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Déviation St-Hostien/Le Pertuis vraiment écolo ?

Date : 26/05/2020 | Mise à jour : 26/05/2020 11:49
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"Le chantier sera exemplaire en matière d'environnement". C'est ce qu'avait assuré Michel Chapuis, maire du Puy-en-Velay, lors de ses vœux en début d'année 2020. Pourtant, l'Autorité environnementale (Ae) est loin de partager en totalité cet avis.

10.7 kilomètres de long entre le Pertuis et Saint-Hostien en passant par Saint-Pierre-Eynac et Saint-Etienne-Lardeyrol. 13 ouvrages d’art. Un viaduc de 300 mètres de long. 2 600 mètres linéaires de protections acoustiques. 3 millions de m³ de déblais pour 1,4 millions de m³ de remblais. "Cela va être la plus grande réalisation d’un bloc de la RN88, s’était enthousiasmé Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergnes-Rhône-Alpes lors du premier coup de pelle des travaux le 28 février dernier. S'il est vrai que, lors de la présentation du projet, tout a été passé au crible quant aux réalisations prévues et au financement en majorité assuré par la Région AuRa, peu de place a été donné aux conséquences environnementales d'un tel chantier. L'Autorité environnementale (Ae) a pointé quelques nuages noirs dans ce ciel si bleu.

L'Ae ? Quésako ?

L'Autorité environnementale (Ae) est une notion juridique et une entité indépendante récente, liée à l'évaluation environnementale. Elle est établie dans chaque pays européen. Elle émet des avis sur les plans, programmes et projets soumis à évaluation environnementale. Elle veille à la juste compensation du dommage environnemental.

Sites de dépôts des déblais pas définis

À travers un communiqué de presse que cette autorité indépendante a publié ce lundi 25 mai, il est mention de nombreuses zones géographiques sensibles en matière d'environnement. Pour l'Ae, le projet de la déviation Saint-Hostien/Le Pertuis n’apparaît pas assez précis pour comprendre comment sauvegarder ces secteurs là. "Le projet s’inscrit dans un territoire agricole et naturel, de grande qualité paysagère, caractérisé par la présence de nombreuses zones humides et d’une trame bocagère favorisant les continuités écologiques. L’emprise totale des travaux est de près de 140 hectares. Les sites de dépôt qui accueilleront les matériaux de déblais excédentaires ne sont pas définis. Ils devraient pourtant faire l’objet d’une description et d’une évaluation de leurs impacts sur l’environnement".

Pas d'anticipation écologique

Autre flaque d'huile indiquée par l'Autorité environnementale concerne le zéro carbone. "Le projet a été conçu et déclaré d’utilité publique il y a plus de 23 ans, rappelle l'Ae. Le dossier ne précise pas en quoi il s’inscrit dans l’objectif "zéro artificialisation nette" du territoire, ni comment il intègre et contribue à répondre à l’engagement de la France d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. Le dossier ne présente pas le bilan carbone de l’opération et ne prévoit pas de mesures de compensation pour ces deux sujets".



Une sous-estimation des conséquences sur l'environnement

Si, d'après l'Ae, les travaux intègrent tout de même des conceptions favorisants le réaménagement des cours d’eau, le traitement des eaux des ruissellements naturels et routiers et la protection des périmètres de captage, ils ignorent l’objectif d’absence de perte nette de biodiversité, pourtant inscrit dans la loi de 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. "La méthode employée pour le calcul des surfaces de zones humides détruites, ainsi que la prise en compte des seuls habitats naturels à enjeux qui abritent des espèces protégées, conduisent à sous-estimer les incidences du projet et les surfaces de compensation à rechercher", souligne-t-elle.

Des recommandations mais pas de décisions

Prendre en compte tous les habitats naturels sensibles, respecter la loi 2016 sur la biodiversité, évaluer le coût des dispositifs suivi et de gestion à long terme des mesures environnementales. Telles sont quelques-unes des recommandations que l'Autorité environnementale indique au maître d'ouvrage et donc à la Région Auvergne-Rhône-Alpes, financeur à 87% du projet total de la déviation et du doublement de la RN88. Mais il faut noter que l'Ae n'a qu'un pouvoir de consultation et non de décision. Ainsi, le maître d'ouvrage peut ne suivre aucun de ses conseils.

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img_journalisteV le 27 mai 2020 - 22h53
Projet d'un autre temps. Pour satisfaire la mégalomanie d'un homme!

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img_journalisteEE le 27 mai 2020 - 07h11
heureusement il y a le casque au cas ou !

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img_journalistexR le 26 mai 2020 - 18h08
Les travaux vont 'ils commencer ??? Ou alors le budget a fondu dans le coronavirus !!!!!!

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