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Les rats, vecteurs de croissance pour l'emploi ?

Date : 11/01/2017 | Mise à jour : 16/01/2017 17:46
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La ville du Puy entreprend une campagne de dératisation cette semaine. Zoom sur l'entreprise qui depuis plus de 30 ans est chargée de débusquer ces rongeurs indésirables, et dont les emplois se multiplient ces dernières années.

Vecteurs de maladies et d'angoisses dans l'imaginaire collectif, les rats n'ont pas la cote ! Comme chaque année, la Municipalité du Puy-en-Velay entreprend une campagne de dératisation de ses bâtiments municipaux et du réseau d'assainissement durant la troisième semaine de janvier, du lundi 16 au vendredi 20 janvier inclus. Notons d'ailleurs qu'il fait partie des fonctions du maire d'assurer la salubrité publique. 
La dératisation s’effectuera sur l'ensemble des bâtiments communaux et sur tous les lieux qui servent habituellement de repaire aux rongeurs. Conjointement à cette action, une distribution d'appâts raticides sera proposée gratuitement aux habitants de la commune, sur justificatif de domicile au Puy-en-Velay (deux points de distribution, voir encadré ci-dessous). 

Deux points de distribution seront ouverts au public du lundi au jeudi de 7h à 11h30 et de 13h30 à 17h et le vendredi de 7h à 11h30 : 
- Dépôt Rue du Consulat (cour de l’ancienne école Jules Ferry) pour les habitants du centre-ville. 
- Centre Technique Municipal de Taulhac pour l’ensemble des habitants de la commune.

Une croissance de plus de 30 % des ses emplois en six ans

Au Puy-en-Velay, une fois par an, une entreprise de dératisation des bâtiments municipaux et du réseau d'assainissement de la ville est menée par une société prestataire. Depuis plus de 30 ans, il s'agit de la SARL Badiou HE (Hygiène Environnement). Forte de ses douze employés, l'entreprise a fêté ses 40 ans l'an dernier et on peut dire que le secteur est porteur puisqu'il y a six ans, elle ne comptait "que" neuf employés, soit une croissance de plus de 30 % des ses emplois durant la période.
"On recrute tous les deux ans environ", note  Didier Ollier, le gérant de la SARL, "et il faut ensuite une formation de presque deux ans pour que l'agent soit autonome". Une formation "que l'on assure en interne donc c'est un véritable investissement pour nous". Car il n'existe aucune formation spécifique dans le cursus scolaire (la formation dispensée en interne est validée par des agréments d'Etat pour être valable et pour habiliter l'agent à travailler de façon autonome) mais les personnes recrutées doivent cependant justifier d'un certain niveau scolaire (rapports à rédiger, maîtrise informatique, etc.) et un minimum de compétences.
Notons enfin que la dératisation n'est pas la seule activité proposée par la SARL, qui fait aussi de la lutte anti parasitaire, du nettoyage aérolique et du dégraissage des hottes et réseaux VMC pour les collectivités et logements collectifs. "On travaille beaucoup avec le secteur indistriel", analyse Didier Ollier, car "la filière alimentaire est soumise à des plans de lutte contre les nuisibles".

Comment déloger les rongeurs ?

Pour se débarrasser de ces nuisibles, l'empoisonnement demeure la meilleure méthode. Pour les réseaux d'assainissement, il faut rentrer dans les égoûts et déposer des raticides sur les lieux de passage que les techniciens jugent nécessaires. Dans les "réseaux non visitables" (ndlr : trop petit pour qu'un homme s'y introduise), les dératiseurs utilisent un système de canne à pêche : le raticide est perforé par un clou relié à un fil, ce qui permet de vérifier et de contrôler la traçabilité : "on sait où sont tous les appâts et il s'agit vraiment d'une lutte raisonnée", explique le gérant de la SARL.
Les raticides sont fait à base de céréales et de poison et se présentent souvent sous forme de plaquettes ou de blocs. "Notre objectif, c'est de tuer un maximum de rongeurs en installant un minimum de biocides", précise notre dératiseur. Pour y parvenir, il faut donc déterminer les lieux les plus propices où les rats transitent, que l'on peut repérer "à leurs déjections bien sûr", relevait Franck Debard, technicien de la SARL il y a quelques années, "mais aussi les petits trous réalisés dans la pierre ou dans la brique, les câbles rongés ou encore l'absence de toile d'araignée dans des lieux où l'on devrait en trouver davantage".. 

Quid de l'environnement

"L'environnement a toujours été notre cheval de bataille", assure le gérant Didier Ollier et grâce à une méthode réfléchie, les dératiseurs peuvent lever le pied sur les quantités de raticides installés sur les lieux d'intervention et ainsi ménager quelque peu l'environnement.
Une lutte raisonnée nécessite un minimum d'expérience car il faut appliquer le produit au bon endroit et en quantité limitée. "Les biocides, utilisés à bon escient, présentent peu de risque", ponctue le dératiseur professionnel.

Deux points de distribution seront ouverts au public du lundi au jeudi de 7h à 11h30 et de 13h30 à 17h et le vendredi de 7h à 11h30 : 
- Dépôt Rue du Consulat (cour de l’ancienne école Jules Ferry) pour les habitants du centre-ville. 
- Centre Technique Municipal de Taulhac pour l’ensemble des habitants de la commune.

Le poids de la conscience collectivefondamental pour permettre une dératisation efficace 

L'intervention qui concerne les bâtiments communaux et les réseaux d'assainissement est l'affaire d'une semaine de travail environ, pour un coût estimé à une petite dizaine de milliers d'euros. Dans ce prix, toutes les charges sont comprises (matériel, personnel, communication...). La ville est bien sûr suivie tout le reste de l'année cependant et "on intervient à la moindre suspicion, ou dès qu'il y a une demande", précise Didier Ollier. Le poids de la conscience collective est également fondamental pour permettre une dératisation efficace et éviter que le nuisible ne puisse se reproduire.
Il est d'ailleurs expressément demandé par la municipalité du Puy  à tous les habitants ayant constaté chez eux la présence de rongeurs, de bien vouloir se présenter à l'une des adresses indiquées ci-contre (voir encadré) afin de se procurer les produits nécessaires au traitement de leurs locaux. "Il est indispensable, pour que cette campagne de dératisation soit efficace, que tout le monde se sente concerné et apporte sa participation", ajoute la municipalité.

Les rats, maîtres du Monde ?

Le rat est le rongeur le plus proche de l’homme, au niveau comportemental, mode de vie, ou alimentation, mais c’est aussi le rongeur le plus intelligent. D'où la célèbre phrase d'Albert Einstein : "si les rats pesaient 20 kg de plus, ils seraient les maîtres du monde".

La musophobie, la peur du rat, est l'une des plus répandue

Si l'on devait établir la liste des animaux les plus méprisés et craints de l'homme, le podium serait sans équivoque partagé entre les serpents, les rats et les araignées. Concernant les rats, on parle de musophobie et cette aversion aux rongeurs peut s'expliquer aisément : le rat a un rôle épidémiologique important, sa présence est instinctivement associée à celle de la maladie dont il peut transmettre trois types : parasitaires (trichinose, fasciolose hépatique...), bactérienne (tuberculose, salmonellose...) et virale (rage, peste...).
Le rat est aussi un puissant destructeur puisqu'il ravage 10 fois plus qu'il ne mange (alors qu'il consomme le 10ème de son poids chaque jour) ; il détruit les isolants, il ronge les câbles électriques (on estime même que 25 % des incendies d'origine inconnue lui incombent) et il a une capacité de résistance et de reproduction impressionnante : la descendance d'un seul couple de rats peut s'élever à 5 mille individus en un an.


Maxime Pitavy


 
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