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Un pas de plus vers le label 'Grand Site' du Mézenc au Gerbier

Date : 05/07/2019 | Mise à jour : 26/08/2019 09:43
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Pour l'obtenir, les départements de la Haute-Loire et de l'Ardèche vont conjointement déposer auprès du ministère une demande d'ici début 2020.

Réunir les deux sucs semble évident sur le papier. Reste à le faire sur le terrain. Un premier rapprochement a eu lieu en mars, incarné par une visioconférence entre les Présidents de la Haute-Loire et de l'Ardèche.
Fin juin 2019, les Présidents Jean-Pierre Marcon et Laurent Ughetto ont fait remonter cette requête auprès des représentants de l'État que sont Madame et Monsieur le Préfet. Une première rencontre a été organisée dans le lieu emblématique de la ferme du Bourlatier, à la jonction des deux départements.
Des Iles sanguinaires de la Corse du Sud aux caps Blanc-Nez et gris-Nez dans le Pas-de-Calais, en passant par la Sainte-Victoire (Bouches-du-Rhône) ou le Pont du Gard, pas moins de 18 sites sont déjà labellisés, pour un total estimé à 33 millions de visiteurs environ.
Sélectif et exigeant, ce label "Grand Site de France" est la reconnaissance d'une gestion conforme aux principes du développement durable, conciliant préservation du paysage et de "l'esprit des lieux", qualité de l'accueil du public, participation des habitants et des partenaires à la vie du Grand Site.

"Le maintien et l'accueil des activités humaines"

Pour le Président de la Haute-Loire Jean-Pierre Marcon (UDI), "l'obtention du label permettra de valoriser ce territoire et ses habitants via son paysage, son patrimoine, sa mémoire en s'appuyant sur une logique de conservation des espaces naturels et de développement durable, encourageant le maintien et l'accueil des activités humaines".
L'enthousiasme est le même chez son homologue Laurent Ughetto, Président (PS) du conseil départemental de l'Ardèche : "c'est un vrai motif de satisfaction. Le Gerbier est un symbole départemental mais aussi une référence nationale avec ses sources de la Loire. Le classement du territoire Gerbier-Mézenc attribuera à l'Ardèche un nouveau signe distinctif et une obligation de préserver ce qui nous fonde : un environnement d'exception".

Des commerçants pas encore convaincus

Sur le marché des Estables, nous avons interrogé quelques artisans et commerçants. La plupart n'était pas au courant et ceux qui l'étaient se sont montrés très peu convaincus par ce label, qu'ils perçoivent comme "une énième couche dans le millefeuille administratif". Ils craignent que ce soit "avant tout plus de contraintes" pour eux.

Gérer la contradiction entre accueil de masse et protection des lieux

Dans une perspective opposée à l’aggravation de la fracture territoriale, y compris à l’intérieur du massif, la mise en œuvre du Grand site de France est l’occasion de privilégier les villages du massif (en général des chefs-lieux de communes). Il s’agit par ce moyen de gérer la contradiction entre accueil de masse et protection des lieux. L’épanouissement du massif passe par une répartition des visiteurs.
La mise en œuvre du grand site devrait passer par une mobilisation des professionnels du tourisme et des associations du patrimoine (et plus largement de la culture) pour imaginer des offres séduisantes. 
C’est un enjeu de taille qui peut permettre de créer de nouveaux emplois, de nouvelles entreprises un peu partout dans le massif. 
L’hébergement reste la clé de voûte d’une économie touristique. Ce programme passe forcément par des offres diversifiées (thèmes, durées, catégories jeunes, retraités, familles, groupes, scolaires, etc.) et professionnalisées. Mais aussi labellisées, c’est-à-dire avec une garantie officielle de qualité.

"Ce sera le couronnement de cinq à six ans de travail"

Reste à savoir à quelle échéance ce projet pourra voir le jour. "On se retrouvera à un moment donné à Paris devant le Ministère avec Jean-Pierre pour défendre la candidature du Gerbier-Mézenc", répond Laurent Ughetto, "et ce sera le couronnement de cinq à six ans de travail et à partir de là on pourra commencer à mettre en place les actions sur le terrain". Avec l'espoir de "redonner un second souffle à la montagne".
Laurent Ughetto, Président (PS) du conseil départemental de l'Ardèche, revient sur les grandes lignes de ce projet.


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Des sites protégés et des investissements

Le Mézenc fait l'objet d'un certain nombre de mesures de protections environnementales et paysagères (Espace naturel sensible, Natura 2000, Site classé, réseau départemental biodiversité, etc.), mais également de projets de développement économique et touristiques ambitieux.
Le département de l'Ardèche a par ailleurs engagé depuis plusieurs années des acquisitions foncières et d'importants travaux de requalification du site du Mont Gerbier de Jonc, représentant plus de 3M€ d'investissements.

Certes le succès exceptionnel du Fin Gras avait pu se construire grâce à l’effacement de la limite administrative au regard des arguments mis en avant pour l’obtention de l’AOC-AOP (c’est-à-dire la spécificité du terroir, le terroir du massif du Mézenc et du Gerbier de Jonc). Mais bien d’autres initiatives s’étaient brisées contre ce mur invisible.
L’association Mézenc-Gerbier est la continuation de l’association des Elus du massif du Mézenc créée en 1995. Son but est de contribuer au développement du massif par delà les limites administratives. Elle est à l’origine du projet Fin Gras du Mézenc, de la première carte touristique IGN du massif, du GR de pays Mézenc-Gerbier.

Quel est l'objectif concret de ce classement : touristique, économique, politique, humain, environnemental... ?

"Il faut que l'on prenne conscience que l'on a une richesse à vendre ou au moins à faire découvrir aux habitants du département et à une clientèle étrangère", estime le Président de la Haute-Loire Jean-Pierre Marcon, "il faut des moyens de communication accrus, et il ne fait mystère à personne que la climatologie évolue plutôt favorablement pour les milieux montagnards et c'est donc une chance supplémentaire d'attirer un peu plus de clients".
Mais quel est l'objectif concret de ce classement ? Touristique, économique, politique, humain, environnemental... ? Maintenir l'humain car il est difficile de vivre en montagne ?


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Maxime Pitavy




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Commentez

img_journalistepp le 27 août 2019 - 18h20
Un label logique et précieux .Suffira-t-il à protéger ces sites de l'affairisme éolien peu respectueux des paysages ? On peut l'espérer .

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