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La députée Isabelle Valentin fouille le contexte pénitentiaire

Date : 16/02/2018 | Mise à jour : 26/02/2018 12:26
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Un passage qui avait été récemment repoussé et qui a finalement eu lieu ce vendredi matin : Isabelle Valentin est venue visiter la maison d’arrêt du Puy.

« Je ne connaissais pas la prison, confie la député de la 1ère circonscription de la Haute-Loire (Le Puy-Yssingeaux), à son arrivée à la maison d’arrêt du Puy, dans la matinée de ce vendredi 16 février, j’avais bien l’intention de venir vous voir, prendre conscience des conditions dans lesquelles vous travaillez, puis je pense que c’est important pour une députée de connaître l’institution. »

Quelques chiffres

La prison compte 27 surveillants, 5 gradés dont un major, 2 officiers, 4 personnels administratifs, 1 cinquième nommé à compter de mars.

40 détenus pour 36 places.
Les peines sont en général de trois ou quatre mois. Le détenu le plus ancien attend son jugement depuis 4 ans.


La reconnaissance comme principale revendication

Un visite de parlementaire, c’est l’occasion de rappeler que « les agents font leur travail, ils ont besoin de reconnaissance à ce niveau-là d’ailleurs, comme l’assure le capitaine Philippe Maitre, le chef d’établissement, c’est leur principale revendication, la reconnaissance de l’État par rapport au travail qui a été effectué. »

L’officier regrette d’ailleurs que l’on ne vienne voir les prisons « que lorsqu’il y a des évènements. »
À ce propos, Isabelle Valentin estime que « c’est une amélioration globale du système de justice qui fera qu’on pourra peut-être alléger les choses dans les prisons. »

«La surcouche des normes françaises qui est en cause ?»

Et en termes de procédures, visiblement, les dernières normes européennes n’arrangent pas les choses quant aux charges de travail : « beaucoup de choses à rendre compte », explique Philippe Maitre, avec de nouveaux processus à intégrer, des critères auxquels répondre, des labellisations à obtenir… Si la députée ne connaissait pas le milieu des prisons, elle va avoir droit à une séance de rattrapage.
Elle questionne toutefois : « est-ce que c’est bien les normes européennes, ou est-ce que c’est la surcouche des normes françaises qui est en cause ? »

«Les personnes détenues ont besoin d’être prises en charge»

Ce que le chef d’établissement constate surtout, c’est qu’il n’avait pratiquement plus le temps de se rendre en secteur détention, « j’ai demandé une création de poste pour justement alléger les tâches administratives, une personne arrive en mars. »
Philippe Maitre évoque aussi le temps que passent les surveillants « à rendre compte sur ordinateur, un temps qu’ils ne passent pas avec les personnes détenues qui ont besoin d’êtres prises en charge complètement et c’est notre travail. »

La formation de surveillant

Elle dure entre 8 et 12 mois, en fonction des spécialités.
Elle s’effectue à l’ENAP (école nationale d’administration pénitentiaire), avec plusieurs stages en établissement sur lesquels les élèves sont notés. En fonction de leur classement, ceux-ci sont affectés pour les 3/4 en région parisienne.


«Quand la porte s’ouvre, j’ai peur»

Un travail auprès de personnes de plus en plus fragilisées socialement, avec une forte proportion de cas relevant de la psychiatrie, de multirécidivistes notamment dans le cadre de trafics et de consommations de stupéfiants, « une réflexion qu'un détenu m'avait faite, se souvient l’officier : "quand la porte s’ouvre, j’ai peur", quelqu’un qui revenait régulièrement toujours pour les mêmes faits de violence ou de drogue, mais à l’intérieur, digne de confiance. »

Les fouilles de plus en plus réglementées

Une mission des gardiens de prison qu’il faut adapter aux droits du public, notamment les fouilles de plus en plus réglementées : « mais vous avez tout de même le droit de fouiller les cellules ? », s’enquiert la députée.
Les cellules oui, « mais ce n’est pas dans les locaux qu’on trouve le plus, explique le chef d’établissement, plutôt sur les personnes. Pour décider d’une fouille intégrale sur un détenu, j’ai quatre documents à remplir, trois coups de téléphones à donner, là où avant j’avais juste un écrit à faire. »

La petite révolution d’une douche par cellule ?

La faute à certaines dérives passées, « et des abus il y en a eu », rappelle l’officier.
Une autre difficulté qui a été abordée, c’est celle des parloirs : « on n’a pas le droit de fouiller les personnes venant de l’extérieur, seulement la police ou la gendarmerie et uniquement avec l’aval du procureur de la République. »
De récents travaux ont été effectués à la maison d’arrêt (un ravalement de façade), d’autres sont programmés prochainement, comme le raccordement au réseau de chaleur qui va occasionner une petite révolution avec, à l’étude, l’installation du douche par cellule.

«Pas d’économie en construisant de grosses structures»

Des investissements tournés certes vers l’avenir, mais qui n’empêchent pas le personnel pénitentiaire de redouter le pire, à savoir la fermeture de l’établissement, « comme cela a été le cas à Clermont après l’ouverture de la nouvelle prison de Riom qui compte 600 places et ce qui pose question, c’est la construction prochaine de la nouvelle prison de Saint-Étienne. »
Isabelle Valentin estime pourtant que l’on ne fait « pas d’économie en construisant de grosses structures, avant de rajouter, se voulant rassurante, on manque de places, on ne va pas en supprimer. »

Jacques Jamon



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Commentez

img_journalisteM le 18 février 2018 - 19h19
Quelle info elle existe donc cela va tout changer c'est sûr

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img_journalisteR le 18 février 2018 - 15h11
La députée dans un établissement public de formation ? Non pénitentiaire. Ha, je me disais aussi...

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img_journalistePm le 17 février 2018 - 08h40
Elle s'intéresse surtout aux conditions de détention et non pas aux conditions de travail du personnel pénitentiaire, c'est marrant tous ces politiques qui visitent de plus en plus les prisons vous trouvez pas?

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