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Environnement : des pistes pour désobéir

Date : 18/11/2019 | Mise à jour : 18/11/2019 13:23
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Sous la houlette de l’association Nature & Progrès 43, le Festival des Mauvaises Herbes de Chadrac était consacré cette année au thème ô combien glaçant de l’effondrement. Que faire à l’échelon local ? Faut-il désobéir ? Pourquoi les élus se contentent-ils de mesurettes ? Autant de questions qui ont agité les esprits et les débats.

Ces 20 dernières années, l’Homme a puisé plus de ressources sur la planète que pendant toute l’histoire de l’humanité auparavant. 60 % des vertébrés et 80 % des insectes ont disparu en 40 ans. La production de plastique dans le monde a doublé depuis l’an 2000.

Tous les voyants sont au rouge clignotant, et si nous ne ressentons pas encore de plein fouet les effets de l’effondrement, dit-on, c’est uniquement parce que l’énergie reste pour l’instant quasiment gratuite (au regard de ce qu’elle coûte à la planète) et que les canicules restent supportables. A l’invitation de Renaud Daumas et de Marianne Villon, des pointures du sujet comme Corinne Morel-Darleux, Jacky Chabrol ou Vincent Mignerot sont venus à Chadrac présenter les tenants et les aboutissants de l’effondrement et esquisser un champ des possibles.

"Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend" (Youna Marette, porte-parole des grèves scolaires pour le climat en Belgique, en février 20019)

Quelles pistes d’actions concrètes en Haute-Loire ?

Enseignante de profession, Chloé Landriot est bien connue dans le département pour avoir publié le livre « La Famille sans supermarché ». Sensibilisée à la question de l’effondrement par la lecture des ouvrages de Jean-Marc Jancovici et de Pablo Servigne, c’est elle, avec Jean-Pierre Milone, qui animait la réunion de clôture du Festival, dont l’objet était d’accueillir la parole des festivaliers après cette avalanche de mauvaises nouvelles (« En fait, la plupart étaient déjà bien préparés », observe-t-elle), de recueillir leurs émotions et de recenser les pistes d’actions concrètes dans le département. Un des moyens concrets d’agir, rappelait-elle, est de rejoindre les associations existantes qui se battent pour la sauvegarde du vivant, comme France Nature Environnement ou l’association Nature & Progrès, pour citer deux « poids lourds » du 43, parmi la myriade d’initiatives existantes (sur la permaculture, le « zéro déchet », la solidarité, etc.).

La question de la désobéissance

L’essor de mouvements comme Extinction Rebellion – qui jugent que la méthode douce n’a pas porté ses fruits et qu’il convient de « muscler » la lutte – pose la question de la désobéissance civile. Les Altiligériens doivent-ils désobéir face à l’incurie des élus ? Si oui, comment ? Badigeonner les panneaux publicitaires et les écrans numériques qui fleurissent dans nos villages, comme le suggère le conférencier Jacky Chabrol ? Refuser de travailler sur un outil polluant sur son lieu de travail ? Saboter des engins sur le chantier d’une zone commerciale ? Il faut « archipelliser » la résistance, créer des îlots de lutte, assure la conférencière Corinne Morel-Darleux. Chacun doit agir localement, à sa mesure. Quand le dialogue est rompu, il faut désobéir. Et le temps presse.

En Haute-Loire, tout cela semble encore assez balbutiant, mais rendez-vous est d’ores et déjà donné le vendredi 29 novembre 2019 à 20 heures à la Maison Pour Tous de Chadrac pour creuser le sujet et évoquer à tête reposée des pistes pour agir, concrètement, localement, face à l’effondrement.

La poésie au cœur de la question

Poète à ses heures, Chloé Landriot établit un lien entre l’effondrement que nous vivons, notre rupture totale avec la nature, et la disparition de la poésie dans nos vies. « La poésie, dit-elle, est une manifestation de notre rapport au monde, à la nature, elle nous permet d’exprimer des émotions violentes, comme le deuil, le désespoir. » Privé de poésie, le monde s’effondre. C’est précisément pour remettre de la poésie dans nos existences qu’elle proposera un événement « poésilient » (mêlant résilience et poésie) les 12 et 13 juin 2020, en partenariat avec la MPT de Chadrac et la bibliothèque municipale.

JBB



L'affaire de tous mais...

Le festival des mauvaises herbes s'est ouvert sur la conférence de la conseillère régionale de la Drôme Corinne Morel Darleux (gauche écologiste). L'auteure de « Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce » (Libertalia) a réfusé le principe, à la mode, de faire front commun, de tous bords politiques, en matière de protection de l'environnement. Celle qui a longtemps milité au Parti de gauche mais n'est plus encartée a expliqué pourquoi, à son sens, l’écologie était indissociable de la lutte sociale. Car dans une société capitaliste, les plus riches et les plus influents sont les derniers touchés par l’effondrement des écosystèmes.
Elle en veut pour exemple ces milliardaires qui se font construire des bunkers anti-catastrophe ou achètent des îles aux endroits stratégiques de la planète qu’ils pensent être les moins touchés. Autre exemple, la société de sécurité Pinkerton qui propose des contrats pour envoyer des commandos sur une zone de catastrophe naturelle et extraire des cadres de multinationales. L’effondrement du vivant est même un sujet de pari puisqu’il existe des « cat bonds », des titres en bourse où l’on spécule sur la prochaine catastrophe naturelle pour s’enrichir.

A chacun son mode d'action

Si elle soutient les actions de désobéissance civile, y compris la violence envers les biens (et jamais les personnes), elle reconnaît que tout le monde ne peut pas se permettre de prendre le risque de se faire arrêter, d’avoir un casier judiciaire. Et donc, à chacun son mode d’action : les manifestations pacifiques sont selon elle complémentaires des actions « coup de poing ».

AW













 
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