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Haute-Loire : comment vont s'adapter les colos cet été ?

Date : 09/06/2020 | Mise à jour : 10/06/2020 14:27
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Elles sont prêtes à faire face au protocole sanitaire mais les familles vont-elles suivre ? Pour l'instant, le taux de remplissage est bien en-dessous du seuil de rentabilité alors que les pertes du printemps sont déjà colossales.

Comme de nombreux pans de la société, les centres d'accueil n'ont pas été épargnés par la crise économique liée au confinement provoqué par l'épidémie de Coronavirus.
Si on attend encore des éclaircissements pour cet été, ces structures réalisent l'essentiel de leur chiffre d'affaires sur les classes découvertes, durant le temps scolaire. Et les chutes d'activité sont vertigineuses.

350 000 € de pertes à Saint-Front, 240 000 € à Chadron...

Le confinement a conduit à une fermeture des centres ce printemps et aucun enseignant n'a été en mesure de se projeter sur l'automne. Au centre d'accueil de Saint-Front, rien que sur le printemps, la perte est estimée à près de 350 000 €. "On avait un très bon remplissage ce printemps", déplore Didier Chaptal, directeur de la structure, "l'automne est plus éclairci d'habitude mais on sera fermé aussi de toute façon". Surtout que le centre a de nombreuses charges fixes : en plus des neuf ETP (équivalent temps plein) à l'année en moyenne, il faut entretenir des équipements lourds comme les chaudières à gaz, les pompes à chaleur, les centrales sécurité incendie, etc.
Même constat à l'école de la Nature, au village de Colempce, à Chadron. "La période scolaire représente environ 90 % de nos activités", explique Jérôme Liogier, directeur de l'école, "avec l'annulation du printemps et de l'automne, on évalue les pertes à 240 000 €, toutes aides déduites". Là aussi, de nombreuses charges fixes viennent gréver le budget, notamment les six ETP, auxquels il faut habituellement rajouter six emplois saisonniers l'été.

Port du masque à partir de 11 ans

"Le port du masque est obligatoire pour les encadrants et pour toute personne prenant part à l’accueil, ainsi que pour les mineurs de plus de 11 ans, lors d’activités dans lesquelles la distanciation physique n’est pas possible", stipule le protocole.

L'espoir de réservations au dernier moment avec les reports liés aux annulations des autres structures

Concernant la partie colonies de vacances, autorisées à ouvrir cet été et dont le protocole sanitaire a été diffusé ce lundi 8 mai au soir (une version définitive, et allégée espèrent les professionnels, est attendue le 22 juin), il est encore trop tôt pour tirer des conclusions mais le remplissage n'est pas à la hauteur des attentes. L'École de la Nature propose cinq séjours de six jours et si les deux premiers sont déjà complets (depuis une poignée de jours seulement), les trois autres ne le sont qu'à moitié.
Le constat est plus alarmant à Saint-Front, où "les inscriptions sont quasiment nulles", témoigne Didier Chaptal, "on est très en-dessous du seuil de rentabilité". La question sera de savoir si les parents sont prêts à y envoyer leurs enfants dans ce contexte un peu anxiogène. "Pour tout de même offrir des vacances à leurs enfants, certains auront choisi des alternatives auprès de la famille ou des amis", mais il garde un mince espoir de voir les réservations monter en flèche au dernier moment : "plusieurs structures ont annulé leurs séjours et on pourra peut être bénéficier de reports".

"Offrir un séjour de qualité aux enfants, quitte à gagner moins d'argent"

Il faut dire que les deux centres d'accueil ne proposent pas les mêmes jauges d'accueil : celui de Chadron se limite à 40 enfants par séjour quand celui de Saint-Front en accueille plus du double, soit une centaine (pour une capacité totale de 130 lits). "On dispose d'une capacité de 88 couchages mais on ne veut pas dépasser la quarantaine", explique Jérôme Liogier, "ça nous suffit, on est une petite structure familiale et on travaille avec de petits groupes".
L'ensemble des couchages est cependant utilisé durant les accueils scolaires. Chaque chambre peut accueillir trois ou quatre enfants et propose des douches et sanitaires individuels. Avec huit animateurs pour 40 enfants, il a fait le choix d'une grosse équipe d'animation, "pour le confort de travail et offrir un séjour de qualité aux enfants, quitte à gagner moins d'argent".



Exemple d'activites proposées dans les deux structures interrogées / Photos DR Ecole de la Nature et CAP Saint-Front

Pas de boum cette année

La principale contrainte concernera les activités en grands groupes. "D'habitude on alterne avec des activités en groupes restreints mais là, ce sera plus limité et il faudra beaucoup de précautions. On ne pourra pas par exemple organiser la traditionnelle boum de fin de séjour", détaille Didier Chaptal.

"On a la chance de pouvoir proposer beaucoup d'animations sur place"

Parmi les interrogations suscitées par le maintien des colonies de vacances, celle du transport n'est pas la moindre. Déjà concernant les publics accueillis : "on a tout modifié et on ne recevra que des enfants d'Auvergne Rhône-Alpes et de la région parisienne", répond Didier Chaptal. Ensuite pour les transports durant le séjour. "On a la chance de pouvoir proposer beaucoup d'animations sur place, avec la ferme pédagogique et le centre équestre", donne-t-il en exemple, "on a finalement très peu de déplacements, pour des activités comme les chiens de traîneaux ou l'escalabre, mais on sera en mesure de les assumer", avec là encore une désinfection systématique du véhicule entre deux groupes.
Peu d'inquiétude non plus sur cette question pour Jérôme Liogier : "notre chance, c'est de tout avoir à portée de main. On va repenser les choses et on peut parfaitement passer une semaine sans se déplacer", tout en conservant des activités comme la pêche, mais directement sur place. "Par rapport à la brochure, il y aura sans doute de petites adaptations, comme par exemple pour le couchage sous tente, mais très à la marge et on sait que les familles nous font confiance", ajoute-t-il. 

> Il y a deux ans, Zoomdici avait suivi une colonie de vacances inédite : dans la peau d'un pompier (vidéo)

Désinfection des jeux, ménage renforcé... un protocole dont le surcoût est estimé à une cinquantaine d'euros par enfant et par semaine

En s'appuyant sur le protocole sanitaire, les centres ont commencé à s'organiser. Le ménage sera par exemple réalisé deux fois par jour (contre une fois habituellement) et "lors d’échanges de livres, ballons, jouets, crayons etc. le lavage des mains des mineurs et la désinfection du matériel sont effectués avant et après l’activité de façon à limiter les risques de contamination", stipule le protocole. À Chadron, une centrale de désinfection supplémentaire sera installée la semaine prochaine à cet effet et à Saint-Front, on a déjà prévu de doubler le recrutement de personnel de ménage, "notamment pour une désinfection approfondie entre deux séjours".
Idem pour la restauration, "un des points les plus compliqués", selon le directeur de l'École de la Nature, où il faudra penser à de nouvelles organisations sans briser le côté convivial, comme par exemple de grands îlots respectant les contraintes de la distanciation physique. Mais une question reste en suspens : le surcoût du protocole, estimé à une cinquantaine d'euros par enfant et par semaine. Est-ce à l'usager de le payer ? À la structure (dont les pertes on déjà été évoquées ci-dessus) ? Ou bien des aides dédiées vont-elles être débloquées ?


Maxime Pitavy






 
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