Des renforts civils pour coincer les pédophiles sur la toile ? sur zoomdici.fr (Zoom43.fr et Zoom42.fr)

logo_zoom

Des renforts civils pour coincer les pédophiles sur la toile ?

Date : 27/02/2020 | Mise à jour : 28/02/2020 12:58
Partager

En Haute-Loire, aussi, il y a des internautes qui traquent les pédophiles sur les réseaux sociaux. La Team Artemis en compte une cinquantaine à travers la région dont Emma, jeune altiligérienne qui lance un appel aux bonnes volontés sur Zoomdici.fr.

Vous avez peut-être entendu parler de groupements d’internautes qui essayent de coincer des pédophiles sur les réseaux sociaux pour les livrer à la Justice comme la Team Moore. Il y en a aussi en Haute-Loire. Nous avons rencontré Emma, de la Team Artemis, qui s’est fondée en décembre 2019. La team comprend une cinquantaine de personnes en Auvergne Rhône-Alpes. Elle est constituée de deux rôles : les « intercepteurs » et les « enquêteurs ».


(Cliquer sur "Listen in browser" pour une écoute sur smartphone ou tablette)

Dans les premiers jours après avoir créé son faux profil d’ado, Emma a donc reçu des propositions sexuelles de parfaits inconnus. Elle a un message à faire passer aux parents.


(Cliquer sur "Listen in browser" pour une écoute sur smartphone ou tablette)

Certains pédophiles se font passer pour des ados ou pré-ados sur les réseaux sociaux et contactent ainsi leurs jeunes proies pour les inviter à se rencontrer « entres potes ».

La page Facebook du team Artemis liste les réseaux sociaux de confiance comme Messenger for kids et ceux qui présentent un risque (voir ci-dessous*). Elle vous conseille aussi pour régler les paramètres, installer des filtres ou des logiciels gratuits.

Quant à la question de poursuivre en Justice quelqu’un sur des intentions sans passage à l’acte physique comme dans le film Minority Report, « le simple fait d’envoyer une photo sexuelle à un mineur constitue de la corruption de mineur donc c’est un passage à l’acte », affirme Emma. En effet, la loi du 5 mars 2017 a ajouté un article (227-22-1) au code pénal stipulant qu’un majeur faisant des propositions sexuelles à un enfant de moins de 15 ans, ou à une personne se présentant comme telle, en utilisant un moyen de communication électronique, encourt deux ans de prison et 30 000 euros d’amende. Ces peines montent à cinq ans et 75 000 euros s’il y a eu une rencontre.

Leur aide est-elle la bienvenue ?

Ces internautes se voient, en quelque sorte, comme des renforts civils à un service publique qu’ils jugent défaillant par manque de ressources.


(Cliquer sur "Listen in browser" pour une écoute sur smartphone ou tablette)

Quand des membres de la Team Artemis ont essayé de transmettre leurs dossiers aux forces de l’ordre (hors Haute-Loire), ils ont essuyé un refus. En Haute-Loire, le cas ne s’est jamais présenté jusqu’ici autant que s’en souviennent les patrons respectifs des services de la Gendarmerie nationale, le colonel Rabasté, et de la police nationale, le commissaire Cluzeau. « Ces internautes ne sont ni victimes ni auteurs des faits, nous explique le colonel Rabasté, donc ils ne peuvent pas porter plainte. En revanche, ils peuvent saisir le procureur de la République. »
Mais le colonel se montre assez circonspect par rapport à ces initiatives. « La démarche est louable mais ils n’ont aucune habilitation judiciaire, aucune assise juridique ; ils ont leur propre process mais ce n’est pas comparable à nos règles procédurales », détaille le colonel avant d’ajouter : « il ne faudrait pas que le remède soit pire que la maladie », par exemple en permettant aux présumés pédophiles de se retourner contre ces internautes sur le plan juridique.

De plus, comment ces teams peuvent-elles être sûres que tous leurs membres sont dignes de confiance et ne chercheront pas à faire justice eux-mêmes ?


(Cliquer sur "Listen in browser" pour une écoute sur smartphone ou tablette)

La Team Artemis vient de se rapprocher d’une juriste d’une association pour tenter de faire reconnaître ses preuves contre des pédophiles présumés. Il s’agit donc de consolider ses dossiers à charge, mais aussi de ne pas se mettre dans une situation délicate soi-même. Le premier entretien a aussi aidé à mieux se rendre compte de la marge de manœuvre dont les membres disposent. « On se demandait souvent si tel ou tel propos de notre part pouvait être considéré comme de l’incitation et la juriste nous a expliqué les contours, qui sont très définis, donc on se sent plus sereins », confie Emma.

Pour signaler tout contenu illicite sur Internet, il existe, quoi qu’il en soit, la plateforme Pharos, du ministère de l’Intérieur, conjointe à la police et à la gendarmerie.

Par ailleurs, ces derniers mois, nous avons déjà signalé du contenu pénalement répréhensible en contactant les comptes Facebook de la gendarmerie nationale et de la police nationale, via Messenger, en faisant suivre la vidéo en question. Les réponses ont été rapides et personnalisées avec un véritable échange. Les interlocuteurs nous ont remercié du signalement, nous ont rappelé de ne surtout pas faire suivre la vidéo à d’autres personnes et nous ont indiqué la plateforme adéquate pour signaler des contenus illicites sur les réseaux sociaux, la plateforme Pharos.

Annabel Walker






Dernièrement, le commissaire Eric Cluzeau est intervenu auprès de collégiens, notamment en matière de cyber-harcèlement. "On le constate, il y a une vraie éducation à faire auprès des jeunes, analyse-t-il, ils sont nés avec Internet mais la prise de conscience des dangers n'est pas encore faite, ils doivent savoir que quand on est témoin il faut agir."






 
Partager

Vous aimerez aussi



Commentez

Aucun commentaire pour cette actualité...

Soyez le premier à émettre un commentaire