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Les insectes se cachent pour dormir : créer un refuge à insectes par soi-même

Date : 23/04/2020 | Mise à jour : 10/05/2020 08:21
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Bob, jardinier du pays d'Allègre, nous livre ses trucs et astuces pour un hôtel à insectes DIY.

Alors que disparaissent de nos paysages les haies bocagères et les fleurs dans les prairies, on voit au contraire se développer un nouvel objet dans les espaces urbains : l’hôtel à insectes. Cet objet est en passe de devenir le symbole de l’engagement pour la biodiversité des édiles communaux et a un vrai rôle de préservation et de publicité pour des bestioles mal-aimées. Utile pour le jardinier amateur, instrument pédagogique pour l’instituteur, il n’est pas difficile à construire par soi-même.

Dans la société occidentale, les insectes sont souvent identifiés comme un symbole de saleté, générateurs de fléaux et vecteurs de maladies terribles. Ils sont perçus comme ennemi de l'Homme et même retenus pour être le cauchemar du vacancier ou l'empêcheur de siester tranquille. La population des insectes a pourtant diminué de près de 80% dans nos campagnes. Dans leur très grande majorité, les insectes sont cependant absolument inoffensifs.
Outre leur petitesse, ils se caractérisent par une série de particularités physiques qui effraient : un corps en trois parties, des mandibules, six pattes, bien souvent des ailes qui leur permettent de se déplacer facilement et un cycle de reproduction qui repose sur des métamorphoses.
Au-delà d'un effet de mode, l'hôtel à insectes peut constituer un outil pour apprendre à les connaitre, les reconnaitre et ne plus en avoir peur. L'insecte est l’ami du jardinier et peut devenir un auxiliaire bénévole.


A leur image, l’hôtel pour insectes ne réclame aucun luxe et très peu de moyens

L’hôtel à insectes réclamera, du naturel, de la simplicité et de la tranquillité. Pas question d’étoiles pour eux. L’insecte n’est pas bégueule et ne souhaite le plus souvent pas croiser l'humain. Il préférera un coin de nature, ensoleillé mais pas trop, au confort douillet de nos chambres et cuisines dans lesquelles sa présence est souvent involontaire.

Comme dans tout projet immobilier, il y a trois possibilités différentes pour acquérir un de ces hôtels.

  • On peut l’acheter sur plan. Il y a de nombreux didacticiels sur le web comme celui-ci sur le site maisons et jardins
  • Deuxième solution, on peut opter pour le « clé en main » et acheter un de ces magnifiques gîtes qu’on voit dans les parcs municipaux. Il y a beaucoup de choix et de nombreux magasins proposent des modèles pour toutes les bourses.
  • Troisièmement, on peut aussi choisir l’auto-construction, le DIY (Do It Yourself).
C’est le choix qu’a fait notre témoin Robert, jardinier-bricoleur installé sur les pentes du mont Bar, près d’Allègre.

Le Do It Yourself avec Bob le jardinier-bricoleur

« Pour faire un hôtel à insectes, pas besoin de grand-chose ! Le mieux c’est de fouiller un peu dans le garage et dans sa réserve à bois pour y récupérer quelques vielles planches et bûchettes, de vieux déchets de taille de printemps de sureaux ou de grosses ronces, un peu de paille et du foin du paysan d’à-côté, des morceaux de tuiles cassées et tu réunis tout ça dans un cadre qui tient à peu prêt debout. J’ai trouvé des roseaux creux qui vont être bien pratiques aussi. Pour le cadre, ça peut être une cagette à fruits, un coffret de bouteille de vin, une palette que tu réassembles ou tout type de boîte selon la taille de ce que tu veux faire »... et de poursuivre en nous montrant ce qu'il a trouvé pour illustrer notre article.
« Moi j’ai retrouvé un boisseau de cheminée qui traîne depuis 40 ans. Il est alvéolé et je vais remplir tout ça avec différents matériaux et on verra bien. J’expérimente ».

"Qu’ils me payent le loyer en mangeant les puces et pucerons"

On lui montre notre modèle de catalogue qui apparait assez loin de ce que sera le sien ! « Si tu veux faire genre, tu mettras un toit pentu, mais tu sais, en vrai je crois qu’ils s’en fichent les insectes ! Ça, c’est juste pour le commerce ! Dans la nature les insectes, ils s’adaptent à ce qu’ils trouvent ». Il est philosophe Robert et un peu blagueur aussi mais c'est un très grand jardinier. « Les insectes, il faut juste qu’ils soient tranquilles pour pondre, à l’abri des prédateurs et surtout qu’ils soient pas trop loin du garde-manger. C’est pour ça que je vais poser ma boîte dans le jardin. Et puis, surtout, je vais faire attention qu’il y ait des fleurs et un espace sauvage à proximlité et je vais pas traiter ou le moins possible. Je compte justement sur eux pour qu’ils me payent le loyer en mangeant les puces et pucerons ».

Quels insectes et surtout pour quoi faire ?

L'osmie, observable depuis fin mars

« Tu connais peut-être l'abeille solitaire qui adore pondre dans les trous des pièces d’appui de fenêtre. Elle s’installe là et elle y pond puis elle bouche les trous en pondant ses œufs dans des alvéoles qu’elles referment. A la fin, ta fenêtre, quand il pleut beaucoup, elle n'écoule plus l’eau qui, du coup, coule à l’intérieur l'évacuation est bouchée ! Elles seront aussi bien dans mon hôtel ». Voir photo ci-contre.

Il est su et admis depuis longtemps que les insectes sont des auxiliaires de culture très efficaces contre les puces et pucerons, tout comme les larves de charançons. Même dans les grandes monocultures, on trouve des expérimentations réussies de ce genre. On pose quand même la question de qui seront les futurs locataires à notre jardinier. « Alors ça ! Tu sais j’y connais pas grand-chose, ils ont souvent des noms à coucher dehors mais en gros il y aura des perce-oreilles (forficules) et des coccinelles, des xylophages qui vont s’installer dans le bois pourri, des abeilles solitaires et des bourdons, des punaises et autres scarabées (carabes) qui vont s’occuper des larves et limaces ». Il faudra l’installer près d’un espace naturel et fleuri où ils pourront s’occuper à polliniser et à éliminer les puces, pucerons et autres ravageurs.

Dans le cadre du DIY, on peut même faire encore plus simple

On fixera sur un poteau du jardin une simple bûche de bois dur fendue en deux et percée artificiellement de trous de différents diamètres (de 2 à 15mm), percés à l’aide d’une perceuse : ils seront rapidement occupés par les insectes nous apprend le magazine de la Hulotte, celui qui est le plus lu dans les terriers depuis près de 50 ans.

T.C.



 
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