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Gilets jaunes : qu'en pensent les transporteurs routiers de Haute-Loire ?

Date : 21/11/2018 | Mise à jour : 22/11/2018 06:25
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Si la plupart des patrons de sociétés de transport routier de Haute-Loire comprennent les raisons du mouvement des gilets jaunes, ils sont nombreux à contester la méthode.

La section « Transports » nationale de Force Ouvrière est le premier syndicat de salariés à appeler directement ses adhérents à se joindre aux gilets jaunes, sous la bannière FO, depuis ce mardi. La CGT43, elle, dit accompagner le mouvement sans vouloir le récupérer.

« Certains patrons sont courageux et ont donné un jour de congé à leurs employés ». C’est ce que déclarait un manifestant en gilet jaune, ce samedi 17 novembre 2018, sur la place du Breuil du Puy-en-Velay au Figaro en parlant des transporteurs routiers. Nous avons donc contacté les directions de plusieurs entreprises locales du secteur lundi (échantillon non exhaustif). Aucune n’avait eu écho de cette initiative. A fortiori, aucune ne l’appliquait (ce qui ne veut pas dire qu'elle n'existait pas ailleurs). Mais cela a été l’occasion de recueillir leurs positions.

Tony Archer, pour les Transports Archer et les Transports Chambon Fils à Saint-Germain Laprade :
« C’est compliqué pour tout le monde. On subit la hausse des prix des carburants comme chacun. Pour nous, d’ici la fin de l’année, le budget gazoil aura augmenté de 20 %. Alors tout le monde est prêt à faire des efforts mais on se demande bien où part tout cet argent. Oui, je soutiens le mouvement des gilets jaunes. »

À Multi Transports aux Fangeas :
La direction n'était pas joignable lors de nos appels. Il semblerait que par la force des choses, les chauffeurs ont eu leur journée lundi mais simplement parce que les camions ne pouvaient pas sortir du dépôt.

Un entrepreneur du secteur des transports routiers de Haute-Loire, lui, se dit « d’accord avec les gilets jaunes sur le principe par rapport aux taxes, mais la seule chose qui me froisse ce sont les dérives. Les rassemblements ça crée des émulsions. Après c’est le bazar, avec des pneus brûlés, des violences... C’est la méthode que je conteste. J’aurais préféré un mouvement plus pacifique. Là, ça n’aura pas d’impact. On crame du gazoil, c’est tout. » Lundi, chez ce transporteur, aucun salarié n’avait demandé sa journée de congé pour aller rejoindre les gilets jaunes.

La mobilisation nationale citoyenne contre la vie chère a débuté ce samedi 17 novembre 2018. Le prochain grand rendez-vous aura lieu ce samedi 24 à Paris mais sans doute pas place de la Concorde comme évoqué sur les réseaux sociaux, une place trop difficile à sécuriser selon la police.
Ce mardi, le mouvement a été endeuillé une deuxième fois. Un motard de 37 ans est mort après avoir été percuté par un camion lors d'un ralentissement crée par un blocage dans la Drôme.

Solange Delolme, Pdg des Transports Colombet à Sainte-Sigolène :
« Offrir une journée de congé aux salariés, on n’a pas les marges pour ça ! Déjà que les deux jours de neige de fin octobre ont été un coup dur. En plus, des camions bloqués sur les routes, ça signifie qu’il faut qu’on paye les frais de déplacement de nos chauffeurs et leurs salaires pour des livraisons non effectuées. Le week-end dernier [17-18 novembre, Ndlr], nos camions étaient rentrés au parc. Sur le principe, on est tous dans le même bateau mais on n'y fera pas grand-chose. Ces mesures écologiques, elles ont été votées sous Hollande, pas sous Macron comme on l’entend. À part un décret, je ne vois pas. Le problème en France c’est qu'il n’y a plus de sous. On subit mais on fait avancer. On savait que les prix des carburants allaient augmenter. Tant qu’ils ne mettront pas tous les camions sur les rails ! Comme il n’y a pas assez de rails et qu’ils ne vont pas jusqu’aux usines… Mais bloquer le pays c’est se tirer une balle dans le pied. Il faut faire voir qu’on est en colère mais surtout ne pas bloquer. Il y a deux ans, les raffineries ont été bloquées pendant une dizaine de jours mais on dirait que personne ne s’en souvient. Et là, vendredi, les grandes surfaces ont été dévalisées. Bloquer l’économie n’est vraiment pas une solution. »

Jean-Christian Vialelles, délégué régional Sud-Est de TLF (Union des Entreprises de Transport et de Logistique de France) :
« Offrir une journée de congé pour permettre aux chauffeurs de manifester avec les gilets jaunes, c’est une idée qui me surprend. Je n’en ai pas entendu parler. TLF ne participe pas au mouvement ce qui ne veut pas dire qu’on ne le soutient pas. Mais nous avons nos propres revendications, concernant les taxes notamment. Nous sommes en discussions avec les ministères, dont celui des transports. Mais nous ne mélangeons pas les revendications. »

Annabel Walker





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img_journalisteR le 24 novembre 2018 - 11h55
A l'heure du réchauffement climatique , il est VITALE que les routiers prennent le ferroutage pour les grandes distances ; disons au delà de 600 ou alors changer d'énergie comme le gaz , l'hydrogène

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