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Grand débat national : les mères seules ont la parole

Date : 05/03/2019 | Mise à jour : 07/03/2019 10:41
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Cinq femmes et mères isolées de la Haute-Loire ont accepté de témoigner dans le cadre d'une opération nationale lancée par Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations.

Une grande étude de terrain consacrée aux familles monoparentales a été lancée au mois de septembre par Marlène Schiappa en partenariat  avec Jérôme Ballarin, président de l’Observatoire des temps et de la parentalité en entreprise, Christine Kelly, présidente de l’ex Fondation K d’urgences et Leslie Sawicka, fondatrice dirigeante de Paroles de Mamans.

La voix est tremblante, preuve d'une blessure profonde, mais le regard droit et la tête haute, preuve de leur combativité. Ces femmes, dont il n'est pas question de révéler l'identité ; ont témoigné de leur parcours, de leur quotidien, de leurs difficultés, mais aussi de quelques victoires dans leur vie en tant que mères isolées. Des témoignages relayés dans le cadre d'une "conférence inversée" qui a eu lieu dans les salons de la préfecture de la Haute-Loire au Puy-en-Velay, le lundi 4 mars 2019. Ces femmes ont libéré leur parole face à un parterre de représentants de l'Etat, d'organismes et d'associations : La CAF (Caisse d'allocation familiale), la Banque de France, la Direction départementale de la Cohésion sociale et de la protection des populations de la Haute-Loire, le Centre d'information sur le droit des femmes et des familles, l'association Justice et partage, les C.H.R.S  (centres d'hébergement et de réinsertion sociale) Le Tremplin et Alis Trait d'Union, les services sociaux du Département.

Une "conférence inversée" à suivre ce jeudi à 14h sur les réseaux sociaux

Cette opération départementale répond à l'initiative lancée au national par Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. Ces "conférences inversées" qui ont été ou seront (selon les agendas des préfets) organisées partout en France, ont pour objectif de donner la parole aux mères isolées, aux familles monoparentales. Une parole qui sera retranscrite sous forme de propositions et ainsi intégrée au Grand débat national. Le jeudi 7 mars 2019, à la veille de la Journée internationale des droits des femmes, Marlène Schiappa organisera à Paris une "conférence inversée" à suivre dès 14 heures en direct sur le site internet du secrétariat d'Etat chargé de l'Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations ou sur sa page facebook

Une vague de démarches à effectuer

En Haute-Loire, cinq femmes et mères isolées, aidées par le C.H.R.S Alis Trait d'Union de Brioude, ont accepté de témoigner. Victimes de violences conjugales, elles ont eu la force ou -- et sans qu'elles n'aient besoin de livrer en détail leur vie privée -- l'instinct de survie juste avant la dernière estocade ; de s'échapper des griffes de leur bourreau. Elles ne donnent pas dans le "pathos", les larmes à peine versées sont vite essuyées.
Mais une fois seule, comment s'en sortir ? Ces mères que l'on dit isolées, ont connu l'isolement avant même la séparation, face à des maris qui avaient la mainmise sur toutes les démarches administratives, sur les liens sociaux entretenus par le couple, sur leur vie en règle générale etc. Alors une fois sortie de cette bulle malsaine et destructrice, difficile pour ces femmes de sortir la tête de l'eau, submergées par une vague de démarches à effectuer, chacune gérée par un interlocuteur différent et chacune entremêlée de procédures multiples. Une découverte de l'extérieur à tel point anxiogène, que Noémie* ose l'avouer : "j'en suis arrivée à me demander ce qui était le plus difficile à vivre : les violences d'un mari ou les difficultés de l'extérieur ?". C'est dans les yeux de ses enfants qu'elle a trouvé la réponse, et c'est en se tournant vers des associations telles que Le Tremplin ou Alis Trait d'Union, qu'elle a trouvé une main tendue.

Comment concilier vie privée et professionnelle ?

Outre les démarches d'accès aux droits et aux services sociaux et entre autres thèmes abordés, trois des cinq témoins ont fait remonter leurs difficultés, parfois, à concilier vie professionnelle et vie de mère. Sans famille, ni ami ; la problématique de la garde des enfants pendant les vacances ou en cas de maladie est d'importance majeure. Notamment lorsque les employeurs ne prennent pas en compte la situation complexe dans laquelle se trouvent les familles monoparentales.

Les grands axes des propositions pour le Grand débat national

A l'issue des deux heures d'écoute face à ces cinq femmes et mères isolées, Yves Rousset, préfet de la Haute-Loire a pointé du doigt quelques axes de travail qui seront retranscrits de manière plus développée dans les propositions prochainement communiquées à la "mission du Grand débat national" : faciliter l'accès au permis de conduire, mettre en place des procédures pour éviter les ruptures de l'allocation de soutien familial, mieux informer au sujet de la prime d'activité, trouver une réponse à la problématique de la garde d'enfants en examinant la situation des crèches en Haute-Loire et la mise en place d'un dispositif de solidarité pour la garde d'enfants, répondre aux questions de la formation et de l'insertion professionnelle, mais aussi à celles qui relèvent de l'action sociale de la CAF dont certains dispositifs ne sont pas connus comme celui des "Départs en vacances" (en deux ans, 500 familles sont parties en vacances, la moitié sont des familles monoparentales). 

Stéphanie Marin

* Le prénom a été changé

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img_journalistem le 8 mars 2019 - 20h06
Et si aux pères, on leur donnait la garde alterné, au lieu de les accuser à tord et à travers, pour des motifs sans suite et qui leur fait des tords. J'en connait beaucoup qui ont lutté pour l'obtenir et qui l'on eu, lorsque le juge aux affaires familiales était un homme et l'on perdu dès que çà été une femme. Bien entendu je ne parle pas des femmes qui sont passés par des vrais difficultés, mais celles qui se servent du système, ne sont pas poursuivi par le procureur et dessert le père.

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img_journalisteah le 7 mars 2019 - 23h19
Prendre le problème à la source : l'absence des pères....

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img_journalisteL le 7 mars 2019 - 10h22
sur le Puy en Velay : la consultation du pédopsychiatre en cabinet privé 75 € la consultation pour en 1/4 d heure en général : 1/ 4 pour le parent et 1/4 d'heure pour l'enfant : 150€ non pris en charge par la CPAM = inabordable pour des familles monoparentales = et les dégâts continuent ; quelques années plus tard les enfants devenus majeurs sont sous antidépresseurs pour le restant de leurs vie ......

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