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Culture de chanvre : la nouvelle façon écolo de diversifier l'activité agricole

Date : 13/09/2018 | Mise à jour : 14/09/2018 07:16
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Au mois de juin dernier, 17 agriculteurs installés sur la Communauté de communes des Pays de Cayres-Pradelles mettaient en terre leur première semence de chanvre. Le tout dans le cadre d'une expérimentation.

"C’est tellement compliqué le métier d’agriculteur en ce moment, nous traversons une période extrêmement critique (prix du lait, de la viande etc), on ne sait pas trop quoi faire", lance Gilbert Lafont. L'agriculteur âgé de 62 ans, s'est spontanément porté volontaire pour participer à l'expérimentation lancée par la commission "Aménagement rural et Biodiversité" de la Com'com des Pays de Cayres-Pradelles. Il a consacré pas moins de trois hectares à cette nouvelle culture. Philippe Cham, 58 ans, maire de Saint-Christophe-d'Allier et  agriculteur bio, n'a pas hésité non plus : "Nous avons une fluctuation de marché importante, des prix qui chutent très vite comme ils peuvent remonter très vite. Il n’y a plus vraiment de stabilité. Donc on essaie de se diversifier pour trouver d’autres ressources. A titre expérimental, cette culture-là m'a bien plu parce que je sais qu'il y a des débouchés énormes."

Cette expérimentation a débuté au mois de juin dernier. 17 agriculteurs ont semé des graines de chanvre sur une surface totale de plus de 20 hectares répartis sur tous les secteurs géographiques du territoire Cayres-Pradelles, c’est-à-dire sur de la terre volcanique, de la terre granitique, en terrain séchant ou plus humide. "Ce qui nous permettra d’avoir une donnée technique de la culture et de ce qui pourra être fait à l’avenir", explique Alain Robert, le président de la commission "Aménagement rural et Biodiversité". 


Travailler avec les collecteurs locaux

Le choix du chanvre n'a pas été fait au hasard. Avant de se lancer dans cette aventure, élus et agriculteurs ont tâté le terrain. En 2017, ils se sont rendus à Ally, une commune altiligérienne située à la frontière du Cantal, où une poignée d'agriculteurs cultivent le chanvre depuis 2010. Les seuls en Haute-Loire.

S'ils se sont laissés convaincre par la valeur écologique de cette plante qui se développe si rapidement qu'elle en étouffe les mauvaises herbes, il restait à trouver sa valeur économique. "Cette année parce que la récolte ne sera pas assez importante, nous allons commercialiser nous-mêmes la graine, ou avec le concours de nos collecteurs locaux (Sabarot, Trescarte, Eurea Coop) et la Cuma de la Lentille Verte [Coopérative d'utilisation de matériel agricole, Ndlr]. L’intérêt, c’est de travailler avec eux parce que c’est un soutien aussi à leur activité et ça peut être une forme rémunératrice pour l’agriculteur qui mettra en place cette culture", précise Alain Robert. Quant à la paille, conditionnée en bottes carrées, elle sera principalement destinée à des entreprises d'espace vert pour faire du paillage, ou aux agriculteurs pour faire de la litière animale.

De la laine de chanvre comme isolant

Ce n'est qu'un début après une première expérimentation. Si les champs de chanvre s'étendent un peu plus sur le territoire, et c'est l'ambition de la Communauté de communes des Pays de Cayres-Pradelles, l'activité pourrait se développer, entre autres, grâce à la transformation de la paille en laine de chanvre utilisée pour l'isolation des bâtiments. "A nous de voir comment on peut s’organiser pour entrer dans ces filières. Mais les communes de notre territoire ont un intérêt pour ces choses-là. La commune de Vielprat souhaite faire l’isolation de l’ancienne école qu’ils aménagent en gîte, en laine de chanvre, au même titre que la communauté de communes qui crée une micro-crèche à Costaros dont l'ouverture devrait se faire en septembre 2019", commente l'élu.

Le bilan de cette première année d'expérimentation

Il faudra attendre la fin de l'année pour avoir un retour précis sur cette première expérimentation. Certains agriculteurs ont déjà commencé à moissonner, d'autres attendent la fin du mois. "Ce n'est ni un échec, ni une réussite. Il faudra recommencer. Mais c’est un essai qui ne nous coûte pas trop cher, il n’y a pas besoin d’intrants, pas besoin de désherbants, ça nettoie les parcelles des mauvaises herbes", témoigne Patrice Bassier, 38 ans, agriculteur, d'ores et déjà partant pour une deuxième tentative en 2019. Parce qu'ils ont fait une commande groupée auprès de la seule société habilitée à vendre la semence de chanvre en France, installée au Mans ; les agriculteurs ont bénéficié d'un tarif intéressant, soit 250€ par hectare.


Stéphanie Marin

 
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