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Le chemin de Stevenson durement touché par le confinement

Date : 05/06/2020 | Mise à jour : 05/06/2020 16:35
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À cette époque de l'année, maints marcheurs se croisent sur le fameux chemin long de 272 km reliant le Puy-en-Velay à Alès. Ça, c'était avant. Entre les chiffres annoncés par l'association Sur le chemin de Stevenson et le témoignage d'une marcheuse, profondes sont les ornières creusées par le Covid.

Seul, en groupe, en famille, avec un âne, à vélo ou à cheval, le chemin emprunté par Robert-Louis Stevenson en 1878 attire chaque année près de 8 000 personnes, un périple d'environ douze jours sur le GR70. D'habitude très usité dès le mois d'avril, le chemin apparaît aujourd'hui comme une traversée du désert, seulement honoré par de rares âmes courageuses. "Je suis partie seule du Monastier-sur-Gazeille en fin de semaine dernière pour arriver aujourd'hui à Luc (48), décrit Annette Malochet, trentenaire vadrouilleuse. J'ai mis quatre jours et trois nuits pour faire ces premiers 75 kilomètres. Un ami m'avait dit que j'allais rencontrer plein de monde et qu'il y avait une super ambiance. En quatre jours, j'ai croisé deux autres marcheurs et un motard". À noter qu'Annette Malochet a effectué ses premières étapes avant et après la date décisive du 2 juin, date qui correspond aux annonces gouvernementales concernant la réouverture généralisée des bars et des restaurants.

Profil du marcheur (étude de 2016):

- Plus de 45% ont entre 60 et 70 ans, sont retraités, et marchent en groupe
- 74% des marcheurs s'hébergent en gite d'étape
- 12% utilisent une agence de voyage pour leurs réservations
- 4% des marcheurs usent d'un âne pour le transport des bagages
- 75% font transporter leur bagage

500 à 50 000 euros de pertes en moins de trois mois

L'association Sur le chemin de Stevenson est forte de 201 adhérents constitués précisément de 126 hébergeurs, 28 commerçants, 7 agences de voyages, 7 transporteurs, 7 loueurs d'ânes et le reste de services divers. Pour effectuer un tour d'horizon sur leur état de santé et moral, elle a réalisé un sondage auprès de 79 hébergeurs. "Au niveau des annulations, elles se situent entre 10 et 740 annulations depuis le confinement infligeant des pertes allant de 500 et 50 000 euros en fonction des structures, partage Barbara Sack, chargée de mission de l’association. La moitié du personnel a été en chômage partiel. Et si 44% des hébergeurs embauchent des saisonniers en temps normal, ce chiffre a chuté à 19% cette année".

Encore quelques difficultés pour s'héberger

D'après le sondage, la plupart des hébergeurs étaient ouverts le 2 juin. Mais selon Annette Malochet, il reste difficile à trouver un logement sur le chemin. "La première nuit, je n'ai pas eu de soucis, confie-t-elle. Je suis pourtant arrivée tard, vers 19 heures, à l'étape du Boucher Saint-Nicolas où j'ai pu dormir dans une roulotte sans difficulté. Les deux autres nuits, j'ai dû me résoudre à faire du bivouac car aucun établissement n'était ouvert à proximité. Ceux de disponible se situaient à trois ou quatre kilomètres du tracé de Stevenson." Toujours d'après la marcheuse, les camping étaient également fermés. "Pour boire, je me servais dans les fontaines des villages traversés". Quant au transport des bagages par la Malle Postale, elle devrait reprendre ses navettes régulières le 15 juin. D'ici là, l'entreprise propose un transport personnalisé.

Histoire du chemin :

1879 : Publication Voyage avec un âne dans les Cévennes
1978 : le Club Cévenol organise le 100ème anniversaire du voyage en balisant le chemin en bleu et blanc
1993 : le Chemin de Stevenson est labellisé GR70
1994 : Création de l’association Sur le Chemin de Robert-Louis Stevenson
2019 : environ 8 000 personnes se sont aventurés sur le chemin

Les réservations recommencent pour la très grande majorité

Malgré ce noir tableau dépeint par Annette Malochet et l'association, 67% des hébergeurs sondés ne pensent pas que le chemin soit en péril. Mais un quart d'entre eux estiment tout de même leur structure en grande difficulté et un autre quart résignés à trouver un emploi complémentaire pour combler leur déficit. "65% ont bénéficié d'aides issues des Fonds de Solidarité et de l'Ursaff, indique Barbara Sack. 90% font face à des charges supplémentaires provoquées par l'achat de produits d’hygiène et par le temps de travail consacré aux réaménagements sanitaires." Un chiffre apparaît néanmoins comme une éclaircie au milieu de la tempête : 86% des hébergeurs ont déclaré avoir des réservations pour les mois à venir.

Nicolas Defay

 
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