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Les infirmières libérales appellent à l'aide

Date : 26/03/2020 | Mise à jour : 26/03/2020 18:31
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Les infirmières et infirmiers libéraux de Haute-Loire tentent de se structurer pour contrer l'avancée de l'épidémie. Le problème est qu'il manque et matériels et locaux dans un département qui n'est clairement pas prioritaire de l'avis de l'Agence Régionale de Santé.

Pour l'heure, le département altiligérien ne fait pas partie des zones durement impactées de l'héxagone par le Covid-19. Et même si personne ne sait si le coronavirus va s'intensifier en Haute-Loire, les services de santé anticipent et s'organisent y compris dans le secteur privé. C'est le cas des infirmières et infirmiers libéraux, soit 450 personnes en Haute-Loire, représentés au niveau départemental par deux syndicats: le FNI (Fédération National des Infirmiers) et le SNIIL (Syndicat National des Infirmières et des Infirmiers Libéraux).

Un appel aux dons, un appel à l'aide

Pour mettre en place cette organisation de santé publique, les deux syndicats du département recherchent non seulement des masques de protection issus de dons de particuliers ou d'entreprises, mais également des locaux de stockage et des bénévoles pour s'occuper de toute la logistique inhérente à cet important dispositif. Si vous voulez apporter votre aide de toute nature, vous pouvez joindre les syndicats ici: le SNILL et la FNI

Une organisation par secteur

Leur objectif est de venir en aide au service hospitalier via des équipes dédiées Covid-19 en suivant trois leviers. Assurer un télésuivi, mettre en place des soins à domicile, et intervenir sur un centre de consultation dédié en cas de flambée de la maladie. Différents secteurs globalement rattachés aux hopitaux départementaux sont actuellement en train de se structurer à l'instar de Craponne, bien avancé dans ce protocole, mais aussi à Yssingeaux avec un local prêté par un médecin pour stocker du matériel de protection. Langeac, Brioude et Le Puy sont également en phase d'agencement. Sur le bassin ponot "c'est d'autant plus difficile pour l'heure de s'organiser compte tenu du confinement", précise l'une des représentante de la SNIIL, souhaitant rester anonyme.

Des tournées, oui, mais avec du matériel de protection

Le FNI indique : "Nous avons exposé à l’ARS (Agence Régionale de Santé, NDLR), l’organisation que nous mettions en place sur Le Puy et le département pour des tournées COVID 19 dédiées et la condition sine qua non d’obtenir du matériel de protection et un circuit d’élimination des déchets de leur part. Nous avons demandé des masques FFP2, des surblouses, des charlottes et des lunettes. Il est de notre devoir de soignant de s’engager dans le combat contre ce virus. C’est l’essence même de notre métier. Cependant nous ne pouvons pas partir au combat sans notre arme : nos précautions standards de protection, pour limiter la propagation du virus." La première réponse de l'ARS fut un oui mais avec une interrogation sur les quantités mises à disposition, la dotation devant se faire uniquement sur les seuls 3 sites de Brioude, Le Puy et Yssingeaux. L'idée était alors de stocker dans les cabinets avec un référent désigné. Mais mercredi 25 mars l'ARS a précisé qu'ils n'auraient pas ce type de matériel. "Les hopitaux sont prioritaires et là nous ne sommes pas en zone intense", précise le SNIIL.

En recherche d'un local et de bénevoles

Devant ce mur dressé où toutes les attentions sont focalisées sur les zones géographiques profondément touchées, il reste l'appel aux dons pour le matériel. Avec cela, il faut trouver un local de stockage et des personnes bénévoles pour préparer les kits destinés aux infirmières.  "Il y a la gestion du local à faire par quelqu'un d'autre car on gère déjà nos tournées et toute la coordination sur notre temps libre, déplore la représentante du SNIIL. Donc, qui va s'occuper de la réception du matériel et de la préparation des kits ? "

Des tournées dédiées COVID-19 sur le Puy ?

Pour l'heure, la profession n'est pas prête à mettre en place des tournées comme le précise dans un courrier le FNI. "Tant que nous n’avons pas l’équipement nécessaire, la prise en charge de patients suspects, serait suicidaire, voire même criminelle. Sans application des recommandations en vigueur, nous participerons d’autant plus à la propagation du virus".

Gilles Paillet



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img_journalisteB le 27 mars 2020 - 14h03
L'article décrit parfaitement bien la situation : les infirmiers-ères libéraux s'organisent, trouvent des solutions, mais ne bénéficieront pas d'une protection (masques, combinaisons, charlotte…) de la part de l'ARS (Agence Régionale de la Santé) parce que notre département n'est pas (assez) atteint par le covid19…Ce qui amène quelques réflexions : lorsque l'épidémie était largement déclarée en Chine, nous étions, en France, rassurés, car pas encore (assez) atteints pas l

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img_journalisteMB le 27 mars 2020 - 09h06
Ce ne sont pas les locaux qui manquent , qu'ils soit municipaux ou d'enseignements, de sport, tous sont censés être fermés . Je me porte volontaire pour aider dans la gestion des kits, ou autres, mais on sait rien, ni ou s'adresser pour se rendre utile et aider dans cette crise. Merci de communiquer sur le sujet ou de m'écrire via mon email.

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img_journalisteOB le 27 mars 2020 - 07h02
Un département qui n'est pas prioritaire ?!? Envoyer les soignants "au front" sans matériel serait "suicidaire, voire criminelle" ! Pourquoi le Préfet de la Loire refuse-t'il la proposition d'un laboratoire d'effectuer 1000 tests par jour ? Pourquoi l'État refuse -t-'il qu'une usine fabrique 500 000 masques par jours ? Un système économique et un pouvoir qui préfèrent sauver l'économie avant des vies, ne sont-ils pas criminels ?

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