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Santé : il est temps de mesurer la concentration intérieure de radon

Date : 12/10/2018 | Mise à jour : 19/10/2018 09:27
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Connu depuis les années 50 et reconnu en 1987 comme agent cancérigène pulmonaire par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le radon, un gaz radioactif naturel, 2e facteur de cancer du poumon après le tabac, reste encore méconnu du grand public.

Le radon, ce gaz radioactif issu de la désintégration de l'uranium et du radium présents naturellement dans le sol et dans les roches, se trouve un peu partout en France, mais à des concentrations variables qui dépendent de la nature du sol et du degré de confinement des lieux. Car, il faut le savoir, à l'air libre le radon est inoffensif.

"En France, le radon est responsable de 3 000 décès sur les 50 000 liés au cancer du poumon par an", précise Didier Gay, expert du radon à l'IRSN.

Une cartographie par commune

Ainsi, les communes à potentiel radon de catégorie 3 sont celles qui, sur au moins une partie de leur superficie, présentent des formations géologiques dont les teneurs en uranium sont estimées plus élevées comparativement aux autres formations. Les formations concernées sont notamment celles constitutives de massifs granitiques (Massif armoricain, Massif central, Guyane française…), certaines formations volcaniques (Massif central, Polynésie française, Mayotte…) mais également certains grés et schistes noirs. Ainsi, une grande partie de la Haute-Loire est colorée en rouge sur la cartographie affichant le potentiel radon des communes réalisée par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) à la demande de l'Autorité de Sûreté Nucléaire. Il s'agit-là d'un outil technique pour guider la mise en œuvre d’une politique de gestion du risque lié au radon lancée par l'Etat au mois de juin 2018 par la publication d'un décret.


Le seuil abaissé à 300bq/m3

Un décret qui fixe de nouvelles normes de base relatives à la protection sanitaire contre les dangers résultant de l'exposition aux rayonnements ionisants, dont le radon. Ainsi, depuis le mois de juin, le seuil de concentration du radon dans l'habitat et autres lieux ouverts au public a été abaissé à 300 becquerels par mètre cube d'air. Au-delà de 400bq/m3, des travaux devront être engagés. Si une prise de conscience est en train de se faire, il faut savoir raison garder. Certes, le radon est identifié comme étant le deuxième facteur de cancer du poumon, mais il est placé très loin derrière le premier qui est le tabac. Et il existe des solutions pour se débarrasser de ce gaz que l'on trouve facilement dans les parties basses des maisons, dans les caves, les vides sanitaires et qui profitent de la moindre faille et fissure pour s'infiltrer dans un bâtiment, une habitation.

>> A lire : La Haute-Loire : 15e département le plus radioactif en France

Le premier réflexe : la mesure

Le premier réflexe à avoir est de mesurer la concentration de radon. Celui-ci devrait d'ailleurs devenir automatique car depuis la publication du décret de juin, le vendeur ou le bailleur d’un logement est dans l'obligation d'indiquer au futur acquéreur ou locataire le risque d’exposition au radon. Comment ? Grâce à un appareil qui se nomme détecteur ou dosimètre de radon. "C'est un outil qui coûte une cinquantaine d'euros et qui est très utile. Il est préférable de faire cette mesure pendant la période de chauffe hivernale car à ce moment-là on a tendance à moins aérer les logements, explique Didier Gay, adjoint au directeur de l'environnement à l'IRSN et expert du radon. Il suffit de placer le dispositif dans une pièce pendant deux, trois mois et de l'envoyer par la suite dans un laboratoire pour analyse." Un exercice également nécessaire dans le cadre d'une construction ou d'une rénovation.

Notez que pour limiter la concentration de radon, il est impératif d'aérer régulièrement son habitation. Si l'opération de mesure résulte sur une concentration supérieure à 300bq/m3, il est recommandé de vérifier l'état de fonctionnement du système de ventilation, de contrôler la bonne aération des caves et sous-sol et d'intervenir sur les potentiels fissures au sol ou passage mal colmaté des canalisations.

Stéphanie Marin

 
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