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Marché du Puy : des clients à la queue leu leu et des vendeurs trop excentrés

Date : 02/06/2020 | Mise à jour : 04/06/2020 06:06
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La formule du marché étendu de la place du marché couvert à la place Cadelade divise. Il y a les pro, les anti... et, au milieu, les clients dans des files d'attente bien trop rapprochées.

Si vous êtes passés au marché du Puy-en-Velay, samedi dernier, vous aurez peut-être remarqué de longues queues, notamment aux stands de fruits et légumes. L’arrivée des cerises et des fraises n’y est pas étrangère. Le problème c’est que ces files d’attente ne respectent pas forcément la règle du mètre de distance entre chaque client. Depuis son emplacement habituel à l’angle de la façade de l’Hôtel de Ville, Amélie Borie, de la savonnerie La Rose Trémière de Polignac, regarde ce ballet d’un œil bienveillant :« les clients sont servis et n'ont plus le droit de toucher la marchandise, palper les fruits, contrairement à avant ; les gens doivent attendre leur tour donc forcément cela crée la queue ». Et de poursuivre : « Pour ma part, je trouve que c'est une bonne chose même si l'attente est longue ; j’ai remarqué que dans les magasins et grandes surfaces chacun se sert et continue à tripoter les fruits et légumes. » Amélie Borie est confiante : « quelque part, je crois que nous sommes tellement "blessés" d'avoir été "privés" de marchés pendant ces deux mois que nous prenons nos précautions pour ne pas replonger dans un confinement. »

Si l'attribution des emplacements provoque des velléités entre vendeurs, d’autres sont très satisfaits, comme les commerçants de la rue Chaussade d’après le maire Michel Chapuis. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles il a refusé la proposition d’un marché au jardin Henri Vinay pendant le confinement : pour attirer les clients dans les commerces sédentaires. De plus, « avec le sable et la poussière dû au passage, les stands seraient très sales et pour l'alimentaire ce n'est vraiment pas top », estime Amélie Borie.

Si l’espace de cinq mètres entre chaque stand est, en grande majorité, respecté par les vendeurs, le maire du Puy reconnaît qu’ « il y a un vrai problème de distanciation et de croisements entre les clients ». Les contrôles de la police municipale portent essentiellement sur les vendeurs et non les acheteurs. Alors le maire en appelle au bon sens de chacun : « Nous avons continué la distribution des masques de la Région et du Département, tous les Ponots devraient en avoir reçu trois ou quatre dans leur boîte aux lettres et il est vivement conseillé d’en porter un, notamment sur le marché », souligne Michel Chapuis. En tout cas, au marché samedi, si un grand nombre de clients portait un masque barrière, beaucoup n’en portaient pas, ou se l’abaissaient sous le nez, sous le menton, sous une oreille, le mettaient et l’enlevaient fréquemment…

Pourquoi pas un sens de circulation ?

Pour éviter les croisements, pourquoi ne pas cantonner les stands à un seul côté de chaque rue ? Ou instaurer un sens de circulation ? « Déjà on interdit la circulation dans les rues alentours toute la journée du marché pour éviter aux piétons de se bousculer sur les trottoirs [sur recommandation du préfet, Ndlr], répond Michel Chapuis, on a étalé le marché de la place du marché couvert jusqu’à la place Cadelade, je trouve qu’on est déjà pas mal. » Mais cet étalement fait débat. Si Amélie Borie trouve que « le marché est bien organisé », elle a une pensée pour certains de ses collègues producteurs place Cadelade : « il y a trop de distance et moi la première je n'ai pas le temps d'aller jusque là-bas même si j'adore leurs produits ; c'est dommage l'idée est bonne mais c'est trop loin ».

Sur la place Cadelade, le producteur de volailles bio Hervé Fayet y est installé depuis le début du confinement avec l’instauration d’un marché disséminé pour huit vendeurs sur cinq places de la ville du lundi au samedi. « Pendant le confinement, les clients faisaient l’effort de venir jusqu’ici, mais maintenant qu’ils ont un vendeur de volailles rue Grenouillit, ils ne viennent plus en bas. » Pour l’éleveur yssingelais autrefois installé place du marché couvert, entre le haut et le bas de la ville il n’y a pas photo. « Beaucoup de mes clients fidèles se garent vers Saint-Laurent / place Carnot, et comme ils sont âgés, ils ne descendent pas jusqu’à Cadelade. » Selon lui, le Gaec des sapins, producteur de yaourts de Saint-Haon, fait le même triste constat après trois marchés déconfinés sous la formule étalée. Elodie Bory aussi avec son stand de pâtes bio « Saveurs des champs » habituellement installé vers la bibliothèque. La productrice de Saint-Christophe sur Dolaison est d’autant plus étonnée que d’autres vendeurs ont été installés à son emplacement habituel ce samedi. « Des retraités de plus de 80 ans qui vendent des légumes ; ce n’est pas à moi de leur dire qu’à leur âge ils seraient plus en sécurité chez eux avec toute cette foule », se désole-t-elle.

« La place Cadelade est une belle place », s’accordent à dire Elodie Bory et Hervé Fayet. Des riverains ont confié au maire leur satisfaction d’y voir le marché. Mais les deux producteurs y verraient plutôt une brocante ou le marché du mercredi qui « n’est pas très visible place du plot ».

« Le problème c’est qu’on ne nous a rien demandé, illustre Hervé Fayet, tout ça est décidé de façon arbitraire. » Il n’ira pas jusqu’à parler de copinage mais il remarque que certains ont été remontés plus haut en ville. « La première semaine, on était 16 sur la place Cadelade, calcule Elodie Bory, la semaine suivante, huit avaient été remontés et d’autres ont été installés ensuite ». Et de constater : « bizarrement quand il y en a qui crient, on les écoute, mais nous on est les bonnes poires, alors s’ils veulent une gueulante on le fera mais c’est pas ce qu’on veut. »

Ce qu’Elodie Bory propose, par exemple, c’est de profiter de la piétonisation de la rue Pannessac pour y installer quelques stands. « Ce n’est pas ma volonté », nous répond Michel Chapuis qui explique qu’il n’y pas de quoi se brancher à une prise de courant, bien que certains stands n’en aient pas besoin ; « l’idée c’est d’étaler le marché et pas de le recentrer ». « Je comprends que c’est compliqué, admet Elodie Bory, mais au moins qu’on en discute ; on nous avait dit que ce serait provisoire et qu’on nous remonterait dès que possible. »  Pour se faire entendre au-delà des placiers, un courrier est en cours de circulation parmi les vendeurs du marché. Certains vendeurs du haut de ville ont même déclaré qu’ils le signeraient par solidarité.

Certains se trouvent bien place Cadelade

Pour autant, certains vendeurs installés place Cadelade ne souhaitent pas remonter, notamment ceux qui étaient placés traditionnellement sur les marches autour de la fontaine du plot. La place Cadelade offre une facilité d’accès bien plus commode. La cohabitation avec les terrasses des cafés était aussi difficile place du plot. Quoi qu’avec la réouverture des restaurants, Hervé Fayet appréhende une situation similaire place Cadelade samedi prochain. Car la formule du marché étendu sera bien renouvelée, nous confirme Michel Chapuis, tant que la situation sanitaire le justifiera.

Annabel Walker





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img_journalisteL le 7 juin 2020 - 13h24
y étant allé samedi dernier je trouve que les stands sont moins serrés = c'est très bien ; à virer ailleurs ce qui n'est pas alimentaire pour le samedi matin ; et sans voitures rue piétonnes : un BONHEUR espérons que cela va perdurer .....

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img_journalisteGR le 5 juin 2020 - 00h26
En manque de place...mais que font certains stands non alimentaire tels ceux qui vendent des ballons de baudruche, du maquillage et autre c....

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img_journalisteL le 4 juin 2020 - 14h11
pour faire le Roi de l'Oiseau au jardin Henri Vinay et y mettre des stands de bouffe et autres victuailles durant plusieurs jours les élus municipaux ne se posent pas tant de questions que pour y mettre un marché alimentaire durant une matinée Une fois par semaine. A mais c'est vrai pour de R de L'Oiseau ce sont les associations qui vendent donc ils ne faut pas les contrarier ....

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