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Le chemin de Michel Grand, pèlerin suisse

Date : 30/07/2020 | Mise à jour : 01/08/2020 15:32
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Chef d'une petite entreprise helvète, Michel Grand est une victime collatérale du Covid-19. Son entreprise ayant dû fermer ses portes, il a décidé de prendre le départ du chemin de Saint-Jacques depuis Constance en Allemagne.

Au printemps, la Suisse s’est confinée pour une durée de trois mois. Comme chez nous, tous les événements ont été annulés, restaurants et hôtels fermés, l’économie au ralenti. Pour Michel Grand, importateur de machines (tireuses à bières et distributeurs de vin au verre) dans le domaine de l'hôtellerie / restauration, la situation est critique, d’autant plus que ses produits viennent d’Italie. N’ayant plus de producteurs ni clients, l’entrepreneur de 47 ans doit mettre la clé sous la porte.

Kilomètres

A son arrivée, Michel aura parcouru en tout 2340 km de Constance (Allemagne) à St-Jacques de Compostelle (Espagne) et 1800 km en une fois depuis Lausanne.

 

Le Covid, élèment déclencheur


Il y a quelques années, après un voyage en Espagne et une étape à Saint-Jacques-de-Compostelle, germait en Michel l’idée de parcourir le chemin de pèlerinage au départ de la ville de Constance (Allemagne). Cependant, devant gérer seul son entreprise, il y renonce rapidement. Mais dès ses affaires commerciales réglées, notre ex-entrepreneur se sent libéré de toute contrainte et c’est le déclic, il va prendre la route ou plutôt “ El Camino” comme il le nomme.

“Je pense que si il n’y avait pas eu ce Covid, j’aurai toujours eu peur de me lancer et puis là, en sachant que de toutes façons ce que je faisais n’existe plus, j’ai pas réfléchi, j’ai dit : j’y vais ! Il fallait tout organiser ça a été très rapide”

Avec beaucoup de minutie, Michel organise alors son voyage, sous l'alias de Miguel, il emporte avec lui tout le nécessaire pour être autonome (tente, réchaud à gaz et tout le nécessaire de camping). Ayant déjà réalisé une première partie du chemin par étapes journalières de l’Allemagne à son domicile de Lausanne il prend début Juillet la route de Genève puis du Puy-en-Velay par la “Via Jacobi”.

Après plusieurs jours de match, l’effort est intense, son sac est trop lourd, il doit éliminer du poids. Il s’arrête alors dans un bureau de poste et renonce à son matériel de camping, ses chaussures de rechange et ses trop nombreux guides qu’il renvoie à Lausanne. Se retrouvant sans toile pour dormir Michel découvre les gîtes de pèlerins et les accueils jacquaires.

Se laisser le temps


“Je crois que le chemin c’est aussi des rencontres, marcher seul la journée et faire le vide dans sa tête mais aussi échanger avec les locaux le soir”,“C’est à force de répéter mon histoire que je me rend compte de ce que je veux et surtout ce que je ne veux plus”

Le chemin est pour Michel l’occasion de se recentrer sur lui même, lui qui n’avait plus le temps de rien reprends maintenant son souffle. Son voyage est pour lui l’occasion d’aller de l’avant littéralement et de ne plus retourner en arrière. Il nous confie “ Je ne veux pas retrouver ma vie d’avant, j’avais plus le temps de rien, maintenant je profite, je m’arrête quand je veux”

Le covid, un frein ?


Pour l'instant, Michel n'est pas trop freiné par le covid, "Le nombre de gîtes fermés est minime, il y a eu seulement deux personnes qui m'ont dit qu'ils ne pouvaient pas me prendre. Franchement pour l'instant le Covid a pas une grosse influence même si je n'ai rencontré que trois autres personnes sur le chemin."

Quand on lui demande s'il a eu peur de partir malgré le Covid, peur de ne pas trouver de gîte, peur de rester bloqué, Michel répond par la négative : " Non, non et puis si il faut rester coincé, j'irai travailler chez un paysan qui puisse me loger et me nourrir. Et puis j'attendrais de repartir... Là je continue, pour moi il n'est pas question de rentrer et puis de recommencer après, c'est maintenant, ici maintenant tout de suite."," Je continuerai quoi qu'il arrive, je ne rentrerais pas avant d'avoir fini mon chemin". Financièrement, notre ami suisse s'en sort avec environ 20 euros par jour pour le logement et la nourriture. Il compte atteindre sa destination finale du cap Finisterre ( à 90 km de la cathédrale de St-Jacques-de-Compostelle) début octobre.

Vous pouvez retrouver la route de Michel, ou Miguel comme il s'est prénommé en référence à sa destination hispanique, sur son site www.elcaminodemiguel.ch et son compte instagram elcaminodemiguel.

L.B.


 
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