complices condamnés à six mois de prison ferme

Date : 23/09/2019 | Mise à jour : 24/09/2019 09:29
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Un homme âgé de 36 ans et deux jeunes femmes de 19 ans et 23 ans, ont été condamnés à douze mois de prison dont six avec sursis et mise à l'épreuve de deux ans, pour avoir organisé et participé au "faux" braquage du tabac-presse du Faubourg-Saint-Jean.

Rappels des faits :
Le jeudi 22 août 2019 aux alentours de 20h, les autorités étaient alertées suite à un braquage survenu au tabac-presse situé le long du Faubourg Saint-Jean. Un homme s'était introduit dans les locaux et avait agressé la vendeuse avant de s'enfuir avec un peu plus de 4 000 € ainsi que deux cartouches de cigarettes. La vendeuse avait été retrouvée inconsciente dans l'arrière-boutique. Une victime qui n'en était pas une car dès le vendredi, l'enquête de police démontrait qu'il s'agissait en réalité d'un vol avec violences fictives prémédité par la vendeuse âgée de 19 ans, sa compagne, 23 ans, et leur voisin âgé de 36 ans.

Un scénario échafaudé en seulement 24 heures

Renvoyé le 26 août dernier, le jugement des trois complices a eu lieu ce lundi 23 septembre 2019, au tribunal correctionnel du Puy-en-Velay. Chacun à leur tour, les trois co-prévenus ont dû s’expliquer sur le pourquoi des faits et le rôle que chacun a tenu dans ce qui s’est joué le jeudi 22 août 2019, entre 19h30 et 20h, au tabac-presse du Faubourg Saint-Jean au Puy-en-Velay. L'homme âgé de 36 ans avait pour mission de s'introduire dans le commerce tandis que la vendeuse, âgée de 19 ans, faisait le ménage, juste avant la fermeture. Le rideau métallique n'était qu'en partie baissé, et la porte non verrouillée. Il devait faire croire à une agression et s'emparer de l'argent dont il connaissait l'emplacement puis s'enfuir. S'inquiétant de ne pas avoir de nouvelles, la compagne de la vendeuse devait, à l’heure dite, intervenir au tabac, aviser téléphoniquement son patron et provoquer ainsi l’intervention des secours.

>> A lire : Braquage du Faubourg-St-Jean : "d'une violence inouïe"

Un scénario échafaudé en seulement 24 heures à partir d’informations fournies par l’employée du tabac-presse mais ponctué de maladresses dans son exécution, ce qui avait valu aux trois complices d’être rapidement interpellés. Le trentenaire avait notamment oublié une chaussette qui lui avait servi de gant, sur les lieux du braquage. Lors d'une perquisition à son domicile, les enquêteurs avaient pu reconstituer la paire en retrouvant la seconde chaussette. Dès sa garde à vue, le trentenaire, voisin de ses deux complices, avait avoué les faits. Les deux jeunes femmes n'étaient passées aux aveux que plus tard, se protégeant mutuellement "par amour". Mais confrontées aux éléments de l'enquête et aux révélations du troisième mis en cause, elles n'avaient eu d'autre choix que d'avouer la supercherie.

Le trio s'accorde sur la co-organisation des faits

Ce n'est que dans le détail que les versions divergent : l'origine des photos qui ont permis les repérages, le changement de scénario à la dernière minute moins violent que l'initial, la crise de tétanie de l'employée qui de ses propres mots était bien réelle, alors que ses deux complices parlent de simulation... Mais le trio s’est tout de même accordé sur le principe de co-organisation des faits commis le 22 août dernier, dans ce commerce déjà visé par une tentative de cambriolage deux mois auparavant. 

>> A lire : Le Puy : la vendeuse agressée en réalité complice du braquage 

Quelles étaient les motivations des trois complices ? Le "faux" braqueur voyait ainsi l'occasion de pouvoir rembourser une dette de stupéfiants de 2 000€. L'employée du tabac-presse aurait, quant à elle, souhaité se venger de son patron avec qui elle avait "des problèmes", aurait-elle expliqué à sa compagne (ex-compagne aujourd'hui), sans lui en dévoiler la nature. Ce lundi, la jeune femme âgée de 19 ans, a réitéré ses accusations « d'attouchements sexuels ». « Une défense maladroite, un motif déplacé » de l'aveu de son propre conseil, Maître Emmanuelle Bonnet-Marquis. « Des accusations grotesques, pointe du doigt Maître Aurélie Chambon, avocate de la partie civile, qui ont été répercutées sur le plan médiatique. C’est grave. Il fallait en plus atteindre le respect de l’homme ! ». Un homme blessé par « le choc qu'il a subi. Il n'a pas mérité ça.».  Et Marie Moschetti, substitut du procureur, d'ajouter, « aucune plainte n'a été déposée à ce sujet. »

>> A lire : Justice : le buraliste accepte les excuses du braqueur

Cerveau, complice, exécutant... Les trois prévenus -- les deux jeunes femmes avaient un casier judiciaire vierge jusqu'alors -- ont écopé de la même peine, soit douze mois de prison dont six avec sursis et mise à l'épreuve de deux ans avec obligation de travailler ou de suivre une formation, de se soumettre à des soins, et interdiction de se rendre au tabac-presse du Faubourg Saint-Jean et d'entrer en contact avec le propriétaire. Ils ont également été condamnés à indemniser la victime à hauteur de 4 800€ pour préjudices matériel et moral.

Stéphanie Marin


 
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