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Protection contre le loup : le zonage réduit de plus de moitié en Haute-Loire

Date : 07/05/2019 | Mise à jour : 07/05/2019 11:58
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La protection des troupeaux est toujours subventionnée en 2019 dans certaines communes de Haute-Loire, mais leur total passe de 64 à 29.

Compte tenu des attaques de loup constatées en 2018, en particulier dans les départements limitrophes de la Haute-Loire (Cantal, Ardèche, Lozère), la protection des troupeaux ovins et caprins est toujours subventionnée en 2019 dans certaines communes de Haute-Loire.
À titre d'exemple, en 2017, sur 59 demandes, 30 dossiers avaient été jugés recevables en Haute-Loire pour une somme totale de 106 422 €. Ça correspondait à une très nette augmentation (+38,7%) par rapport à 2016 (65 247 €).
Pour l’année 2019, l’aide financière peut être accordée pour les parcs électrifiés, l’entretien et l’achat de chiens de protection, le gardiennage, l’étude de vulnérabilité des troupeaux ou encore l’accompagnement technique des éleveurs.

Un zonage réduit de plus de moitié

Mais pour prétendre à ces aides, il faut appartenir à un certain zonage, qui vient d'évoluer en Haute-Loire en 2019, avec une sévère chute du nombre de communes intégrées dans le dispositif, qui passent de 64 à 29. Dans le premier cercle, seules trois communes (sur neuf) sont maintenues : Chanaleilles, Thoras et Pradelles.

Rappelons que si des éleveurs n'appartenant pas à ces zones subissent une attaque de loup, ils pourront bénéficier d'indemnisations malgré tout, via des crédits d'urgence de la DDT (direction départementale des territoires).

Concernant le deuxième cercle, où les aides sont moins importantes (le détail dans l'arrêté préfectoral à consulter ici), le zonage 2019 passe de 45 communes à 26. Ce sont les communes d'Alleyras, d'Auvers, de Chastel, de Chaudeyrolles, de Desges, Esplantas-Vazeilles, Freycenent Lacuche, Grezes, Laé beysseyre Sainte-Mary, Lafarre, Les Estables, Pinols, Presailles, Rauret, Salettes, Saugues, Saint-Arcons-de-Barges, Saint-Christophe-d'Allier, Saint-Etienne-du-Vigan, Saint-Haon, Saint-Paul-de-Tartas, Saint-Préjet-d'Allier, Saint-Venerand, Tailhac, Venteuges et Vielprat.
Le dossier de demande, ainsi que la notice explicative, sont disponibles sur le site du Conseil Régional. Le dossier complété doit être déposé à la DDT43 avant le 31 mai 2019. Pour tout renseignement, il est possible de contacter le gestionnaire des aides à la protection des troupeaux de la DDT43 au 04.71.05.83.94.

Découvrez ci-dessous les cartes des zonages 2018 et 2019 : 







"Les aides diminuent car il y a moins de prédation et donc moins de nécessité de se protéger" 

Si ce zonage est réduit de moitié, il n'y a pas non plus d'affolement du côté de la profession, qui a été sollicitée lors de l'élaboration de ce dernier. "Ce nouveau zonage répond à des critères, notamment pour des attaques de plusieurs années et on a été amenés à le réduire, surtout pour le cercle un", explique Claude Font, éleveur à Auzon et surtout en charge du dossier prédation à la fédération nationale ovine (FNO).
Pour la profession, ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle : "les aides diminuent car il y a moins de prédation et donc moins de nécessité de se protéger. Le loup est toujours aux portes de la Haute-Loire mais on constate une baisse des attaques, alors qu'au niveau national c'est en hausse", ajoute l'éleveur altiligérien. On assiste donc au jeu des vases communicants avec d'autres territoires qui bénéficieront de davantages d'aides. "On reste vigilant", conclut Claude Font, "on a prévenu l'administration et la profession".

En 2018, Jean-Luc Cario, chef du service environnement à la Direction départementale des territoires de Haute-Loire, expliquait au micro de Zoomdici les critères qui ont été retenus pour établir ce nouveau zonage.




Une multitude d'attaques imputée au loup : peu sont avérées

Des bêtes dévorées, on en recense 24 en Haute-Loire en 2017, soit 35 % des 67 cadavres annoncés comme des victimes du loup dans un premier temps. Depuis le dernier comité (23 janvier 2017), cinq observations ont pourtant été signalées aux services de l'État mais les analyses de l'ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) ont conclu qu'aucune de ces observations ne pouvait être retenue comme pouvant attester de la présence d’un loup. 
Dans ce même intervalle, une multitude d'attaques a été imputée au loup, que ce soit à Ste-Florine, St-Haon, Vergongheon, St-Front, Solignac, St-Germain-laprade, St-Pierre-du-Champ, St-Jean-de-Nay, St-Bérain ou encore Yssingeaux : à chaque fois, la présence du loup a été formellement écartée. 

Pour indemniser les éleveurs, parfois, "on achète la paix sociale"

Pour rappel, en 2017, deux attaques ont été reconnues par les services de l'État : d'abord à Saint-Julien-du-Pinet, où 16 brebis et 5 béliers ont péri), puis à Chanaleilles (deux brebis et un bélier), les deux en novembre. Puis deux cadavres de poulains avaient fait l'objet d'analyse (à La Beysseyre Saint Mary et à Céaux d'Allègre), et la responsabilité du loup avait été écartée.
Comme l'avait alors exposé Zoomdici, la question des indemnisations peut inciter à pointer du doigt le loup plutôt que les chiens errants et parfois, "on achète la paix sociale", nous confiait le secrétaire général de la FDSEA de Haute-Loire Thierry Cubizolles. 


Maxime Pitavy















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img_journalistemj le 8 mai 2019 - 21h01
merci les écolo,les média son avec heu, vos troupeaux ils en foute il faut protéger le loup,mème s'il na rien a foutre chez nous

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img_journalistec le 7 mai 2019 - 19h51
Le loup dans la bergerie, c'est la FNSEA. Que les paysans chassent au plus vite ce prédateur de l'agriculture française !

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