Les agriculteurs de Haute-Loire préparent la prochaine PAC sur zoomdici.fr (Zoom43.fr et Zoom42.fr)
logo_zoom

Les agriculteurs de Haute-Loire préparent la prochaine PAC

Date : 08/05/2019 | Mise à jour : 10/05/2019 10:11
Partager

A l'approche des élections européennes, les agriculteurs du département veulent associer les citoyens à la réflexion sur la future Politique Agricole Commune.

Lundi 06 mai, une vingtaine de citoyens rejoints par des candidats aux européennes ont répondu présents à l'invitation de Renaud Daumas et Bruno Viennois, deux maraîchers bio qui gèrent le Gaec d'Artias à Retournac et membres du collectif Haute-Loire Pour une autre PAC.
La visite de leur exploitation, dont l'objectif était de découvrir les enjeux de l'agroécologie paysanne, a servi de prétexte à un échange autour de la prochaine PAC (politique agricole commune) et donc des prochaines élections européennes le 26 mai prochain.

>> Il y a cinq ans, Zoomdici s'était rendu à Buxelles pour déceler les enjeux de ces élections européennes. retrouvez ici notre dossier sur les nouvelles orientations de la PAC.

"Etre le plus autonome possible"


Les deux hommes ont relaté leur installation et les aides dont ils ont bénécié pour pratiquer "leur agriculture". Ils produisent eux-mêmes une partie de leur terreau, à base de crotins de cheval. "Cela nous permet de faire des économies substantielles", explique Bruno. Sous les serres, les légumes bénéficient d'une bonne température. "Elle atteint 25°, grâce aux 6m3 de couches chaudes", poursuit-il.
Les deux maraîchers travaillent aussi avec du matériel ancien, des charrues et des animaux d'attelage. "L'intérêt, c'est d'être le plus autonome possible et de pouvoir s'autofinancer soi-même. L'idée, c'est de supprimer la PAC à terme pour favoriser un éco-système autour de la ferme. On limite aussi les déchets dans le cadre de l'agro-écologie paysanne", ajoute Renaud.

Une demande en produits bio très forte

Durant la visite, les échanges sont nombreux. "La demande en produits bio est bien réelle dans la restauration collective. Tout le monde veut basculer vers le bio, après il faut faire attention que ce ne soit pas les grandes plateformes de distribution qui récupèrent les marchés", amorce l'un des participants.
"Et puis, il faut aussi du personnel pour couper les légumes, car bien souvent, ils arrivent épluchés, lavés et sous vide", déplore ironiquement un autre. "Il y a aussi un gros travail avec le Département pour mieux adapter les appels d'offres aux collectivités", complète une autre personne.

Aides à l'installation, programmes de formations, sortie des pesticides

La question des jeunes qui veulent s'installer les interpelle aussi. "Il faudrait un levier pour aider davantage à l'installation agricole car parfois certains se retrouvent sans terre". Les programmes des formations dispensées dans les lycées agricoles devraient être revus, "les référenciels devraient davantage s'adapter au mode bio", revendiquent certains.
L'utilisation à outrance des pesticides et leur sortie a été également soulevée. "Dans certains pays, le glyphosate est déjà interdit". Celles des exportations était aussi : "Il faudrait arrêter de subventionner les aides sur les produits d'exportations."

Douze proprositions pour réformer la PAC

Bruno et Renaud ont énoncé les douze propositions du collectif pour une nouvelle PAC. Parmi elles, "il faudrait une aide pour favoriser la transition au bio et réduire les coûts de production." "On veut aussi associer les citoyens dans la réflexion sur la PAC". Evoquant la complexité des barêmes et des quotas, une cultivatrice soutient : "On veut plus de lisibilité sur l'attribution des aides. On nous impose trop de normes."
"Les revenus, ça devrait être le fruit de la production, pas celui de la PAC", soutient une productrice laitière de Craponne sur Arzon. "On peut apporter chacun sa pierre à l'édifice", affirme un agriculteur yssingelais en poursuivant :" en cultivant bio, on entraîne les consommateurs avec nous et on tend vers une alimentation plus saine."

Fromages de chèvre et pain bio

Les participants ont pris ensuite la direction de la ferme des Fromentaux au Mazel, pour visiter l'exploitation de Véronique Cheminet et Teddie Loui Colin. Les deux femmes produisent du fromage de chèvre bio, mais cuisent également du pain dans un four datant d'une vingtaine d'années, et utilisent une ancienne machine à trier le blé. 
Elles proposent leur production aux Amap (associations pour le maintien d'une agriculture de proximité), sur les marchés, et en vente directe à la ferme. En fin de journée, les candidats de tous bords aux élections européennes (Europe Ecologie les Verts, Debout la France, Génération-s, La France Insoumise) ont signé les douze priorités en signe d'adhésion. Les participants sont invités  à participer à une table de débat citoyen le vendredi 10 mai à 20h30 à la Maison pour Tous de Chadrac.


M-A.B.




Vous aimerez aussi



Commentez

img_journalisteJG le 10 mai 2019 - 16h13
Bon courage! La PAC a sauvé nos paysans (merci l'Europe), mais elle favorise de beaucoup les grandes propriétés (la famille princière de Monaco est première bénéficiaire de France...) , la grande culture, l'agroindustrie (chez nous à Saint-Paulien, pour le plus grand bénéfice du sénateur...) et il va être difficile, alors qu'elle va être réduite de la contribution britannique, de la réorienter vers le bio et la petite exploitation...

Signaler un abus

img_journalisteA le 10 mai 2019 - 12h38
Bonne résolutions, cependant concernant le foncier, ne pourrait-on pas copier ce qui se passe aussi en France : C'est-à dire que la terre qui est exploitée par l'agriculteur ne lui appartient pas . La seule charge étant une forme de loyer et un contrat à respecter .... bien sûr il y a des mentalités à changer , mais cela soulage sérieusement les finances .

Signaler un abus