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Profonde inégalité pour l'accès aux soins en Hte-Loire

Date : 04/11/2020 | Mise à jour : 10/11/2020 18:22
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Le Guide Santé a partagé une carte interactive qui recense les déserts médicaux dans le département et dans toute la grande région. Le constat est sans appel : de grosses disparités sont présentes entre le centre de la Haute-Loire et ses extrémités.

Le groupe Le Guide Santé, dont l’une des missions est de lutter contre les inégalités d’accès aux soins en France, a dévoilé mardi 3 novembre une nouvelle carte de France interactive qui reprend les critères définis par la DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques). Elle montre ainsi des zones géographiques disparates quant aux trois dimensions d’accès au premier contact au système de santé : médecine générale, soins urgents et pharmacies.

Trois zones sans difficulté d'accès

Sur cette carte, quatre couleurs sont différentes représentant quatre niveaux d'accès aux soins. Ces strates vont de "Pas de difficulté" à "Désert médical", en passant par "Difficulté d'accès 1" et "Difficulté d'accès 2". La première chose flagrante sont les halos qui entourent les trois principales villes de la Haute-Loire, c'est-à-dire Le Puy-en-Velay et les deux sous-préfectures (Yssingeaux et Brioude).

Concernant la préfecture, la couleur bleue indiquant les zones sans difficulté par de la cité mariale et s'étale presque comme une onde circulaire jusqu'aux communes de St-Jean-de-Nay, St-Geneys-près-st-Paulien, St-Hostien, le Monastier-sur-Gazeille, le Bouchet-st-Nicolas et Saint-Jean-Lachalm. Ce sont 45 communes autour de ce point analysées comme n'ayant pas de difficultés d'accès au cabinet d'un médecin généraliste, aux pharmacies d'officine et aux soins urgents.

Les secteurs épargnés autour des sous-préfectures

Du côté d'Yssingeaux, le phénomène se produit de façon exclusivement étiré en direction du nord-est. Les secteurs sans difficulté sur le sujet vont alors de Beauzac à Bas-en-Basset, en passant par Saint-Just-Malmont, St-Romain-Lachalm ou encore Ste-Sigolène. Dix-sept communes sont ainsi peintes en bleu.

À l'ouest, le brivadois apparait épargné par les déserts médicaux tout autour de Brioude. Mazeyrat-d'Allier, Paulhaguet, Blesle, Sainte-Florine et encore Azérat sont considérées comme 29 autres communes voisines de Brioude comme étant bien loties par les offres de soins concernés par l'enquête.



Méthodologie

L'ensemble de ces résultats proviennent d’une analyse de données statistiques publiques réalisée par l'équipe du Docteur Stéphane Bach. Les indicateurs utilisés sont ceux de la DREES et de C@rtoSanté afin de définir un désert médical. Est considérée comme un désert médical, une zone géographique qui cumule les trois difficultés suivantes : le nombre de consultations en médecine générale par an et par habitant inférieur à 2,5, la première pharmacie située à plus de 10 minutes de route et le premier effecteur de médecine d’urgence implanté à plus de 30 minutes de transport.

La corne du sud altiligérien très touchée par les déserts médicaux

En dehors de ces trois zones-là, des teintes jaunes, oranges et rouges parsèment le territoire altiligérien. Les communes les plus impactées par les déserts médicaux se situent surtout au sud-ouest et sud-est, ces deux zones aux frontières du département avec le Cantal, la Lozère et l'Ardèche. Chastel, Pinols, Prades mais également St-Privat-d'Allier et Monistrol-d'Allier sont dans des secteurs décrits comme vides d'accès aux soins. Pour le sud, c'est Chanaleilles, Thoras et St-Christophe d'Allier.

Pour celles proche de la frontière ardéchoise, Les Estables, Freycenet-la-Cuche, Saint-Bonnet-le-Froid ou encore Alleyrac, ainsi que sept autres communes, sont confrontées au problème. Quelques communes au nord sont aussi dans le même panier à savoir Fix-st-Geneys, Cistrières, Roche-en-Régnier, Valprivat, accompagnés de 13 autres communes.

18% des communes du département en rouge

Autour de toutes ces villes et villages, les couleurs de la carte se pastellisent d'un cran. Un grand nombre de lieux sont présentés en orange, niveau de "Difficulté d'accès 2", notamment à l'ouest. Dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, sur 4038 communes, 389 (9.6%) entrent dans la catégorie des déserts médicaux et 1797 (44.5%) sont considérées comme des territoires médicaux avec un bon accès aux soins. Pour la Haute-Loire et ses 257 communes, 47 déserts médicaux, soit 18%, ont été comptabilisés et 97 (37.7%) sans aucune difficulté d'accès médicaux.

Quelles solutions contre les déserts médicaux ?

Dans la majorité du territoire national, les déserts médicaux correspondent aux mêmes territoires que les déserts numériques. Or, l'un des moyens de lutter contre les inégalités d'accès aux soins pourrait passer notamment par le développement de la télémédecine, d'après l'étude de Guide Santé. D’autres alternatives existent comme les maisons de santé pluridisciplinaires, une meilleure coopération public/privé, la mise en place de bus de santé itinérants.

« Un désert n’est pas que médical mais global», explique le Professeur Guy Vallancien, membre de l’Académie nationale de médecine. « La solution consisterait à recourir davantage aux Infirmières de Pratique Avancée (IPA), en contact avec les patients qui les appelleraient en cas de besoin. Au domicile du malade, ces soignantes trouveraient, probablement une fois sur deux la solution par elles-mêmes, et enverraient, sans doute une fois sur quatre le patient dans un cabinet de généraliste ou aux urgences ».

Nicolas Defay

 
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