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Pénurie de médicaments : quelle incidence en Haute-Loire ?

Date : 05/09/2019 | Mise à jour : 05/09/2019 17:58
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Avec 20 fois plus de pénuries qu'il y a 10 ans, la situation inquiète patients comme professionnels. Surtout que tous les types de médicaments sont concernés.

Pas de catastrophisme non plus car "on a en France un arsenal thérapeutique très large", explique Cédric Garnier, de la pharmacie du plateau de Chadrac, "avec par exemple plusieurs médicaments pour la tension ou le diabète, donc on a l'avantage de ne pas se retrouver démunis et de pouvoir toujours traiter toutes les pathologies".



20 fois plus de pénuries qu'il y a dix ans

Ni catastrophisme, ni angélisme. Si elles ne datent pas d'hier, les pénuries s'accentuent au fil du temps : elles sont de plus en plus fréquentes et de plus en plus longues. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a noté 868 signalements de tensions ou de ruptures d’approvisionnement en 2018. Soit 20 fois plus qu’en 2008.
Et les ruptures peuvent courir sur plusieurs semaines : la moitié des médicaments ont manqué pendant plus de 60 jours. Concrètement, un Français sur quatre a déjà été confronté à une pénurie de médicaments, selon un sondage BVA pour France Assos Santé.

Aujourd'hui, "toutes les familles de médicaments sont un peu concernées"

Elles concernent des antalgiques, des médicaments du cancer, des antibiotiques, des corticoïdes, des vaccins, des traitements de l'hypertension, des maladies cardiaques ou encore du système nerveux. Les anti-infectieux (comme les vaccins), les médicaments du système nerveux (antiépileptiques, antiparkinsoniens) et les anticancéreux (chimiothérapies) sont les trois classes les plus touchées. Elles constituaient plus de la moitié des ruptures en 2018. Mais "toutes les familles de médicaments sont un peu concernées", explique le pharmacien du plateau de Chadrac, "c'est un peu la roulette russe".

Quelle particularité en Haute-Loire ?

Si la Haute-Loire est touchée de plein fouet par la problématique des déserts médicaux, pour la pénurie des médicaments, le malaise est à l'échelle du territoire national car les pharmacies ont les mêmes fournisseurs et la seule (faible) marge de manoeuvre, c'est que chacun gère un peu son stock.
"Les laboratoires ne jouent plus le jeu de dépanner car on est trop à flux tendu", explique le pharmacien chadracois. "L'avantage que l'on a en Haute-Loire, c'est que l'on communique bien avec les médecins et l'hôpital (ndlr : qui dispose d'une importante pharmacie et qui constitue souvent le dernier maillon).

Quelles alternatives ?

Face à la pénurie de médicaments, les alternatives sont limitées. Dans le meilleur des cas, le générique existe et il suffit au pharmacien d'opérer une substitution. S'il n'existe pas, il faut trouver une molécule à peu près équivalente, et le pharmacien ne peut la prescrire qu'avec l'aval du médecin.
Enfin, dernière solution, plutôt qu'un médicament, le pharmacien en donne deux qui se complètent pour un effet similaire... avec tout de même un fort risque de déséquilibre pour le patient car la tolérance varie en fonction de la molécule. "C'est toujours un équilibre précaire", témoigne le pharmacien Cédric Garnier.

Moins de stock tampon et les marchés les plus rémunérateurs privilégiés

Les raisons qui expliquent ces pénuries sont multiples. Les producteurs des molécules concernées sont moins nombreux et surtout recentrés, spécialisés donc "au moindre hic, ça bloque tout". Les laboratoires ont de moins en moins de stock tampon car ça leur coûte cher, sans oublier que la demande mondiale explose, avec notamment les pays émergents. 
Enfin, les laboratoires privilégient les marchés rémunérateurs et peuvent abandonner un produit au profit d'un autre. Les pénuries touchent souvent des spécialités peu rentables.

Un plan gouvernemental attendu en septembre

La ministre de la santé, Agnès Buzyn, a présenté une feuille de route le 8 juillet, proposant d’harmoniser les législations au niveau européen et suggère des achats groupés de vaccins entre plusieurs pays pour diminuer les pertes. Elle entend aussi lutter contre l’externalisation de la production des médicaments en créant des établissements pharmaceutiques publics européens.
Le gouvernement doit présenter en septembre un plan plus précis pour mieux gérer les ruptures d'approvisionnement en médicaments.


Maxime Pitavy


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img_journalisteC le 6 septembre 2019 - 09h16
Qui n'a jamais été en pharmacie acheter un vaccin et s'entendre dire : "on en a plus en ce moment !" Il faut savoir que les labo pharmaceutiques ont les plus grosses marges de l'industrie. L'Etat et l'Europe se doivent de contrôler un minimum les stocks de médicaments. Le fonctionnement de la fabrication au plus rentable dans un tel domaine n'est pas acceptable !

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