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Sembadel : un financement participatif dès le milieu du siècle dernier

Date : 22/12/2016 | Mise à jour : 20/01/2017 06:19
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L’église de Sembadel est l'une des dernières construites dans le département. Sa particularité, outre son architecture, est d’avoir été financée intégralement par les fidèles, suite au refus de l'Archevêché du Puy dans les années 1950.

La chapelle Notre-Dame-de-la-Forêt de Sembadel est un exemple de la volonté et de la solidarité qui unissait les habitants des alentours de La Chaise-Dieu pendant les années 1950. A l’époque, il ne manquait qu’une église au village qui s’était construit autour de la gare, et les fidèles étaient obligés de faire plusieurs kilomètres à pied pour assister aux offices.
 

Tout... sauf une église

C’est au début de 20ème siècle que sont apparues les premières maisons de ce qui allait devenir le village de Sembadel-gare, extension du bourg agricole. Une époque qui marque également la construction de la gare autour du nœud ferroviaire entre les lignes de Clermont-Ferrand et Saint-Etienne, situé à un peu plus de 3 km sous le village de Sembadel, mais aux limites de la commune.
L’activité ferroviaire allait rapidement assurer le développement de la population et des activités inhérentes au trafic. Ainsi sortirent du sol logements, boulangerie, épicerie, boucherie, bars, hôtels, scieries… Tout ce qu’il faut pour faire un village, à l’exception d’une église.
Les pratiquants étaient obligés de se rendre au bourg ou à Félines pour assister aux offices dominicaux, et comme en ce temps-là, les moyens de transports étaient loin d’être aussi développés que maintenant, la plupart faisaient le trajet à pied par tous les temps.

Du crowdfunding déjà à l'époque

Il faudra attendre le début des années 1950 pour que pour que le projet de construire une église soit lancé à l’initiative de l’abbé Pierre Clément. L’Archevêché du Puy ayant refusé de financer le projet, il fallut lancer une souscription publique pour récolter les fonds destinés à assurer la construction. Les paroissiens volontaires et bénévoles durent surmonter toutes les difficultés posées par la construction du bâtiment, trouver le terrain, creuser les fondations, faire établir les plans.

Chacun apporte sa pierre à l'édifice

Alors, un couple du village, qui tient à conserver l’anonymat, s’est dévoué pour passer dans toutes les maisons avec l’abbé, et tout le monde, à son niveau, a fait un geste, gens du village, touristes et cheminots, à l’image de l’architecte, Robert Provins, de La Ciotat, du charpentier-menuisier Alphonse Vidal de Monlet.
Le terrain fut donné par Jean-Pierre Roux, à la suite de sa guérison d’une grave maladie, et André Monatte, ancien maire de Sembadel, a débardé avec ses bœufs les arbres donnés par Albert Dechelle, pour les amener à l’ancienne scierie Claveloux afin d’être sciés par deux habitants de Dignac.
 

Une vierge à l'image de sa fiancée

La statue notre dame de la Forêt a été sculptée à l’image de sa fiancée par Louis Gire, de Saugues, les meubles, la croix et le premier autel ont été fabriqués par Henri Roux de Dore-l’Eglise, avant d’être remplacé par un deuxième provenant d’un frêne qui poussait dans le couvent de Félines, coupé et transporté par Yves Farigoule.
Le Tabernacle et les éléments métalliques ont été fabriqués par Jean Charrier, maitre ferronnier à Sembadel, sa femme Marguerite entretenait les locaux, leur fils Robert sonnait l’angélus et servait la messe. Les vitraux furent donnés par l’abbé Richaud, curé du Monteil, et la cloche est celle récupérée de l’ancienne assemblée du village de Saint-Léger.
Gérard Pascal, un autre ancien maire, a fait faire les deux bordures de chaque côté, fait installer l’eau et refaire la lumière. Colombe Pouderoux-Boyer a mis à disposition l’Hôtel Moderne, aujourd’hui fermé, pour les réunions de chantier et a beaucoup donné pour la construction.

Un Christ venu de Lourdes

Le Christ a été ramené d’un pèlerinage à Lourdes par André Lacombe.
La chapelle fut bénie le 7 août 1955 par Monseigneur Chapel, évêque du Puy-en Velay, à l’issue d’une spectaculaire procession au cours de laquelle la vierge est sortie du bois noir, à l'entrée du village, portée et suivie par les paroissiens.
Enfin en 2016, la toiture a fait l’objet d’une restauration complète, financée par l’évêché.

L'ensemble des informations présentées ont été recueillies auprès d'anciens du village, et sont susceptibles d'être complétées ou modifiées.

N.S.



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img_journalistelB le 29 décembre 2016 - 17h27
de nombreux habitants de sembadel on offert des grumes de bois et des materiaux de constrution sacs de chaux et de ciment. un legs fut offert pour l entretien de la chapelle a l association en charge de la gestion .je presume que c est avec ce don que l eveche a regler la facture pas sur ses propres deniers pour la refection de la toiture

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img_journalisteD le 27 décembre 2016 - 09h14
L' Eveché n'a pas voulu financer, mais était aux premières loges le jour de l'inauguration !! Que comprendre ?

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