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Le Puy : des agents du SAMU se rallient au mouvement de grève des Urgences

Date : 10/09/2019 | Mise à jour : 13/09/2019 07:55
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L'annonce des 12 nouvelles mesures prises par la ministre des Solidarités et de la Santé dans le cadre du "pacte de refondation des Urgences", n'a pas convaincu les grévistes. Le mouvement est donc reconduit au centre hospitalier Emile Roux du Puy-en-Velay, comme partout en France.

Le 17 juin dernier, l'équipe paramédicale du service des Urgences du Centre hospitalier Emile Roux du Puy-en-Velay entrait dans le mouvement de grève nationale illimitée. Soutenu par les organisations syndicales (CGT, FO et CFDT), le personnel dénonçait les mauvaises conditions de travail et d'accueil des patients.

>> Pour en savoir plus : Le personnel des Urgences de l'hôpital du Puy en grève illimitée 

Depuis le début du mouvement au niveau local, quelques revendications ont été satisfaites. Des brancards et autres petits matériels ont été réparés. Mais surtout, le personnel a pu compter sur la présence d'un agent administratif pour gérer les entrées de 21h à minuit, "chose que nous n'avons pas le reste de l'année", précise Carole, infirmière, à l'occasion d'une conférence de presse organisée, ce mardi 10 septembre 2019, devant les Urgences du centre hospitalier Emile Roux. Mais tout s'est arrêté le 31 août. Ce qui fait que nous sommes de nouveau en difficulté depuis le 1er septembre."

Le mouvement de grève illimitée engagé par les 120 agents du service des Urgences et les agents de la régulation du SAMU, n'impacte pas la prise en charge des patients.

La colère est donc toujours palpable chez les membres du personnel des Urgences du Puy. Ils réclament des moyens financiers supplémentaires : reconnaissance de la pénibilité des horaires alternant jour/nuit, majoration de la prime de nuit et octroi de l'indemnité forfaitaire de risque. S'ajoute renforcement des effectifs actuels avec un poste d'infirmier en journée, un brancardier et un agent administratif de nuit, ainsi que la création d'un poste d'agent de sécurité 24h/24. "Cette création de poste fait partie de nos revendications premières. Cet été de nombreuses fiches d'événements indésirables ont été faites. Une de nos collègues a été arrêtée plus de 40 jours avec deux jours d'ITT (incapacité totale de travail, Ndlr) suite à une agression."

"La grève des Urgences témoigne de la crise que traverse l'hôpital public dans son ensemble"

La conférence Force Ouvrière des EHPAD et services à domicile appelle à une grève reconductible à partir du 23 septembre prochain.

Le manque de personnel n'est pas un problème isolé au sein des Urgences. "Sur l'hôpital, le manque de postes est estimé à 200 équivalents temps plein, explique Amandine Rabeyrin, secrétaire CGT Santé de l'hôpital Emile Roux. Aujourd'hui, le personnel des Urgences a été rejoint par leurs collègues de la régulation SAMU, c'est-à-dire les gens qui répondent au téléphone quand on appelle le 15, sur la base des revendications communes. Eux aussi pour fonctionner normalement, auraient besoin de postes supplémentaires. La grève des Urgences témoigne de la crise que traverse l'hôpital public dans son ensemble.

Un assistant médical de régulation au SAMU 43, qui a souhaité rester anonyme, raconte ses conditions de travail :


(Cliquer sur "Listen in browser" pour une écoute sur smartphone ou tablette)

"C'est à se demander si Madame Buzyn connaît bien le sens du mot Urgence !"

Hier, lundi 9 septembre, la ministre des Solidarités et de la Santé a dévoilé les mesures clés** du "pacte de refondation des Urgences", avec la promesse d'un budget dédié de 754 millions d'euros jusqu'en 2022. Qu'en pense-t-on du côté des Urgences du CH Emile Roux du Puy ? "Celle-ci (la ministre de la Santé, Ndlr) n'a à aucun moment parlé de création de lits, d'augmentation du personnel ni d'augmentation du salaire et n'envisage que des mesures sur trois ans. C'est à se demander si Madame Buzyn connaît bien le sens du mot Urgence !", a déclaré Catherine Experton, secrétaire de section CFDT de l'hôpital Emile Roux.



Stéphanie Marin

**Les douze nouvelles mesures "pacte de refondation des Urgences"

  • Mettre en place dans tous les territoires un service distant universel pour répondre à toute heure à la demande de soins des Français : le service d’accès aux soins (SAS). D’ici l’été 2020, les Français disposeront d’un service disponible par différents canaux – que ce soit en ligne ou par téléphone – qui fournira l’information et l’orientation sur tout le territoire pour toutes leurs questions de santé.
  • Renforcer l’offre de consultations médicales sans rendez-vous en cabinet, maison et centre de santé.
  • Donner à la médecine de ville les mêmes outils de prise en charge que les urgences.
  • Offrir aux professionnels non médecins des compétences élargies pour prendre directement en charge les patients.
  • Généraliser des parcours dédiés aux personnes âgées pour éviter les urgences.
  • Intégrer la vidéo à distance dans tous les SAMU.
  • Mieux utiliser les compétences médicales et soignantes rares en graduant les services d’urgences et en réformant les transports médicalisés.
  • Renforcer et reconnaître les compétences des professionnels des urgences.
  • Lutter plus efficacement contre les dérives de l’intérim médical.
  • Réformer le financement des urgences.
  • Renforcer la sécurité des professionnels exerçant aux urgences.
  • Fluidifier l’aval des urgences grâce à l’engagement de tous en faveur de l’accueil des hospitalisations non programmées.

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img_journalisteM le 11 septembre 2019 - 16h42
si l'on associait un représentant de ces y a qu'a faut qu'on à l a gestion de l'établissement, gérer les finances, les demandes, les absences,les insuffisances, les emplois du temps pour un fonctionnement global et non en fonction des demandes de chacun, la coordination avec les autres services les pompiers les médecins etc... peut être changeraient ils d'avis en fait c'est un problème gros sous le patient n'est qu'un "outil" de pression

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img_journalistec le 11 septembre 2019 - 11h15
Premier tri à l'accueil : urgence reconnue : gratuit, visite de confort : facturation ! Je suis certain que les embouteillages diminueraient aux Urgences de l'hôpital.

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img_journalisteEL le 10 septembre 2019 - 22h10
Soutien inconditionnel ! ne lâchez rien ! Et au cas où personne n'aurait noté, la loi 2002 met le patient au coeur des soins. Dans ce pacte, le patient n'apparait dans aucun alinéa. Hors ces grèves ont lieu parce que le personnel n'en peut plus de travailler mais aussi parce que les patients ne sont plus soignés correctement de ce fait...

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