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Panne à l'hôpital du Puy : ce serait la faute d'Erdf

Date : 18/12/2015 | Mise à jour : 18/12/2015 21:21
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Au moins 150 000 €, c'est le surcoût lié à la panne du mercredi 9 décembre, qui incomerait à Erdf s'il en est bien reconnu responsable. Pour l'hôpital du Puy, c'est aussi l'occasion de redorer son blason.

La panne de mercredi serait liée à un défaut de paramétrage de l'OPN (opérateur de protection numérique), qu'un agent Erdf aurait modifié dans le cadre d'une intervention programmée le 24 septembre dernier. Cet OPN, qui est un paramètre de directivité du courant, était placé à 20° et l'opérateur l'a mis à 0°, "sans notre accord et sans notre analyse préalable", détaille Jean-Marie Bolliet, le directeur du centre hospitalier Emile Roux, "et par écrit, la direction territoriale d'Erdf reconnaît la modification de ce paramètre, sans notre accord".
Nous avons naïvement contacté Denis Cadon, le porte-parole et délégué territorial d'Erdf Grand Velay, pour avoir confirmation des faits évoqués. "Aucun commentaire à chaud", nous a-t-il sobrement rétorqué.
Au micro de Zoomdici, Jean-Marie Bolliet, directeur du centre hospitalier Emile Roux, revient sur les détails techniques de cette panne, notamment le "paramétrage incohérent" par rapport à l'activité énergivore et irrégulière d'un centre hospitalier. Jean-Marie Bolliet, d'où provenait cette panne ?




"En général, une panne est réglée en moins de 20 minutes et là, dès qu'on rebranchait, tout resautait", témoigne le directeur, "car le courant n'était pas propre et donc le disjoncteur le refusait".

Qui va payer ?

C'est en toile de fond la question qui brûle les lèvres. "On est quasiment certains de notre fait, on attend les rapports d'experts qui détermineront les responsabilités exactes de chacun", répond le directeur du centre hospitalier, plutôt confiant quant à l'issue du conflit : "depuis la modification du paramètre, on a multiplié les problèmes et depuis que l'on est revenu au paramètre d'origine, il n'y a plus aucun problème".
Le surcoût de la panne du 9 décembre est estimé à minimum 150 000 euros (frais de personnels, location des groupes électrogènes, dispositifs de sécurité, etc.). Il pourrait incomber à Erdf. "On va entrer en négociations, avec le directeur territorial d'Erdf, au début de l'année 2017", précise Jean-Marie Bolliet.
Puisque la modification du paramètre a été faite sans votre accord, la responsabilité incombe donc à Erdf ? Le surcoût lié à la panne serait alors à leur charge ?




Le préjudice de notoriété

"Nous sommes en tout cas très contents d'être revenus à la normale", se félicite l'ensemble des équipes, "et surtout, ça ne devrait plus se reproduire". La direction de l'hôpital tient donc à remercier et féliciter les équipes techniques et les équipes de soins, "je tire un grand coup de chapeau à la communauté médicale, car le premier objectif dans ce type de crise, c'est qu'il n'y ait aucune perte humaine".
Les sapeurs-pompiers, la gendarmerie et les services de la préfecture ont également été remerciés. Quant aux familles des patients, "nous leur adressons nos plus sincères excuses".
Jean-Marie Bolliet, il y a un préjudice dont on parle peu, c'est celui de la notoriété, de l'image écornée, qui peut décrédibiliser l'hôpital et engendrer une fuite de patients. D'où l'intérêt de prouver que ce n'est pas la faute de l'hôpital ?




Le coût de 200 embauches serait de 10 millions d'euros par an, "et je ne les ai pas"

La semaine passée, les syndicats ont également tenu à féliciter le professionalisme des personnels dans la gestion de cette crise. Et en ont profité pour rappeler que selon eux, il manque toujours 200 postes à l'hôpital Emile Roux du Puy-en-Velay. Cette requête a-t-elle une chance d'aboutir ? "Non", tranche le directeur, "on a un ratio tout à fait honorable par rapport aux standards nationaux". Il estime le coût de 200 embauches à 10 millions d'euros par an, "et je ne les ai pas".
Pour autant, il dit qu'il comprend la demande : "on veut toujours plus, les syndicats sont dans leur rôle, mais ils sont compréhensifs et on a des rapports constructifs avec eux". 


Maxime Pitavy



Rappelons qu'à la suite de la panne de mercredi, le directeur Jean-Marie Bolliet avait déjà livré une première réaction, alors qu'on apprenait que la panne était partie du bâtiment chirurgie.
Les syndicats aussi ont tenu à réagir, soulignant la qualité de la réaction des personnels, et ce mercredi les opérations programmées étaient décommandées le temps de réparer la panne.

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img_journalisteh le 19 décembre 2015 - 13h06
erdf, ce n'est plus ce que c'était, loin s'en faux. Heureusement qu'il n'y a pas eu de mort.

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